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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Le labyrinthe

Publié par Aurel Pichollet--Mugnier sur 11 Novembre 2014, 15:53pm

Le labyrinthe

Accumulant clichés scénaristiques et incohérences dignes d'un jeu des 7 différences (le design des monstres méchants change quand même d'une séquence à l'autre), Wes Ball, surfant sur la vague dystopique pour jeunes adolescents, nous livre ici le nanar de l'année avec Le Labyrinthe.

Des ados essayant de survivre, isolés du reste du monde, ce n'est, disons, pas très original à la base, et ce n'est pas le reste du film qui va nous faire dire le contraire.

En effet, on se retrouve ici dans un film sans ambition particulière : cadrages (mes félicitations pour le tour de force qui nous montre un des plus beaux reflets caméra jamais observé, alors que le film se déroule dans un monde sans vitre ni miroir), montage, et lumières sans personnalité : tout ressemble à n'importe quel film de n'importe quel "yes man" à la solde de n'importe quel studio hollywoodien. Rien dans la direction artistique ne fait preuve d'originalité (des étincelles qui tombent du plafond d'un laboratoire détruit, de la vapeur sortant des tuyaux dans un couloir avec des lumières qui clignotent au plafond : vous avez déjà vu ça quelque part ?). La musique, quant à elle, semble nous prendre pour plus bêtes que nous sommes en accentuant toutes les actions, à grand renfort de violons et avec la subtilité d'un pied de biche, pour nous faire comprendre par exemple, que l'on doit s'extasier devant le courage dont fait preuve le gentil, ou alors, devant la fourberie du méchant ( tout de même : vouloir rester dans le foyer qu'il a toujours eu, ne pas vouloir l'anarchie et essayer d’empêcher que tout le monde meure à cause du gentil, c'est très vilain !).

Heureusement que la minorité ethnique gentille, le petit gros side kick et le gentil ténébreux ( l'élu me semble-t-il ou un truc dans le genre) sont là. Des personnages haut en couleur donc, pour accompagner un scénario prévisible, simple à souhait (spoiler ! : en fait il y a des scientifiques gentils qui les observent depuis le début (spoiler !: En fait ce sont des méchants)) et dont les incohérences se cachent derrière chaque élément de celui-ci.

Tout ceci en fait un film - si vous êtes un amateur de bons films contemporains, qui ont une démarche intellectuelle ou pas, ou si vous allez au cinéma pour passer un bon moment entre potes - ... incontournable!

Je m'explique : premièrement, ce film permet de relativiser d'autres films qui ont, eux, une démarche, un scénario, ou une approche, qui se veut originale, mais qui ont pour autant échoué au final.

Pour ceux qui s’intéressent un peu à l'évolution du cinéma, Il est aussi l'exemple, triste, de ce que donne actuellement Hollywood au public young adult : des productions à très gros budgets, aseptisées, calibrées au maximum, destinées, si le premier film marche, à avoir une longue suite ( le problème des incohérences trouve, en partie, sa cause ici : on enlève des éléments pour pouvoir surprendre à la fin et surtout, garder des trucs à dire dans la suite).

Et pour ceux qui veulent passer un bon moment, je vous le promets, c'est drôle ! J'ai, finalement beaucoup d'affection pour ce film grâce au superbe moment qu'on a passés, avec un pote, en riant du film, de ses dialogues prévisibles, de ses personnages et du premier degré dont il fait preuve. Tout ceci est risible : si vous ne le prenez pas au sérieux, il vaut son pesant de cacahuètes et vous passerez un bon moment. et puis vous pourrez voir Rickon de G o T avoir ici un vrai rôle...

Aurel Pichollet-Mugnier

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Sylvestre 11/11/2014 21:29

Magnifique critique du petit gros!!!
Et merci de m'avoir cité.
bravo :)

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