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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


The Giver

Publié le 8 Novembre 2014, 22:22pm

L'histoire se déroule dans une société futuriste, tout d'abord présentée comme utopique, où les individus sont formatés pour ne plus ressentir d'émotions et se comporter de façon préétablie ; graduellement, cette société apparaît comme étant une dystopie. Par le passage à l'Identique, elle a éliminé la douleur et les conflits, mais aussi les émotions. Des règles fondamentales, dont la transgression est sévèrement punie, encadrent le quotidien des habitants : la nuit, il est interdit d'aller dehors , on ne doit pas mentir... D'importantes cérémonies rythment la vie des habitants : à l'âge d'un an, les enfants sont « distribués » à leur cellule familiale et reçoivent leur nom; à 7 ans, ils ont la veste qui se ferme par devant (attention... par devant) et à l'âge de douze ans, ils reçoivent leur fonction au sein de la communauté. Jonas, le personnage principal, se voit attribuer le rôle de Dépositaire de la mémoire car, selon la grande sage, il aurait la « capacité à-voir-au-délà ».

Il s'agit de l'adaptation du livre Lois Lowry paru en 1993, The Giver. Nous analyserons donc le film en deux partie : en tant qu'adaptation et en tant que tel.

Je n'ai personnellement pas lu le livre, mais je suis néanmoins allé voir le film avec quelqu'un qui, lui, l'avait lu. Il semblerait que la première partie du film soit conforme au livre et que la deuxième partie soit totalement détachée de l'histoire originale. Et ça se sent bien lorsque l'on regarde le film : les 40 premières minutes passent vite, l'histoire est prenante et les idées qu'elle cherche à communiquer intéressantes, mais dés lors que l'on bascule dans la deuxième partie du film, autant l'histoire que les dialogues que les situations deviennent complètement illogiques. Bien entendu, cela est en partie dû à l'histoire qui présente les habitants comme des moutons, mais certaines situations qui se veulent dramatiques, voire tragiques, se révèlent hilarantes de stupidité : le personnage principal fait de la luge entre deux tours (ce qui n'est pas très logique en soit puisqu'on ne sait rien de ces deux tours et en quoi faire de la luge entre celles-ci aurait une quelconque utilité...) pendant que sa petite amie se fait exécuter. Le film est bourré de scènes comme celle-ci, ce qui détonne totalement avec l'atmosphère de la première partie du film. Le réalisateur a sûrement voulu se distancer quelque peu du livre afin de donner sa vision de... comment faire de la luge entre deux tours... pour ne pas se borner à suivre bêtement l'histoire du livre.


D'un point de vue cinématographique, c'est beaucoup mieux : les images et les plans sont travaillés, le noir et blanc (bien que moins travaillé que celui de Tetro par exemple) afin d'exprimer l'absence d'émotion et le retour de la couleur lors de leur restitution est une bonne idée, bien qu'un peu classique. Le jeu d'acteur passe pour des acteurs sélectionnés plus pour leur physique que leur talent de comédien. Les effets spéciaux sont bien réussis (encore heureux pour un film qui se base d'avantage sur l'esthétique de l'image plutôt que celui du scénario).


Mais le principal problème du film est que les personnages n'évoluent absolument pas : ils se contentent de croire en de vaines valeurs comme : « l'amitié c'est plus fort que tout» ou « L'amour vaincra », que les films et autres productions purement commerciales nous balancent sans leur donner de profondeur.


Pour résumer, l'histoire de départ se veut intéressante et nous invite à la réflexion, mais le passage de l'histoire au scénario est très mal passé, ce qui rend le film complètement incohérent et ennuyant. Fortement déconseillé.

Thierno Barry

The Giver
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