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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Cafe Society- Woody Allen

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 22 Mai 2016, 22:29pm

Catégories : #Drame

Bobby et Vonnie
Bobby et Vonnie

Dans les années 30, Bobby, un jeune juif new-yorkais, part à la conquête d’Hollywood pour prendre son destin en main et échapper à une vie étriquée où les affaires de la bijouterie familiale se mêlent à celles beaucoup moins reluisantes d’un frère gangster qui a une propension à couler dans le béton tous ceux qui se dressent sur sa route...

Recommandé par sa mère, Bobby, après plusieurs déconvenues, parvient enfin à rencontrer son oncle Phil, prestigieux agent de stars, qui étale sa réussite à Beverly Hills et côtoie les plus grandes célébrités du moment.

Oncle Phil (Steve Carell) daigne finalement lui accorder un poste et, pour lui faire découvrir Hollywood, le confie à Vonnie, sa secrétaire. Très vite, Bobby, jeune homme naïf et sensible, tombe follement amoureux de la jeune femme dont il ignore encore qu’elle est l’amante de son patron. Au fil de l’intrigue, la vérité sur cette relation sera révélée et Vonnie devra choisir entre ses deux amours : Phil, l’homme de pouvoir, séducteur, sûr de lui, prêt à quitter sa femme pour elle et Bobby, jeune homme authentique au milieu de ce monde de strass et de paraître, prêt à l’épouser et à l’emmener à New York. Finalement éconduit, Bobby se voit contraint de retourner chez lui, plus désespéré que jamais. Il renoue alors avec son frère et investit dans une très chic boîte de nuit, le « Café Society », qui devient rapidement le rendez vous mondain du tout New York. Bien que marié, heureux papa et jouissant maintenant d’une belle notoriété, Bobby ne cesse de penser à celle qu'il a tant aimée. Jusqu’au jour où Vonnie franchit la porte de son établissement au bras de son mari. Le passé ressurgit et les anciens amants se remémorent leur vie amoureuse à Hollywood, tout en tentant de renouer une relation qu'ils savent pourtant définitivement perdue.

Le temps a passé et l’homme insouciant qu’était Bobby a mûri, tout comme Vonnie qui a troqué ses beaux principes contre une vie de luxe et de paillettes…

Bien que leurs destins se séparent, le réalisateur leur permet de s’unir encore une fois lors d’un fondu enchaîné qui superpose leurs deux visages et scellera la fin du film.

Dans ce nouveau film de Woody Allen, on retrouve tous les ingrédients chers au réalisateur et dont il parsème chacune de ses œuvres : le pastiche de la haute société, le burlesque, l’autodérision sur la famille juive, le jazz, New-York et Manhattan, les intrigues, les longs dialogues alambiqués et multiples quiproquos.

Le milieu du cinéma d’Hollywood des années 30 est croqué sans concession avec ses personnages hauts en couleurs, ses mondanités incessantes que le cinéaste semble inventer avec une facilité déconcertante. Rien ne manque pour nous plonger dans cet univers de papier glacé : les décors somptueux, les voitures rutilantes, les femmes à la plastique de rêve, les villas de milliardaires… Tout est trop beau, trop brillant, comme une carte postale qu’on n’oserait retoucher de peur qu’elle s’abîme, pourtant le temps a lui-même éreinté les personnages qui se retrouvent puis se relâchent dans le même souffle.

Comme toujours dans ses films, Woody Allen a le don de transformer l’intrigue amoureuse en drame policier où le spectateur est tenu en haleine par les révélations des uns et des autres, tout en usant d’un art bien maîtrisé du quiproquo. Dans ce domaine on frise le lieu commun, ici, contrairement à d’autres de ses films, pas de meurtres savamment concocté, on en reste presque sur sa fin… On attend désespérément cette chute à la Woody Allen qui ne viendra pas. Le film est donc sauvé par un mélange de légèreté et de profondeur : l’utilisation de l’humour avec les frasques du frère gangster en filigrane d’un côté, et de l’autre la détresse des personnages en proie à leur destin.

Si l’épisode californien est baigné par une lumière chaude, c’est une luminosité plus froide qui éclaire la côte est. Le rêve semble terminé et l’âge adulte est venu, une sublime métaphore de la fuite du temps et des amours perdus.

Si la plupart des personnages jouent un rôle convenu, Bobby (Jesse EisenBerg) tout en sensibilité et maladresse, porte le film de bout en bout en jouant sur les contrastes : l’innocence de son personnage dans un monde de parvenus.

Apolline Gille

https://youtu.be/Rl4X6pFfmTI

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