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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Cuori Puri

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 17 Octobre 2017, 19:47pm

Cuori Puri

                     Nommé à la Quinzaine des réalisateurs du 70ème Festival de Cannes en mai 2017, Cuori Puri (Cœurs Purs, en francais) est le tout premier long métrage de Roberto de Paolis. Ce film rappelle l’œuvre phare du cinéma italien, L’Affranchie de Marco Danieli.

                      L’histoire se rapproche de celle d’un Roméo et Juliette des temps modernes, avec l’opposition de deux mondes bien différents. Celui d’une jeune femme proche de ses 18 ans, nommée Agnese (interprétée par Selene Caramazza), qui vit seule avec une mère dure et pieuse, catholique intégriste et sur le point de faire vœu de chasteté jusqu’au mariage ; et celle d’un homme de 25 ans, Stefano (joué par Simone Liberati), gardien de parking situé à côté d’un camp de Roms, avec un passé difficile et qui mène une vie pleine de violence. Ainsi va naître d’une rencontre, une relation d’un sentiment réel et sincère faite de moments volés et d’aides mutuelles.

                      Nous sommes embarqués dès le début du film, avec la découverte des personnages et leur rencontre bien rythmée après seulement quelques minutes. Le film devient malencontreusement plus lent, le scénario n’arrive plus à nourrir le téléspectateur, cela à partir de la deuxième partie, après avoir vu quelle vie menait Agnese et Stephano. Roberto De Paolis a fait le choix de ne pas laisser la caméra fixe sur les scènes mais de tourner autour des deux personnages et de filmer de très près, donnant ainsi l’impression que les deux jeunes adultes sont dans leur bulle, rendant ces instants plus intimes ; mais cela a aussi nui à sa réalisation, car on sent qu’il étouffe le jeu des acteurs. La lumière naturelle a été majoritairement utilisée, un bon choix, permettant ainsi de réussir à transposer son histoire (tirée de faits réels) dans la vraie vie. Sur les plans en extérieur, le ciel prend une place plus importante, nous montrant alors que les deux « cœurs purs » sont comme au-dessus des problèmes de leur vie respective quand ils sont ensemble, au-dessus de la frontière qui sépare leurs deux mondes bien différents.         

             Une place très importante dans ce film est celle de la mère d’Agnese. Lors d’une scène dans la salle de bain par exemple, elle rentre et se place directement au premier plan, montrant l’emprise qu’elle a sur sa fille durant la première partie du long métrage. La symbolisation de la relation entre la mère et la fille se fait principalement par les scènes où elles dorment : lorsqu’elles sont dans leur lit, qu’elles sont en bon terme et toujours fusionnelles, leurs culottes sont les mêmes (blanche à pois) ainsi que leurs t-shirt, les deux corps sont tournés du même côté ; et c’est après leur dispute que les positions changent (opposés et tenues différentes). Le prêtre explique que l’idée est de se sacrifier, se sacrifier plutôt que de se divertir ; ne pas se perdre dans le culte des objets et donner du sens à sa vie. Stefano est lui-même le gardien de ces choses que sont les voitures, et les métaphores sont un peu trop lisibles : les Roms qui n’ont rien vivent sur le seuil de ce parc à richesses, eux-mêmes parqués comme des animaux derrière des grilles de fer, que, très symboliquement, Stefano vient à devoir réparer, après de fortes altercations.          

                       Malheureusement, il est difficile de savoir lorsqu’on regarde le film si on a raison de rire ou non, comme pendant la scène où Agnese explique qu’elle ne peut pas embrasser Stephano tant qu’ils ne sont pas mariés, et à bien d’autres moments encore. Tout au long du visionnage, cela devient alors de plus en plus embarrassant. Un film à voir si l’on aime les drames romantiques avec des fins où l’étreinte virile d’un homme calme l’agitation d’une jeune femme. Ce n’est pas un long métrage où l’on se divertit ni où le suspense est intense. Néanmoins Roberto De Paolis nous permet de belles réflexions, avec une fin brusque mais bien réfléchie…

 Liane DAVID 

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