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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


CUORI PURI

Publié par Clémentine Gaultier sur 18 Octobre 2017, 19:41pm

CUORI PURI

          Un beau « Roméo et Juliette » des Temps modernes qui nous interroge sur l’amour, la sexualité, l’adolescence, les interdits, l’éducation mais aussi la religion qui sera un des personnages principaux de ce film qui peut faire penser au film connu du cinéma italien, L’Affranchie de Marco Danieli. Cette romance dramatique italienne, Coeurs purs, nommée au 70ème festival de la quinzaine des réalisateurs à Cannes en mai 2017, est le premier long métrage de Roberto de Paolis (producteur, réalisateur, scénariste).

          Agnese (joué par Selena Camarazza) et Stefano (interprété par Simone Liberati) se rencontrent. Tous les deux sont très différents, Agnese 17ans, catholique pratiquante, vit avec sa mère (joué par Barbara Bobulova) qui veut que sa fille fasse le vœu de chasteté jusqu’au mariage. Stefano, 25 ans, vigile sur un parking, surveille des Roms à longueur de journée, un personnage marqué par la crise et la violence. Ces deux univers se mélangent, ces personnages se libèrent et créent l’originalité. Le film commence par la rencontre d’Agnese et de Stefano dans une course poursuite. Le cadre serré montre leurs visages de profil avec le paysage qui défile derrière, comme s’ils voulaient s’échapper de quelque chose mais qu’ils n’y arrivaient pas. Une course qui symbolise beaucoup de passages dans le film et plus particulièrement dans la vie d’Agnese. Tout va se passer très vite pour elle, elle va rapidement trouver le goût du risque et tomber amoureuse de Stefano. Aussi à cause de cet amour, la relation entre la mère et la fille va vite se détériorer. La mère, Marta, est l’élément déclencheur. Agnese s’est fait confisquer son téléphone car sa mère avait jugé qu’un camarade de classe lui envoyait des messages obscènes. Agnese est donc allée voler un téléphone dans une grande surface où elle y a justement rencontré Stefano. Agnese revoit Stefano sur le parking car Marta aide bénévolement les Roms qui logent juste en face. Au début du film, on les voit très proches, notamment avec ce plan où elles dorment ensemble : elles sont collées l’une à l’autre, les corps dans la même direction. Elles ont toutes les deux, la même culotte à petits pois et un t-shirt basique blanc. Une ressemblance qui montre aussi le pouvoir de la mère sur sa fille ; on a l’impression que la mère veut toujours avoir le dessus, elle a peur de voir grandir sa fille. Marta est un personnage qui a surement dû être très déçue par les hommes et donc se réfugie dans la religion pour oublier ces mésaventures. D’ailleurs, on remarque qu’il n’y a pas de présence masculine au sein du foyer à part Jésus. Le père est absent, remplacé par le père Luca qui « éduque » religieusement Agnese et il y a aussi un autre père dans l’histoire, celui de Stefano. Un père qui est resté assis toute sa vie et qui rejette toujours la faute sur son fils.  Au fur et à mesure qu'Agnese fréquente Stefano, on voit bien que la mère remarque des changements de comportements chez sa fille et elle crée un détachement total entre elles. Une scène qui illustre cet éloignement est quand la mère surgit dans la salle de bain alors qu’Agnese était en train de se raser le maillot. Celle-ci est gênée et cache vite le rasoir mais Marta ne trouve pas ça dérangeant, elle se lave les mains et ne remarque même pas l’acte d’Agnese. Ce qui prouve une fois de plus que la fille craint en quelque sorte sa mère car, si elle l’apprenait, Agnese se ferait punir.

       Il y a dans ce film, dans la réalisation, dans le montage, une réalité, une vérité qui s’exprime notamment grâce aux longues prises qui sont filmées. Comme au montage elles n’ont pas été coupées, elles font vraiment croire aux spectateurs que l’histoire se déroule sous nos yeux. Une histoire vraie. Roberto De Paolis dit dans une interview qu’il a rencontré ce jeune homme de 25 ans qui surveillait des Roms toute la journée et donc il s’en est inspiré. Il est allé à la rencontre de religieux aussi pour au final donner vie à son œuvre, la rendre plus réaliste qu’elle ne l’était. Souvent, on croirait marcher juste derrière eux car l’effet de la caméra qui n’est pas stable en les suivant, nous fait une fois de plus penser que l’histoire se passe juste devant nous. Même quand il y a des bandes sonores qui interviennent par exemple quand Stefano est sur sa moto, les bruits du moteur sont présents, pour encore plus de réalisme. Quand la caméra est sur Stefano, le champ qu’on a autour de lui est le parking. On a plus tendance à voir le sol tandis que la règle des tiers n’est pas orchestrée de la même façon pour Agnese qui est souvent accompagnée du ciel. Notamment quand elle est sur son balcon, placée à gauche où elle regarde le soleil couchant. On comprend que lui est plus ancrée dans la réalité et essaye de vivre comme il peut avec la crise économique, avec ses parents qui se font expulser et qui réclament de l’argent. Mais Agnese croit en dieu et donc ils ne peuvent pas être cadrés de la même façon.

       Ce film est fondé sur une question d’équilibre mal maîtrisé entre la religion, l’éducation, le poids des punitions et des conséquences. Le sujet de l’équilibre et donc de l’éducation sera toujours une véritable question dans notre société, c’est pour ça qu’il est important d’en parler et même de voir ce film qui peut sûrement nous apporter des réponses.
 
                                                          Clémentine Gaultier

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