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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


120 battements par minute

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 20 Novembre 2017, 20:34pm

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            120 battements par minutes, écrit et réalisé par Robin Campillo (avec l'aide de Philippe Mangeot dans la réalisation) sorti le 23 août 2017 met en scène Nathan (Arnaud Valois), un jeune homme séronégatif d'une vingtaine d'années qui rejoint l'association Act-Up Paris dans ses actions pour sensibiliser le monde aux ravages que fait le Sida, et en particulier pour les minorités : les homosexuels et les toxicomanes. Avec une première partie plutôt documentaliste qui met en scène Act-up dans ses actions militantes et dans ses assemblées générales, le film s'accrochera vite à la relation naissante entre Nathan et Sean (Nahuel Perez Biscayart), un membre d'Act-up très engagé mais de plus en plus atteint par la maladie. C'est dans le début des années 90 que ce long métrage nous plonge, aux premiers pas d'Act-up Paris, entre les membres de l'association et leurs manifestations, avec à leur tête Sophie (Adèle Haenel), et dans le but de faire bouger les politiciens, pharmaceutiques et la population dans une guerre contre la maladie.

 

                 En 1981 se révèle le premier cas du Sida en France. 8 ans plus tard (1990) se crée Act-up Paris, dans le but de parler du tabou que cause cette maladie, sur le même schéma qu'Act-up créé aux États-Unis 2 ans plus tôt. Le souci de véracité de ce qui est avancé est indéniable, et tout est relaté à la perfection et au détail prêt. Les AG semblent se dérouler sous nos yeux, les manifestations nous plongent dans le chaos et l'adrénaline, les personnages sont attachants, émouvants et expressifs. On y croit, on veut rejoindre l'association, on veut militer contre l'injustice. Le brillant de cette mise en scène est expliqué par les deux scénaristes de ce long métrage. L'un, excellent réalisateur nommé Robin Campillo a été membre d’Act-up à partir d'avril 1992, l'autre, Philippe Mangeot en a été le Président pendant 2 ans. La parfaite connaissance du sujet est donc un point fort inestimable du film. S'ajoute à ça un étonnant casting composé pour la plupart d'amateurs dénichés sur Facebook, de simples personnes trouvées en boîte de nuit, ou de professionnels du spectacle. La seule véritable comédienne de renommée est Adèle Haenel, qui fournit une nouvelle fois une performance épatante.

 

             On nous montre aussi tout ce qui diffère de notre monde et de la difficulté de se faire entendre pour une association à cette époque, ou le seul moyen de communication reste la télévision, d'où le souci de mettre la mise en scène des actions et de la recherche de slogans frappants : "silence = mort". Les mentalités étaient très restreintes, on pensait que cette maladie ne touchait que les homosexuels et les toxicos, on ne se protégeait pas et on voulait taire le nom de ce tabou. Les manifestations avaient donc lieu dans les écoles, chez les politiques ou les entreprises pharmaceutiques dans le but de faire parler un gouvernement qui ferme les yeux et crier le mécontentement d'humains incompris et délaissés. Ce long métrage est en somme un hommage à la communauté LGBT de l'époque. Pour aller plus loin : le réalisateur semble très axé sur l'égalité "danser = vivre". Une scène particulièrement appuie ce propos : lors d'une manifestation d'où on tire l'affiche du film, où le jeu des couleurs, des formes, du son, des mouvements… est particulièrement travaillé, touchant et beau. Tout au long du film, il n'y a pas une scène qui n'aie pas été minutieusement étudiée pour transmettre les informations qu'elle devait transmettre, ce qui apporte un rendu magnifique et varié entre scènes claires et scènes sombres, et une mixité d'émotions impressionnantes. Tout au long du film, les actions sont séparées de longues scènes où les protagonistes bougent sur des musiques des années 80, 90 dans des endroits lugubres criblés de flashs lumineux. Elles sont floues, peu lumineuses et comme embuées, elles semblent être une libération au film, où les victimes peuvent oublier. Comme des moments de déni, ou ils ne pensent plus à rien. Des moments où ils peuvent se sentir libres.


           Cela inscrit aussi les personnages et le film dans une sorte de boucle dans laquelle ils seraient prisonniers. Ils se battent ensemble pour vivre, ne plus être dépendants de personne. Ainsi, ils manifestent pour l'indépendance et contre le déni d'une société qui les censure à cause du tabou, alors qu'ils pratiquent eux aussi ce même déni pour oublier leur souffrance. Alors trois actions majeures se déclarent dans l'association : les manifestants manifestent, fêtent, et couchent - avant que l'un meurt - de re-manifester pour lui faire honneur, de re-fêter et de re-coucher pour oublier leur souffrance et le fait qu'un jour, ce sera eux. Il s'agit en fait d'un continuel retour à la case départ avec les mêmes actes pour oublier l'horreur de leur quotidien.

 

                En conclusion, 120 battements par minutes sont 140 minutes intenses de rires, de pleurs, de peurs, d'adrénaline et d'engagement pour une cause passée, mais qui a le mérite d'être connue dans le présent, car tous les membres d'Act-up ont été des humains qui se sont battus pour leur vie ou pour la vie des autres, contre une maladie qui est encore d'actualité.

 

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-MAN. (Mélissa Anne Nouacer)

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