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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Au revoir là-haut

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 21 Novembre 2017, 07:34am

                  Au revoir là-haut, est un film français réalisé par Albert Dupontel sorti en 2017 et qui est une adaptation cinématographique du roman de Pierre Lemaitre.

                  Le narrateur Albert Maillard (qui est par ailleurs le réalisateur du film) nous conte son histoire ainsi que celle d'Edouard Péricourt, deux poilus qui se sont entraidés durant la fin de la Première Guerre mondiale. Edouard, un jeune homme issu d'une famille d'aristocrate, en ressort malheureusement défiguré en sauvant son compagnon d'une mort imminente. Il devient donc ce qu'on appellera "Une gueule cassée". Albert fera de son mieux pour sauver son ami et lui permettre d'accéder aux soins des bonnes soeurs. Mais après la guerre, nos deux hommes se retrouvent délaissés, Albert a perdu sa femme et son travail; Edouard quant à lui, ne voulant pas revoir son père,  ne revient donc pas auprès des siens mais se réfugie plutôt chez son confrère. Ainsi, grâce au talent de dessinateur d'Edouard, les deux hommes vont mettre en place une escroquerie basée sur la publication de fausses affiches de monuments aux morts. Le scénario est intéressant et me paraît efficace et soulève d'autant plus une réalité qui a existé, celle du business établi autour de faux monuments aux morts. Cependant, j’ai eu un peu plus de mal à comprendre la seconde partie du film et pour cause : une dame derrière moi qui râlait parce qu’on lui donnait des coups de pieds dans son siège et  ma voisine, une spectatrice un peu tordue qui s’esclaffait tout le temps, ce qui a un peu perturbé la salle je dois l’avouer. Les supers conditions pour visionner un film ! )

                     J'ai beaucoup apprécié certaines prises de vues, notamment la première, celle qui ouvre le film : cette longue séquence est filmée du ciel en plongée de façon à pouvoir suivre un chien qui traverse le champ de bataille pour atteindre la tranchée française. Cette prise en plongée représentait pour moi une espèce de menace, comme si un obus pouvait à tout moment s'écraser au sol. Durant tout ce plan de 40-50 secondes, on nous dépeint d'une vue aérienne le champ de bataille:  les cratères, les charrettes, les chevaux morts, des restes encore fumants, pour finalement se rapprocher du sol et filmer le chien qui traverse toute la tranchée française. On comprend de suite la vie des poilus, leurs conditions et leurs principales occupations (qui est, pour la plupart, le dessin).Voila un plan typique que j'apprécie lors de l'ouverture d'un film. Je pourrai citer d'autres plans semblables : celui de la prise traversant toute la ville de Paris ou encore un autre réalisé dans la maison de famille des Péricourt. Voila un style de filmer que j'ai beaucoup apprécié de la part du réalisateur et qui, je trouve, donne un rendu vraiment impressionnant et esthétique et qui en somme n'a pas du être simple à réaliser . L’esthétique visuelle du film a vraiment bien été travaillée. Les masques apportent une note très particulière qui rend l’œuvre cinématographique unique, malgré le thème du film qui n’est pas très drôle en soi et l’histoire de cette  « Gueule cassée ». Je trouve que les masques  sont un très bon moyen pour s’évader de tout cela. Par ailleurs, l’idée d’Edouard de transformer un simple masque en cuir pour dissimuler un visage détruit par la guerre en un masque fait de billets ou de plumes, apporte une joie qui nous fait presque oublier qu’il est lui même défiguré. S’ajoute à cela une musique légère et joyeuse (avec des instruments à vent, des violons et des violoncelles) qui accompagne à chaque fois Edouard dans sa confection de masques. Ces moments nous projettent des moments de bonheur avec Albert, Edouard et Louise (une jeune fille qui comprend le langage de ce dernier) et le spectateur fait presque abstraction du contexte dans lequel les personnages sont situés. Vous l’aurez compris :  j’ai adoré toutes ces couleurs explosives ainsi que cette créativité débordante et surprenante.

                 Bizarrement, je ne me suis pas vraiment attaché à un des  personnages. Même si le jeu des acteurs était en général assez bon, je trouvais que le personnage d’Albert était un peu niais et naïf, sûrement un choix du réalisateur me direz-vous, mais je ne sais pas, je trouvais que cela sonnait un peu faux. De plus, le choix d’interprétation du lieutenant Pradelle par Laurent Lafitte n‘est pas ce qui est le plus pertinent ; ce personnage qui est censé représenter le « méchant »  du film ne colle pas aux traits de l’acteur Lafitte. Vous n’avez qu’à regarder sa première scène d'apparition, on nous dit qu’il est terrifiant…Ehh beeh, vous m’en direz des nouvelles, l’acteur ne correspond pas au personnage, même si Laurent Lafitte a bien le look des années 1920 avec sa petite moustache… Petite erreur de casting! Je trouve qu'ils auraient pu prendre quelqu’un d’autre. L’éclairage est un petit point intéressant également. J’ai remarqué que la plupart des personnages étaient éclairés de face, surtout au niveau du visage, et que ce parti pris pouvait rappeler l’éclairage des poilus dans les tranchées. Le film, qui parle d’un sujet un peu délicat, est traité d’une manière plus ou moins décalée et satirique. Je pense par exemple à la scène du gala (qu’on voit dans la bande-annonce) : Edouard a un masque de jeune noir, il accompagne un groupe de jazz sur scène. Et une dizaine de personnes sont alignées avec des gros masques caricaturés des grandes figures de la Première Guerre Mondiale (Joffre, Foch…). Un à un, ils se font tous tirer dessus avec des bouchons de champagne et sont badigeonnés de tarte à la crème. Une façon de se moquer des grands généraux de guerre, qui m’a plutôt emballé (et la salle AUSSI! ). Après être sorti de la salle, je n’arrivais pas à trouver un sens au titre, mais en y réfléchissant, il donne son sens pour moi à un moment du film ( no spoil ne vous inquiétez pas), mais je trouve que ce titre ne convient pas vraiment à l’œuvre dans sa globalité. Donc faudra m’expliquer, je pense pour ceux qu’ils l’ont vu.

                Pour conclure, même si la bande-annonce m’avait un peu laissée perplexe, je vous conseille vivement d’aller voir ce très beau film. Il m’a beaucoup plu même si j’ai moins apprécié la 2nd partie (vous savez très bien pourquoi) et que je n’ai pas été trop emballé par la fin. J’ai beaucoup apprécié le contraste entre le thème et le contexte de l’histoire avec tout cet univers de masques. Le spectateur est vraiment plongé dans cette folie extraordinaire. L’humour était au rendez-vous, même dans un film de ce style, et il faut avouer que ça m’a beaucoup plu.

 

                                                                                  Augustin Boesch

 

 

Au revoir là-haut
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