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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


DRIVE

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 20 Novembre 2017, 21:31pm

DRIVE

              Violent, puissant et esthétique; voici trois mots qui peuvent désigner Drive, de Nicolas Winding-Refn, film de 2011. 

              Pourquoi un film comme celui-ci est-il violent ? Il nous suffit déjà de regarder comment est traitée la relation qu'entretiennent Irène, Benicio et Standard, trois personnages qui font partie de la même famille. Standard est le père de famille et revient de prison, tandis que sa femme Irene entretient une relation plus ou moins évidente avec Ryan Gosling. Standard est un homme violent, agressif et impulsif, et déjà, le peu de paroles que les personnages échangent dans le film montre à quel point ce père de famille a une influence néfaste sur sa femme et son enfant. La violence réside aussi dans les images : en effet, à un moment du film, il y a un plan extrêmement fort où Benicio qui est alors âgé de 6 ans est témoin de l'agression de son père dans un parking souterrain; la force de ces images réside dans le fait que la violence n'est pas explicitement montrée à l'écran mais que nous retrouvons Benicio qui se cache sachant que son père est malmené. On voit donc comment l'enfant réagit à un événement comme celui-ci, et comment cela se répercute en lui. Ce petit garçon est aussi un personnage très intéressant car il est presque muet dans le film, il ne dit absolument rien, il y a donc une sorte de tension qui s'installe. Le fait que ce dramatisme s'installe par le biais d'un enfant rend le spectateur encore plus sensible, je pense, à ce qu'il peut se passer dans cette famille. 

                 Il faut maintenant aborder le personnage de Ryan Gosling. C'est un homme extrêmement énigmatique, qui parle vraiment très peu et qui est renfermé sur lui même: et Ryan Gosling l'incarne à merveille. En effet, il amène dans ce personnage une extrême violence déguisée sous un masque de charisme et de froideur. Il y a une scène qui à mon avis décrit parfaitement ces attributs, c'est la scène du motel. Pour analyser sans trop spoiler, nous dirons que Gosling amène une puissance et une agressivité assez hors du commun avec seulement quelques gestes et quelques paroles; on a alors l’impression qu'il prend un malin plaisir à faire ce qu'il fait. La prouesse dramaturgique de cette scène tient au fait que Nicolas Winding-Refn a choisi de ne pas mettre de musique pendant la violence des combats; il combine ça à une esthétique de film froide, se penchant sur des couleurs bleutées, grises, et en général très peu accueillantes. Les tensions dans ce film sont donc réellement présentes et apparaissent presque à l’écran comme des entités, des personnages à part entière.

                    Dans cette critique, la volonté de ne pas faire de résumé est totalement assumée, ce dernier ne serait que très peu intéressant en vue du film analysé; ce n'est pas un film à décrire, ou même à raconter; c'est un film qui propose un contenu visuel assez peu banal et qui laisse bouche bée le spectateur, de part sa  beauté et sa réalité accablante. 

                                                                                                          Thibault Hebrard

 

 

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