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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Cro Man

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 11 Février 2018, 17:11pm

Catégories : #Animation

Cro Man

Le nouveau long-métrage des studios Aardman était très attendu, et il ne déçoit pas. Après avoir dévoilé au grand public l’étendue de leurs talents avec Wallace et Gromit, et après avoir imposé leur humour « so british » dans Chicken Run et Shaun le mouton, voilà qu’un nouveau venu fait son entrée dans l’écurie du stop-motion britannique : Cro Man.

Durant la Préhistoire, quand les dinosaures et les mammouths parcouraient encore la terre, un homme des cavernes courageux, Dug, et son meilleur ami Hognob s’unissent pour sauver leur tribu d’un puissant ennemi, prêt à tout pour capturer le dernier endroit verdoyant du monde.

Les studios nous offrent ici de tout nouveaux personnages, complètement différents de ce que nous avions pu découvrir dans Wallace et Gromit. Les plus sceptiques d’entre vous diront que ces bouts de pâte à modeler n’arrivent pas à faire passer la moindre émotion, je vous répondrai le contraire. Originaux et loufoques, les membres de la tribu de Dug savent également se montrer touchants aux moments opportuns, tout en restant unis. Les scènes dans le stade de football version âge de bronze resteront en mémoire, notamment avec les centaines de « marionnettes » animées, criant et bougeant dans les tribunes.

Le long-métrage propose également des idées intéressantes et surprenantes, comme le pigeon voyageur qui se transforme en messagerie vocale ou encore un insecte qui sert de rasoir électrique.

Cette profusion d’imagination a fait la réputation des studios Aardman, ainsi que leur humour anglais. Mais malheureusement, les gags se font trop nombreux, n’arrivent pas aux bons moments et ne sont bien souvent… pas drôles.

Mais alors, où est donc passé cet humour si cher aux précédents films ? Cet humour décalé, presque noir, avait permis aux studios de se faire une place parmi les plus grands ; ils réussissaient à nous faire rire sans user de la parole : comique de situation et créatures muettes se chargeaient de nous divertir. Or, les personnages de Cro Man parlent trop… On en reviendrai presque à regretter le bon vieux Wallace et Gromit.

Le scénario est également à déplorer : prévisible, il ne comporte que peu de rebondissements. Cette volonté de faire simple pour plaire au plus grand nombre (et surtout aux plus jeunes) dévoile un véritable problème dans l’industrie cinématographique actuelle : des histoires sans enjeu finiront par lasser le public, et ce avant même qu’il pénètre dans la salle.

En revanche, les décors sont magnifiques, détaillés et épatent de par leur diversité. De la forêt verdoyante (qui rappelle le bosquet luxurieux dans Raiponce) jusqu’à l’entrée de la citadelle de bronze aux faux airs de Mordor (Seigneur des Anneaux), l’univers rayonne de beauté, mais surtout de technique : les textures et compositions varient tandis que la fluidité est ici maître-mot.

Enfin, Cro Man et son réalisateur Nick Park abordent des sujets un peu plus sérieux. Le féminisme, en ces temps si révélateurs, s’immisce dans l’intrigue avec Goona, une jeune femme qui ne vit que pour le football, mais qui ne peut malheureusement pas y participer, celui-ci étant réservé aux hommes. Le film aborde également des thèmes tels que la solitude et la remise en question de soi-même… De là à franchir la limite de la morale Disney, il n’y a qu’un pas. Le thème de l’argent dans le sport au ballon rond est également abordé, mettant en lumière la cupidité d’un prince avide de sous.

Pour conclure, Cro Man conviendra parfaitement en tant que film familial, et les plus petits s’attacheront vite aux personnages. Mais avec une intrigue un peu simpliste et des blagues trop nombreuses, le film s’égare légèrement. Il en résulte une histoire et des protagonistes agréables à suivre ainsi qu’une remarquable performance technique. Les studios Aardman montrent ainsi qu’ils sont toujours maîtres dans l’art du stop-motion.

 

Critique réalisée par Armand Paris.

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