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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Capharnaüm, un film où l'art et l'engagement vont de pair

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 27 Octobre 2018, 19:32pm

Capharnaüm, un film où l'art et l'engagement vont de pair

 

     Capharnaüm : un film d’une grande sensibilité qui nous permet de réfléchir sur d’importants sujets politique tels que la pauvreté et l’immigration clandestine. Il met en lumière ceux qu’on ne veut pas voir et dont on a trop tendance à nier l’existence : les sans papier. Aussi et surtout, ce film interroge sur la précarité d’une enfance soumise à la misère et aux traditions. Pourtant, la subtilité du film tient peut-être au fait qu’au sein de cette classe dite indigente, se manifeste des inégalités autres qu’économiques, notamment dans l’hétérogénéité de l’éducation parentale et de l’amour et de la tendresse que chacun est capable de donner.   

     Effectivement, l’enfance est le motif clef de ce film, car comme le dit si bien la réalisatrice : « c’est cette période qui détermine le reste de la vie ». C’est pour cette raison que le rôle principal est tenu du début à la fin par un très jeune garçon, qui nous impressionne d’ailleurs par sa brillante et très sincère interprétation. Mais pouvons-nous seulement parler d’interprétation ? Nadine Labaki, la cinéaste nous dévoile des acteurs dont les vies ressemblent étrangement à celle des personnages. Cela sans nul doute pour montrer avec le plus de justesse possible la réalité de ces situations dramatiques, dont eux-mêmes sont ou ont été témoins voire victimes un jour.

     On voit à travers son œuvre qu’elle ne s’est pas contenté d’écrire une simple histoire mais que ce sont ses visites, ses rencontres (parfois inattendues) avec les personnes de son pays : le Liban, qui l’ont inspiré. C’est un réel témoignage qui dénonce les conditions de vie là-bas mais qui porte à nous interroger aussi sur nos propres manières de vivre. Ce film est la définition même de ce que l’on peut appeler cinéma engagé. C’est une prise de conscience pour beaucoup d’entre nous, qui peux même soulever l’envie de changer ces inégalités ou du moins d’espérer une amélioration des droits de chacun.

     Les décors à proprement parlé ne cherchent pas à être esthétique, eux aussi sont le reflet de la réalité, effectivement ce sont les vrais paysages du Liban qui ont été captés, autant que les maisons et tout le reste. Il n’y a pas de mise en scène, c’est le vrai qui parle.

     Au cours de l’histoire, nous suivons Zain et sa rébellion contre l’ordre domestique établi. A douze ans, il se retrouve en prison et mène ses parents en procès pour le simple fait de lui avoir donné la vie. Il souhaite leur interdire de procréer une nouvelle fois pour éviter à d’autres enfants de connaître ces pitoyables conditions de vie. C’est une réelle leçon que nous dresse ce pauvre gamin, qui se tient debout, là, au milieu de cette cours d’assise. Sa détermination et son courage, le fait de se battre pour ses convictions et de mettre tout en œuvre afin de se faire entendre devrait être un exemple pour nous tous. Ce n’est après tout qu’un enfant, pourraient dire certains… Mais sa réflexion est bien plus poussée que la plupart d’entre nous. Il soulève notamment la question suivante : Est-ce que d’une manière légale et éthique, les pauvres ont le droit d’avoir des enfants ? La vision de Zain est pour le coup peut être un peu radical mais elle nécessite que l’on se penche dessus et plus particulièrement sur la notion de justice qu’elle suscite.

     La réalisatrice traite avec brio un sujet délicat, qu’elle manie de manière contrastée et sans tomber dans une vision manichéenne de la vie. Ce film fait monter en nous une révolte intérieure, qui est d’ailleurs tout à fait normale dû à tous ces éléments d’injustices qui ne nous laissent pas indifférents. Il est difficile de ne pas se laisser toucher profondément par cette réalisation très bien maîtrisée. Nous pouvons mettre un point d’appui grâce à une note de la réalisatrice : « Aucun des acteurs non professionnels du film n’ont de papier. Ils vivent de manière illégale dans le pays. Je voulais souligner l’importance absurde de ce papier dont on a besoin pour prouver qu’on existe. » Cela souligne à quel point le film est engagé non seulement dans l’histoire mais aussi dans la réalité. 

 

                                                                                                                                  Marguerite Maxit

    

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