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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Traversez l'Europe à bord de l'ULM de Nicolas Vanier

Publié par Paul LARDET sur 13 Novembre 2019, 12:05pm

Catégories : #Aventure, #Cinéma, #Documentaire, #émouvant

Donne-moi des ailes - Nicolas Vanier

 

            « Un conte engagé qui offre de sublimes images en plein vol. » (CNEWS), «Une ode à la nature et au dépassement de soi, candide mais résolument positif. » (Le Journal du Dimanche), «Nicolas Vanier livre un joli récit initiatique familial et écologique. » (Les Fiches du Cinéma). Donne-moi des ailes de Nicolas Vanier, sorti en salle le 9 octobre dernier après 2 ans de travail, est un véritable chef-d’œuvre. À l’image d’autres films du même réalisateur, ce long-métrage transmet un message écologique à travers un scénario prenant et des images de nature splendides. Un casting réussi nous permet de suivre l’évolution de Thomas (Louis VAZQUEZ), Christian, son père (Jean-Paul ROUVE), et Paola sa mère (Mélanie DOUTEY), entourés d’autres personnages attachants. 

            Christian, un “scientifiquevisionnaire qui étudie les oies sauvages, a pour but de mener un projet fou pour sauver une espèce en voie de disparition. En élevant des oies naines, depuis leur naissance sous couveuse jusqu’à leur premier vol, il veut leur indiquer un nouvel itinéraire de migration en volant à leurs côtés, à bord de son ULM. Thomas, auparavant chez sa mère et son beau-père, le rejoint chez lui, en Camargue. Totalement addict aux jeux vidéo, sa première question est: «Ya pas de Wi-Fi ici?». Ainsi, les deux personnages, extrêmes, clichés exagérés du citadin et du rural vont devoir cohabiter. L’adaptation est difficile, le père étant habitué à une vie solitaire et à étudier son projet et le fils étant l’esclave de son ordinateur. Néanmoins, Thomas ouvre la marche. Il fait un tour dans la bibliothèque de la maison et emprunte un livre qu’il lit le soir. Christian, de son côté, tente une première utilisation de L’ULM. Cet engin fascine Thomas ; celui-ci va donc s’intéresser aux oies et, de fil en aiguille, au projet de son père. Son oie préférée, baptisée Akka, est en réalité une erreur de la part de Bjorn, l’ami de de Christian qui lui a fourni les œufs car ce n’est pas une oie naine, mais une bernache nonnette! Or, «il ne faut pas croiser les espèces», acte qualifié de raciste par Thomas! Naît alors une complicité touchante entre le père et le fils autour du projet, tandis que la mère reste à l’écart. 

La complicité entre père et fils

            Parvenus en Norvège, Bjorn, Thomas, Christian et les oies rencontrent un problème. En effet, Christian avait fraudé en signant de fausses autorisations ; il avait volé un tampon de signature, le projet n’étant pas approuvé. La police locale ordonne ensuite des prélèvements sanguins sur les oies, opération d’une durée approximative d’une semaine. Le trio ne peut plus patienter et Christian relâche les oies. La police arrive mais Thomas prend une initiative; il monte à bord de lULM et senvole avec les oies. Lautonomie dessence de cinq heures, lamerrissage délicat, la police aux trousses, le manque de nourriture et de batterie pour le GPS; beaucoup d’éléments rendent le périple mouvementé. Lors d’un amerrissage, une pré-adolescente norvégienne vient à sa rencontre et lui permet de refaire le plein d’essence. Aussi, question de discrétion légitime, Thomas décide de se cacher sous un pseudonyme, Niels. La pré-adolescente filme son départ avec son téléphone et publie la vidéo sur YouTube. Cette vidéo est visionnée par un grand nombre de personnes dont une journaliste, Diane qui soutenait Christian lorsqu’il avait suggéré son projet. Diane rejoint alors les parents en Norvège et leur vient en aide, en freinant l’avancée de Johansen (directeur de la police à la poursuite de Thomas), ou encore en ajoutant une fonction au téléphone de Christian qui lui permet de connaître la position géographique de son fils lorsqu’il l’appelle. C’est un véritable périple que vivent à la fois les parents et l’adolescent, et tous trois y prennent goût. Thomas arrive chez Bjorn, où ses parents l’attendent mais l’amerrissage lui fait perdre connaissance. Il se retrouve alors à l’hôpital après qu’une déshydratation a été diagnostiquée. Son père lui fait part de ses remords face aux événements et lui annonce qu’il ne peut point continuer ainsi, que les ailes des oies devront être coupées…  

Thomas, amerri avec les oies (la caméra nous plonge dans la peau de la pré-adolescente norvégienne qui vient à la rencontre de Thomas)

            Grâce à Paola, au sortir de l’hôpital, Thomas reprend aussitôt les commandes de l’ULM et continue son odyssée en direction de la Camargue. Au fur-et-à-mesure, il devient connu et gagne en popularité grâce aux médias! À son arrivée une foule de journalistes lattendent sur la plage. Or, il dépose l’engin plus loin, là où les oies devront arriver la prochaine fois, là où elles ont nagé la première fois, devant la résidence de Christian.  

            Les émissions spéciales sont nombreuses à la télévision et un journaliste interviewé réplique que cette aventure est ridicule étant donné que les oies ne retourneront jamais en Norvège. La famille persuadée du contraire se rend là-haut, et retrouve ses oies pour leur première véritable migration.

            Et dire que ce long-métrage est inspiré d’une histoire vraie! En effet, Christian Moullec, en 1995, a mis au point une méthode de vol avec les oies en ULM, initiée dans le but de créer de nouvelles voies migratoires pour des espèces d’oies et de grues qui rencontrent des problèmes sur leurs trajets migratoires habituels. «Je suis très admiratif de ce qu’il a osé et réussi à faire avec les oies sauvages, ce défi un peu fou de voler avec elles en ULM afin de leur apprendre un nouvel itinéraire de migration. Sa détermination ressemble finalement à la mienne, savoir se mobiliser pour ce qu’il reste encore à sauver dans la nature car, quand une espèce disparaît, c’est malheureusement irréversible.» dit N. Vanier, ayant fait l’expérience de monter à bord de l’ULM de Moullec. 

Nicolas Vanier (à droite) qui monte à bord de l'ULM de Christian Moullec (assis à gauche)

            Le spectateur suit le rythme haletant que celui de ce périple tout en s’attachant aux personnages qui évoluent ; les oies grandissent, Thomas gagne en maturité... Au cours de l’histoire, l’élément du téléphone portable est toujours présent, pour ne pas dire essentiel. En effet, il permet aux parents de connaître la position géographique de leur fils lorsqu’ils l’appellent, au fils de se repérer géographiquement pour mener à bien son voyage, à la petite fille norvégienne de filmer puis permettre de retrouver Thomas... Ceci peut paraître étonnant car il va à l’encontre de la face écologique du long-métrage. 

            Entre humour et émotions, illégalité et réalité, ce film «est un cri dalarme contre la disparition de millions doiseaux dans le monde.» (Nicolas Vanier). Un proverbe chinois, «nous nhéritons pas de la terre de nos ancêtres; nous lempruntons à nos enfants» est mentionné dans le film et touche particulièrement le réalisateur qui souligne : «Cest très important aujourdhui de dire aux enfants que tout est encore possible, quon peut encore sauver des espèces, protéger la biodiversité.(Ce sont) à la fois des messages d’alerte et d’espoir. ». Ce film a d’ailleurs été réalisé avec l’aide et le soutient de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux), du Conservatoire national du Littoral, du Muséum d’Histoire Naturelle et du ministère de l’Éducation Nationale. L’heure est grave ; 420 millions d’oiseaux ont disparu du ciel européen ces trente dernières années... Le réalisateur dénonce le fait : “Les études actuelles montrent qu’entre le réchauffement climatique et l’effet des pesticides, près de deux tiers des oiseaux sont en danger et il n’est pas illusoire de penser à une éradication totale des espèces. Comment concevoir qu’un matin, plus aucun oiseau ne chante ? Va-t-on continuer à danser sur le bateau sans se soucier de la disparition de la faune et l’assèchement des ressources ?” 

 

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