Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

cinebaudelaire.overblog.com

Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


J'veux du soleil, la "Douce France" de Gilles Perret

Publié par Paul LARDET sur 12 Février 2020, 17:17pm

Catégories : #Documentaire, #Road-movie, #émouvant, #Société, #Politique, #Contexte historique

   Sorti en salles le 3 avril dernier, J’veux du soleil est le fruit d’une association entre François Ruffin, homme politique français et Gilles Perret, réalisateur documentariste haut-savoyard. Les deux hommes réalisent un documentaire très humain et singulier qui traite un phénomène qui a récemment atteint la France et toujours d’actualité ; celui des gilets-jaunes.

   François Ruffin annonce qu’il a fait corriger des imperfections sur le Citroën Berlingo avec lequel ils vont parcourir les routes de France. C’est ainsi que démarre le documentaire. Cette première scène annonce la suite du film, construit sur une authenticité sans pareil.  

    Les deux hommes discutent du road-movie « Quand la mer monte » de Yolande Moreau, qui les a tous deux marqués. Ils envisagent alors un « road-movie de proximité », et le documentaire a pour fil conducteur la route, le terme de road-movie est donc employé à bon-escient.  

   Images de reportages télévisés et images tournées par les réalisateurs sont mises en parallèles. Par ce processus, les réalisateurs démentissent les dits du président de la république, lui-même contesté par les gilets-jaunes. Le documentaire est tourné en caméra-épaule, ce qui induit un cadrage imparfait, mais qui contribue à l’aspect authentique du long-métrage. Par exemple, dans la première moitié du film, des images violentes, issues des reportages télévisés, dévoilant les forces de l’ordre qui chassent les gilets-jaunes forment un contraste intéressant avec la chanson Douce France interprétée par Charles Trénet en 1943. Par ailleurs, Douce France avait déjà été traitée avec ironie par Trénet puisqu’elle fut sortie dans une période dure qu’a connue la France, celle de la Seconde Guerre Mondiale.

   La bande sonore laisse la plupart du temps place à des dialogues, sinon à des musiques françaises choisies avec beaucoup de sens, comme pour l'exemple de Douce France.

   "Je m’intéresse à l’histoire sociale et aux gens les plus faibles dans la société, je ne voulais pas non plus passer à côté de ce moment-là. J’étais sur deux autres films, ce n’était pas du tout prévu dans l’emploi du temps", témoigne Gilles Perret ; c’est à partir de rencontres fructueuses et riches en émotions que se construit le film. Des Corinne, des Carine, des Kahled, des Rémi, des Denis, des Cindy, des Marie, d’habitude résignés, se redressent. Grâce au documentaire, leurs voix s’élèvent et trouvent alors une place, pour réclamer une part de bonheur. "Les gens nous ont fait confiance, nous ont ouvert leur cœur et leur foyer. Le projet du film c’était d’aller dans l’intimité des gens. Il faut un sacré niveau de confiance pour exposer publiquement ses misères et ses contraintes de vie."

   "Si j’étais M. Macron, qu’est-ce que vous me diriez ?". François Ruffin pose cette question à la plupart des gilets-jaunes ; c’est une phrase qui donne lieu à des témoignages touchants et riches en arguments : "Cela montre bien que ce ne sont pas des pauvres qui […] veulent juste payer moins cher leur gasoil" confirme Gilles Perret.

   "Ceux qui sont venus pour tout savoir sur le mouvement des gilets-jaunes pourront repartir déçus". En effet, le réalisateur nous propose un documentaire très singulier, atypique qui se concentre sur le caractère humain du mouvement ; les convictions et le quotidien des gilets-jaunes. En effet, certains vivent de cartes cadeaux Auchan, d’autres n’ont pas le sou pour se nourrir et cela pendant plusieurs jours, avec même parfois des enfants à élever…

   Finalement, le film s’achève sur une note d’espoir « J’veux du soleil » chant repris par une gilet-jaune accompagnée par Au P'tit Bonheur, le groupe qui avait enregistré cette chanson en 2003.

   Quels que soient vos opinions politiques, ou vos préférences pour certains genres cinématographiques, c’est un film qui vous plaira. Je vous conseille vivement de donner de votre temps pour visionner ce magnifique témoignage qui vous fera certainement monter les larmes aux yeux ! Les débats et discussions suscités par la projection du film ont également valu aux réalisateurs le prix de Plébiscite du public élevé à une note de 9.1/10 !

"C’est un éclair, alors, qui déchire la nuit noire de l’histoire, un éclair jaune, fluorescent même, qui ne dure qu’un instant seulement, mais se grave dans les mémoires. Derrière le tonnerre fait résonner ce mot : espoir."(francoisruffin.fr)

Paul LARDET

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents