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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Le Cercle Des Poètes Disparus

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 28 Avril 2021, 12:13pm

Catégories : #19-20, #Comédie dramatique, #émouvant

 

Le cercle des poètes disparus est un film dramatique, admirable et touchant accompagné de la magnifique prestance de Robin Williams.

Réalisé par Peter Weir et sorti en 1989 ce film américain, de son titre original Dead Poets Society met en scène Todd Anderson (Ethan Hawke), un garçon réservé qui intègre une académie prestigieuse dans l’Etat du Vermont, nommée Welton en 1959. Il suit la trace de son frère qui a effectué ses études en ce lieu plus tôt. Il y fait la rencontre d’un professeur de lettres, M.Keating (Robin Williams) avec des méthodes de travail assez originales, il pousse ses élèves à s’opposer au conformisme et se montrer tel que l’on est réellement par la poésie en prônant la citation “Carpe Diem”.
Todd va se retrouver dans la même chambre que Neil Perry (Robert Sean Leonard) puis rencontrer ses amis et petit à petit se familiariser pour s’ouvrir à eux. Ensemble, ils vont recréer le cercle des poètes disparus, un groupe de poètes d’esprit libre et inventif dont M.Keating faisait partie à l’époque. Grâce à l'intégration de ce cercle et au cours admirable de leur professeur, les jeunes étudiants vont remettre en question leur existence et vont commencer à vivre comme bon leur semble, malgré l’opposition de certains parents à la mentalité stricte.

Inspirée de la propre expérience d'enseignant du scénariste Tom Schulman, la passion du professeur de lettres est explicite à l'écran, il se voue à son métier et encourage ses élèves à apprécier le goût de la vie. Ce film donnerait presque envie de devenir enseignant afin d’inculquer de bonnes valeurs à des élèves dans une phase importante de leur vie.
L’histoire se déroule dans un lieu austère étant en fait un faux décor très bien mis en place avec une ambiance d’académie sombre grâce à l’utilisation d’une palette de couleurs ternes.
Ce film est une critique du conformisme puisque la locution latine “Carpe Diem” qui signifie  “profite du moment présent” s’oppose au fait de rentrer dans un moule et faire ce que la société attend de nous dans cette école très encadrée. M.Keating va d’ailleurs montrer à Neil qu’il est important de ne pas renoncer à ses rêves et de laisser libre cours à ses envies pour profiter de la vie. Ce personnage passionné de théâtre va donc s’inscrire, contre la volonté de son père, pour le rôle de Puck dans la fameuse pièce “A Midsummer Night's Dream" de Shakespeare.
C’est donc par le biais de la poésie que ce professeur de lettres inculque ces principes à ses élèves, il va leur forger un esprit libre en leur forçant à être qui ils sont, qui ils ont envie d’être.
De plus, la scène où Todd doit réciter sa poésie et que Keating le force à improviser devant la classe en lui couvrant les yeux et laissant son imagination prendre le dessus montre la volonté du professeur à laisser ses élèves s’affirmer et prouver leur qualités réelles.
Lorsque le professeur oblige la classe à déchirer les pages d’introduction qui sont selon lui médiocre et une mauvaise définition de ce qu’est la poésie en elle-même, on aperçoit le contraste avec la scène où le remplaçant arrive et leur demande de lire l’introduction, malheureusement déchirée. Cela serait une métaphore de notre société actuelle qui n’accepte pas la “différence” d’autrui, tandis que ce professeur montre à ses élèves comment se détacher de la société et s’imposer tel que l’on est.
Un sublime plan vers la fin du film nous montrant l’ombre du personnage de Neil pourrait nous laisser penser que son corps n’existe plus puisqu’il ne peut vivre en effectuant ce qui l’anime, bloqué par son père qui ne comprend sa passion pour le théâtre, un présage pour la suite ...
L’allégorie du conformisme se fait de même remarquer par le plan où M.Keating impose à 3 élèves de marcher et qu’ils s’accordent sans même s’en apercevoir, poussés par les applaudissements des élèves .
Les membres du cercle des poètes disparus s'expriment d’autre part en jouant d’un instrument, en chantant ou en créant des poèmes, toutes formes d'arts leur permettant de vivre en échappant au désespoir. On se lie d'amitié avec le groupe d'amis que le récit suit, chacun ayant sa propre personnalité et ses propres problèmes. Les jeux d’acteurs de ces jeunes personnages sont tous exceptionnels.

Plusieurs citations tirées de poètes sont intégrées dans ce film comme celle de Thoreau “La plupart des hommes mènent une existence de désespoir tranquille” Keating s’oppose d’ailleurs à celle-ci et demande à ses élèves de ne pas se contenter de cela et de s’affirmer face aux problèmes qui peuvent faire obstacles à leur vies. Ou encore Whitman :"Ô moi, ô la vie, tant de questions qui m'assaillent sans cesse. Ces interminables cortèges d'incroyants. Ces cités peuplées de sots. Qu'y a-t'il de beau en cela ? Ô moi, ô la vie ?" à ce dont Keating apporte une réponse parfaitement adaptée : “Que tu es ici. Que la vie existe ! Et l'identité. Que le prodigieux spectacle continue et que tu puisses y apporter ta rime. Que le prodigieux spectacle continue et que tu puisses y apporter ta rime. Quelle sera votre rime ?” .

La bande son est composée par Maurice Jarre, la musique apparaît seulement dans les moments signifiants et est adaptée au différentes scènes du film, par exemple la scène de fin lorsque la classe monte sur les tables pour remercier leur professeur est très bien illustrée par la musique nommée “Keating’s Triumph”, qui montre la victoire du professeur avec un son annonçant le triomphe.
Le film est rythmé par les cours de ce professeur et par les réunions du groupe d'amis.
Celui-ci est par ailleurs réaliste, puisqu’il montre le côté trop encadré de l’école qui n’aurait pu accepter les méthodes, pourtant admirables, du professeur Keating étant donné que celle-ci sortent de la tradition de la fameuse école supérieure de Welton prônant les valeurs de “tradition”, d’“excellence” de “discipline” et d’“honneur”.
Ce long métrage allie à merveilles les scènes comiques (les cours de Keating) et émouvante (Neil face à son père refusant de lui laisser une chance de réaliser son rêve) qui lui vaudra d’ailleurs le césar du meilleur film étranger.

Un très beau film qui jongle parfaitement entre rire et émotion valant la peine d’être visionné et qui vous fera apprécier la poésie en vous donnant l’envie de vivre, de profiter de chaque instant. Carpe Diem !

Milane Hilger T°02

 

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