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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Jurassic Park

Publié par Enzzo PISCIONE-LUONG sur 7 Mai 2021, 19:15pm

Catégories : #Action, #Aventure, #Catastrophe, #Famille, #Science-Fiction

Jurassic Park

Parlez d'un de ses films préférés reste tout de même une tâche assez complexe d'un certain point de vue. Il faut souvent faire preuve d'objectivité afin de ne pas laisser notre sentiment nostalgique altérer nos propos et notre opinion sur l'oeuvre en question. Aujourd'hui, nous allons ainsi parler d'un long-métrage qui m'a réellement marqué durant de nombreuses années. Ce film, c'est bien évidemment Jurassic park sorti dans nos salles obscures en 1993 et réalisé par Steven Spielberg. Mais avant toute chose, il est tout d'abord important de présenter le réalisateur qu'est Steven Spielberg notamment d'un point de vue biographique et artistique.

Jurassic Park

Steven Allan Spielberg est né le 18 décembre 1946 à Cincinnati dans l'état de l'Ohio au sein d'une famille de tradition juive. Son père, Arnold Spielberg, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, était par ailleurs le créateur de l'ordinateur GE-255. Ordinateur qui permettra à de jeunes programmeurs tels que Bill Gates ou Steve Jobs de révolutionner le monde de l'informatique. Quant à sa mère, Leah Frances Posner, elle était une pianiste de concert. Arnold se verra offrir le tout dernier modèle de caméra mais n'aura presque jamais le temps de l'utiliser puisque son propre fils, Steven, la monopolisera h24. La passion de faire du cinéma pour Steven Spielberg était né. C'est ainsi qu'à l'âge de 12 ans, il réalise son tout premier court-métrage The Last Gunfight où Spielberg reprendra ici les codes typiques du western américain. Il enchaînera ensuite avec deux autres courts-métrages, cette fois-ci reprenant les codes du film de guerre et qu'il nommera Escape To Nowhere et Battlesquad. Un genre de sa filmographie que l'on retrouvera énormément dans son cinéma et plus particulièrement le drame historique. À ses 19 ans, il tentera d'entrer dans la prestigieuse école de cinéma californienne, l'USC. Mais se verra refuser son entrée au vue de sa faible moyenne scolaire extrêmement faible. Cela ne décourage pas du tout Spielberg et décida ensuite d'entrer dans une université qui ne propose malheureusement pas de cours de cinéma. Ce qui ne l'empêchera pas de continuer à s'exercer, à pratiquer et à expérimenter sa mise en scène et le métier de réalisateur. Les années passent et lors d'une visite des studios de la Paramount, il s'introduit discrètement dans les locaux et les différents plateaux de tournage, se faisant ainsi passer pour un membre de l'équipe technique, c'est par ce biais qu'il va acquérir énormément d'expériences en observant d'un oeil attentif la production de certains films. À la suite de son court-métrage Amblin, qui deviendra par la suite le nom de sa future société de production, il se fera remarquer par des producteurs de chez Universal et sa grande aventure dans le monde du cinéma ne fait ainsi que commencer. Ces nombreuses années au sein d'Hollywood lui ont permis de se forger une forte carrière dans le monde du cinéma en tant que réalisateur mais aussi en tant que producteurs notamment pour ses propres films mais aussi pour d'autres long-métrages tels que Gremlins (1984) de Joe Dante, Les Goonies (1985) de Richard Donner, ou encore Retour vers le Futur (1985) de Robert Zemeckis. C'est aussi un brillant hommes d'affaires qualifié par l'archétype même de l' "Industriel du divertissement", étant extrêmement fan de parcs d'attractions, c'est surtout Spielberg qui financera et supervisera la production de certaines attractions basées sur ses propres licences au sein du parc Universal Studios. Obtenant par la même occasion le surnom de "The Entertainment King". Maintenant que nous nous sommes intéressé à sa vie et au côté "homme d'affaire" de Spielberg. Nous allons ensuite nous pencher sur l'artiste qu'est Steven Spielberg. On peut ainsi diviser son cinéma en deux parties bien distinctes même si l'on peut parfois obtenir des sous-catégories spécifiques à ses deux parties. Tout d'abord, nous avons le cinéma de Steven Spielberg dit " de divertissements". C'est plus particulièrement dans cette catégorie que Spielberg va mettre en scène des oeuvres pour le grand public. Le plus souvent des films "Blockbuster" que l'on pourrait traduire chez nous comme les films "popcorn" et dont Spileberg en ait également l'inventeur depuis qu'il a réalisé Jaws en 1975 et Jurassic Park fait bien évidemment un "Blockbuster". On retrouve ainsi des films en tout genre que ce soit de la science-fiction, de l'aventure ou encore du fantastique. Mais ce sont également pour la plupart du temps des films axés sur la place et l'importance de la famille. Un thème récurrent que l'on retrouve énormément dans la filmographie de Steven Spielberg lui qui a été énormément impacté par le divorce de ses parents en 1964. Pour ne citer que les plus connus de cette catégorie, on peut y trouver énormément de films cultes de parts un aspect enfantin et excentrique qui forge ainsi la pâte même de Spielberg. (Hook (1991); E.T., l'Extraterrestre (1982); Minority Report (2002); Rencontre du troisième type (1977); Ready Player One (2018) et plein d'autres encore... ). On a ensuite le cinéma de Steven Spielberg dit "sérieux". Puisque cette partie de sa filmographie se compose ainsi pour la plupart du temps de drames historiques, traitant donc de thèmes sociaux-politiques en rapport avec des événements historiques. On peut prendre l'exemple de la Shoah lors de la Seconde Guerre mondiale avec son film le plus personnel qu'est La Liste de Schindler, sorti en 1993, puisqu'il fait lui-même partie d'une famille de confession juive. Mais on retrouve également différentes autres thématiques toutes aussi impactantes comme le racisme dans La Couleur Pourpre (1985), Amistad (1997) ou encore Lincoln (2012). Mais cette filmographie ne se compose pas seulement de drames historiques mais elle a l'opportunité de proposé des films souvent inspirés de faits réels afin de nous délivrer une histoire réinterprétée par la mise en scène de Spielberg. C'est notamment le cas avec Le Terminal (2004) ou encore Attrape-Moi Si Tu Peux (2002) nous délivrant à la fois des histoires touchantes et pourtant hors du commun. De mon point de vue, ce qui réunis tous ses films, peu importe le genre dans lequel ils appartiennent, est qu'ils possèdent tous une mise en scène qui met en avant les personnages, leur personnalité et leur caractère face à différentes situations. Avec Spielberg, on est toujours au niveau du point de vue de l'être humain, c'est notamment grâce à ce procédé que nous nous attachons à ses personnages. Tout cela comblé à une composition des plans dans lesquels on peut retrouver une certaine beauté et un certain lyrisme.

Le dinosaure et l'Homme, deux espèces séparées par 65 millions d'années d'évolution, viennent tout à coup de se retrouver face à face. Comment serait-il possible d'avoir la plus petite idée de ce qui va se passer ?

Alan Grant (Sam Neil)

"When dinosaurs ruled the Earth"

"When dinosaurs ruled the Earth"

Jurassic Park. Film Blockbuster et emblématique de Steven Spielberg sorti en 1993. Il est notamment l'adaptation du roman éponyme écrit par Michael Crichton, dont Spielberg en ai l'ami. Cependant, nous n'allons pas critiquer et analyser le long-métrage en tant qu'adaptation mais en tant que film tout simplement.

Jurassic Park raconte ainsi l'histoire du parc d'attraction du même nom. Un parc situé sur l'île fictif d'Isla Nublar au large du Costa Rica et construit par le multi-milliardaire excentrique et enfantin, John Parker Hammond (Richard Attenborough), PDG d'InGen, une puissante compagnie américaine spécialisée dans la recherche et le développement en génétique. Hammond et son entreprise parviennent ainsi à recréer et à donner vie aux dinosaures et les placent ensuite au sein de ce même parc afin de servir d'attractions touristiques. Malheureusement, la mort accidentelle d'un ouvrier rend les investisseurs d'InGen réticents concernant la fiabilité et la sécurité du parc. Donald Gennaro (Martin Ferrero), avocat, représente ainsi ces mêmes investisseurs et impose donc à Hammond d'engager deux experts spécialisés en paléontologie afin de donner leur aval sur le parc avant son ouverture. Hammond engage donc par la suite le paléontologue Alan Grant (Sam Neil), ce dernier n'aimant guère les enfants et les nouvelles technologies, ainsi que la paléobotaniste Ellie Satler (Laura Dern), compagne d'Alan Grant. Ils seront rejoint ensuite par le mathématicien excentrique Ian Malcolm (Jeff Goldblum), spécialiste de la théorie du chaos et est invité par Donald Genarro, prenant lui aussi part au voyage et à la visite du parc. Plus tard, dans le film, ils seront rejoint par Tim Murphy (Jospeh Mazzello) ainsi que par Lex Murphy (Ariana Richards), les petit-enfants de John Hammond. Malheureusement, tout ne va pas se passer comme prévu, durant la visite du parc, une forte tempête éclate et commence à s'abattre sur l'île et l'informaticien Dennis Nedry (Wayne Knight) corrompu par une entreprise concurrente à InGen en profite pour prendre le contrôle des systèmes du parc et les couper dans le but de voler des embryons de dinosaures viables. L'absence de toute alimentation électrique et de systèmes de sécurité font que les dinosaures s'échappent de leur enclos et le cauchemar ne fait alors que commencer pour les visiteurs.

"Putain j'en ai marre d'avoir toujours raison"

"Putain j'en ai marre d'avoir toujours raison"

Jurassic Park a beau être ce "Blockbuster" typique des années 90, il n'en reste pas moins qu'il possède certains messages intelligents par rapport à son époque et traite aussi de thématiques diverses et variées. Le long-métrage a donc la particularité de placer en avant l'être humain et son contrôle envers la nature, étant même un concept qui existe depuis toujours étant donné que beaucoup d'autres artistes ont traités cette thématique de nombreuses manières. Puisque cette dernière met en  évidence le fait que l'être humain dans sa conception a toujours voulu contrôlé ce qui semble être le pouvoir incontrôlable qu'est la Nature. Afin de, sans doute, prouver une certaine supériorité envers l'Univers ou bien de préserver ce pouvoir et de mieux le contrôler afin d'avoir la capacité de le modeler. Dans Jurassic Park, cette thématique est amenée avec une certaine subtilité en plus, à savoir "l'illusion" de ce fameux contrôle de la Nature. Montrée tout d'abord de manière explicite avec la corruption et la destruction des systèmes engendrées par Dennis Nedry. Trop dépendant de l'automatisation, la sécurité du parc s'effondre et les dinosaures s'échappent ainsi de leur enclos, sous-entendu de la Nature qui reprend ainsi ses droits sur les être humains. Il existe ainsi une scène au milieu du film qui exprime bel et bien cette thématique en plus de caractériser certains personnages au niveau de leur trait de personnalité. Cette scène a pour nom "Remembering Petticoat Lane" et se place bien après l'évasion des dinosaures. On retrouve ainsi le personnage d'Ellie et de Hammond tous les deux dans le restaurant du bâtiment d'accueil du parc. Cette scène est très intéressante que ce soit dans le cadrage, la mise en scène et les dialogues.

Jurassic Park

Tout d'abord, le cadrage nous montre un plan d'ensemble sur l'entièreté de cette grande table. Le plan impose ainsi un effet de distance notamment pour le spectateur envers les personnages mais aussi envers Hammond et Ellie éloignés par cette grande table.

Jurassic Park

La caméra va ainsi se rapprocher de plus en plus de cette table et donc de ces personnages. On entre ainsi de plus en plus dans l'intimité d'Hammond et d'Ellie. C'est aussi dans cette scène que l'on en apprend un peu plus sur le passé de John Hammond. Arrivé d'Écosse, sa première attraction fut un cirque de puces basé à Patticoat Lane, Hammond y raconte que les enfants semblaient autrefois voir les puces de différentes couleurs et formes. Tout en affirmant que le parc était automatisé et donc avait un aspect illusoire. C'est ainsi qu'il dit avec une certaine émotivité qu'avec Juarssic Park, il voulait montrer aux gens quelque chose qui se semblait pas être une illusion, "quelque chose que les gens peuvent voir et toucher" pour citer la réplique d'Hammond. Les dialogue démontrent trait pour trait le caractère enfantin de John Hammond, il ne pense et n'a jamais pensé à faire les choses pour un mal mais pour rendre les gens heureux. Le problème est qu'il s'est approprié un pouvoir qu'il n'a respecté tel qu'il était au départ, il ne s'est pas rendu compte de l'erreur qu'il a commis en ressuscitant les dinosaures. Ayant joué, avec innocence, avec quelque chose de dangereux... tout comme un enfant le ferait. C'est donc une chose qu'Ellie, figure maternelle dans cette scène, va tenter de lui faire ouvrir les yeux sur la situation, à l'accepter et à le remettre sur le droit chemin... tout comme le ferait une mère.

Jurassic Park
Jurassic Park

Bien évidemment, ce rapprochement du cadrage donne corps à un simple champ/contre-champ mais qui exprime bien plus. Puisque l'on oublie immédiatement cet effet de distance que l'on retrouvait au départ que ce soit pour le spectateur mais aussi envers les personnages d'où l'utilisation du champ/contre-champ qui rapproche ainsi les deux protagonistes. La composition des différents plans est aussi très intéressante dans ce cadrage. Derrière Ellie, on peut remarquer une fresque montrant un troupeau de dinosaure, ce qui est en accord avec son métier de paléobotaniste et son respect envers la nature. Tandis que derrière Hammond, on peut voir une grande table garnie de nourriture, signe de son immense richesse et qui est en accord avec sa réplique culte: "J'ai dépensé sans compter".

Jurassic Park
Jurassic Park

Un peu plus tard, on remarque que la composition des plans forment une sorte d'emprisonnement de parts la présence des chaises formant en quelque sorte des barreaux. Imposant à Ellie et à Hammond, une petite confrontation. C'est donc ainsi à ce moment que Ellie va se lâcher sur Hammond, tentant ainsi de lui ouvrir les yeux sur l'horreur que subit le parc. Lui indiquant qu'il n'a jamais eu le contrôle et que c'est toujours illusion faisant par la même occasion le rapprochement avec le cirque des puces. La seule chose qui compte maintenant à leurs yeux, c'est de sauver Alan, Tim et Lex livrés à eux-même dans l'immensité de la dangereuse jungle de Isla Nublar.

Jurassic Park

Le montage de cette séquences est aussi très intéressant notamment à ce moment précis où la cadrage place à nouveau Hammond dans une certaine solitude.

Jurassic Park

La scène se termine ainsi sur ce fameux plan d'ensemble, la solitude et la tristesse marquées de plein fouet. Se terminant sur ce dialogue d'Hammond: "J'ai dépensé sans compter."

La scène est par ailleurs accompagnée par la merveilleuse composition de John Williams. cher collaborateur à Spielberg sur de nombreux films de sa licence et qui retranscrit à merveille l'univers enfantin de Steven Spielber au sein de ses différents longs-métrages. Le musique qui accompagne ainsi la scène possède le même nom que cette dernière "Remembering Petticoat Lane" et propose ainsi une mélodie à la fois minimaliste pour démontrer l'aspect intime des personnages mais elle possède en plus les sonorité typiques d'un cirque.

La thématique du contrôle est donc évidente mais on peut du tout de même aller encore plus loin. Puisqu'il faut savoir que la thématique est non seulement "méta" par rapport à notre monde actuelle notamment envers l'industrie du cinéma. On peut faire ainsi un parallèle entre John Hammond et Steven Spielberg. Les généticiens du parc représentent en réalité ces artistes qui ont oeuvré à créer les effets spéciaux magnifiques de ces différents dinosaures tout comme ces généticiens qui ont réussi à récréer les dinosaures. Ces derniers ne sont pas en reste puisqu'ils représentent notamment les nouvelles technologies révolutionnaires du monde du cinéma sur lesquelles des producteurs avides d'argent, représenté par l'avocat Donald Gennaro au sein du film, ont envie de capitaliser. Cette technologie se retourne finalement contre leurs créateurs.

Si Jurassic Park possède ainsi ce statut de film culte, ce n'est pas pour rien. Le film a énormément contribué à l'imaginaire collectif devant ainsi même une oeuvre de référence dans la filmographie de Steven Spielberg. C'est notamment une preuve démontrant avec une certaine honnêteté qu'il ne faut pas forcément montrer quelque chose de complexe pour paraître intelligent. C'est dans cette simplicité que l'on peut ainsi dire beaucoup de choses, il reste encore des tas de choses dont je n'ai pas parlé mais qui mérite le détour à coup sûr mais je vous laisse le soin de les découvrir par vous-même avec enthousiasme.

Mais ce n'est pas non plus une oeuvre qui est parfaite pour autant, certains personnages méritaient d'être un peu plus développé notamment les enfants Tim et Lex qui ne m'ont pas semblé très mémorable même s'ils apportent une certaine utilité à l'intrigue puisqu'ils représentent à eux deux, la future génération capable de gérer cette future crise et plus à même de gérer ces nouvelles technologies.

Dans tous les cas, cela reste un incontournable que ce soit pour ces effets spéciaux révolutionnaires qui ont contribué à l'élaboration de nouvelles technologies au cinéma. Je vous conseille par ailleurs ses suites, certes de moins bonnes qualités mais tout aussi plaisantes à voir, qui sont Le Monde perdu : Jurassic Park sorti en 1997 et toujours réalisé par Steven Spielberg (et personnellement mon préféré de toute la trilogie) et Jurassic Park 3 sorti en 2001 et réalisé par Joe Johnston. Ou encore la nouvelle trilogie qui fait suite à celle de Jurassic Park, je veux bien évidemment parler de Jurassic World sorti en 2015 et réalisé par Colin Trevorrow, Jurassic World: Fallen Kingdom sorti en 2018 et réalisé par Juan Antonio Bayona et enfin Jurassic World: Le Monde d'après qui devrait normalement sortir en 2022 et dont les rennes de la réalisation sont repris par Colin Treverrow.

Jurassic Park

Les gens ont oublié de raconter une histoire. Les histoires n'ont plus de milieu ni de fin. Ils ont généralement un début qui ne cesse jamais de commencer.

Steven Spielberg

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