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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Mustang

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 31 Mai 2021, 23:29pm

Dans un village turc, cinq sœurs jouent au bord de la mer avec des garçons de leur école, lorsqu’on les voit assises sur leurs épaules, c’est alors que leur débauche supposée fait scandale. Orphelines, les jeunes filles sont éduquées par leur grand-mère et leur oncle, ceux-ci décident alors de les enfermer dans la maison familiale afin de leur inculquer une éducation stricte et ainsi les former dans leur futur rôle de femme mariée. Dans un premier temps elles parviennent à s’échapper de temps à autre, mais elles se font reprendre et la maison ressemble peu à peu à une prison. Elles ne peuvent vivre que dans l’objectif du mariage et ne vont plus à l’école, elles sont coupées du monde extérieur. Inéluctablement, les jeunes filles sont présentées puis mariées une à une lorsqu’elles sont en âge, seule Lale, la benjamine, reste la plus rebelle. Elle souhaite s’échapper et apprend à conduire grâce à l’aide d’un chauffeur de camion nommé Yassine avec lequel elle se lie d’amitié lors de ses échappées. Voyant ses grandes sœurs se faire happer par les mariages, elle prend les choses en main malgré son jeune âge et s’échappe du domicile avec sa grande sœur Nur, alors que l’on fête le mariage de celle-ci. Aidées par Yassine, les deux sœurs parviennent à rejoindre Istanbul, et la maison d’une professeur et probable amie, où elles sont en lieu sûr.

 

 

Ce film est un hymne à la liberté et à l’émancipation des femmes, par la dénonciation du rôle des femmes et des mariages forcés en Turquie. Enfermées afin de rentrer dans le moule d’une femme à la maison, la violence du « processus » mis en œuvre sur les sœurs est montrée de manière crue, comme lorsque les jeunes filles se font réprimander par l’oncle, de manière à ouvrir le regard du spectateur.

Deniz Gamze Ergüven dénonce la privation de libertés, en particulier à travers différents plans qui mettent en scène l’enfermement : en usant des éléments d’encadrement comme les portes, barreaux, grilles et murs en arrière-plan des actrices mais qui finalement vont, ironie de l’histoire, permettre aux filles de s’enfermer pour s’enfuir à la fin.

Face à ce cadre hostile, la réalisatrice nous dresse le portrait de cinq sœurs soudées et pleines de vie face à la répression qu’elles subissent, on le voit au cours de la scène dans la chambre, où elles sont entremêlées et s’amusent dans la pièce baignée de rayons de soleil, ou encore lors de la sortie au stade.

 

La réalisatrice parvient à insuffler beaucoup d’énergie dans le film, en particulier lors de scènes à forte tension qui prennent le spectateur à la gorge. On peut l’illustrer par la scène majeure où Lale ferme soudainement la porte alors que sa grande sœur Nur s’apprête à rejoindre son futur mari. La pression monte alors crescendo, jusqu’à la fuite des deux jeunes filles. La scène du suicide de la troisième sœur est un choc : contrainte de quitter le repas après avoir ri à table, on entend alors un coup de feu dans le couloir, la force du récit nous surprend sans arrêt.

 

Durant le film, on suit principalement Lale, la plus jeune de la fratrie et le personnage le plus développé dans le récit à travers son caractère de rebelle et de jeune fille courageuse, pleine d’insouciance qui aspire à la liberté. Elle pose un regard aiguisé sur ce qui l’entoure et ne laisse rien échapper, on suit à travers les gros plans à sa hauteur toute sa réflexion face à l’intégration forcée de ses grandes sœurs à la vie adulte.

Les gros plans à hauteur des personnages sont utilisés fréquemment, et nous rapproche des regards et expressions des visages filmés.

Le personnage de Yassine est déterminant dans le film, il va permettre la fuite de Lale et Nur, mais apporte aussi une touche humoristique dans ses échanges avec la benjamine.

Marco CADET

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