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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Seul su Mars

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 19 Mai 2021, 16:35pm

Seul su Mars

Réalisateur et producteur, Ridley Scott est connu pour ses nombreuses œuvres cinématographiques.  Il nous fait encore une fois part, de son savoir-faire et de sa parfaite maitrise de l’Art du cinéma, en cherchant de nouveau à nous surprendre. Notablement connu pour ses qualités cinématographiques, il surpasse les codes en imposant son style et sa vision du monde s’offrant la renommée internationale et se distinguant de ses confrères. Populaire pour ses nombreuses productions emblématiques, il parcourt tous les genres, de la comédie à la science-fiction en passant par les drames et les thrillers, poussant toujours le spectateur dans la tourmente psychologique la plus folle, comme Alien : le huitième passager (1979), Blade Runner (1982) ou encore Thelma et Louise (1991).

Seul sur Mars est son vingt-troisième long métrage. Adapté de premier roman de l’auteur américain, Andy Weir, Seul sur Mars, du titre original The Martian, nous entraine dans la conquête de l’espace. C’est un film captivant, signé d’un grand réalisme et d’une brillantissime distribution, avec notamment Matt Damon, Jessica Chastain, Kate Mara ou encore Sebastian Stan. C’est un drame de science-fiction de 2h24 sorti en 2015. Il révèle avec subtilité le désir compulsif et vain de l’Homme d’aller toujours plus loin dans les découvertes et dans les recherches scientifiques. Ce film présente de manière concrète, le déroulement d’une mission spatiale en quête de nouveau espace, en mettant en perspective les enjeux, les conséquences, et la psychologie humaine qui en découle.

Il s’agit de l’adaptation d’une œuvre littéraire éponyme et d’une mise en abime de l’ambition humaine commune existante depuis quelques années dont Ridley Scott s’empare pour façonner un récit de science-fiction, mêlant catastrophe inattendue, cohésion sociale et science. Elle est accompagnée d’une mise en scène les plus réalistes d’une transcription d’une mission dans l’espace où l’Homme n’a pas le droit à l’erreur. L’histoire racontée, est celle d’un groupe d’astronautes partie en expédition sur Mars dans le cadre de la mission de la NASA Ares III, pour effectuer des recherches scientifiques, ils se retrouvent obligés de décoller en urgence de leur base de recherche en raison d’une tempête de sable. Mais lors de la fuite, un astronaute, du nom de Mark Watney (Matt Damon) se fait embarquer par un débris, qui le projette non loin du vaisseau. L’équipage ne le voyant pas revenir prenne l’initiative de déclarer leur décollage en raison de la situation critique et se persuade de sa mort. Mais Mark est vivant, il se retrouve désormais seul, sans possibilité de repartir, sur une terre hostile dont il ne connait pas tous les dangers. Pour assurer sa survie, il va devoir faire appel à ses connaissances, à son intelligence et surtout à la science, tout en essayant d’établir un contact avec la Terre. C’est à 225 millions de kilomètres, dans les mains de la NASA et des scientifiques que se joue sa vie, et où toutes les décisions vont être établies pour son sauvetage. En parallèle, ses coéquipiers, le docteur Chris Beck (Sebastian Stan), l’informaticienne Beth Johanssen (Kate Mara), le commandant, Melissa Lewis (Jessica Chastein) et Rick Martinez (Michael Pena), tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies.

Pour parvenir à un tel résultat, Ridley Scott a pris plusieurs dispositions afin de recomposer une mise en scène de la planète Mars, la plus fidèle possible. Tout d’abord, pour réaliser une telle œuvre cinématographique, il ne s’est pas dirigé vers les classiques studios Hollywoodien, trop petits pour son ouvrage, mais du côté du studio Korda, en Hongrie. Un grand hangar dédié pleinement à ses décors (dont notamment le vaisseau Hermès, la base des astronautes sur Mars) ainsi qu’un fond vert. Pour parvenir à de semblables maquettes, (la base et le vaisseau), son chef décorateur, Arthur Max, a été envoyé en visite dans les anciens et les nouveaux locaux de la NASA (il a pu les voir en exclusivité !). Toutefois, certains éléments manquaient de réalisme dans le décor. Pour pallier à cela, le réalisateur et son équipe ont pris la décision de tourner dans des vrais lieux en empruntant des bâtiments et des espaces naturels, tel que notamment la structure La Baleine (Budapest) pour sa forme architecturale très moderne, pour reconstituer les locaux de la NASA, ou encore le désert de Wadi Rum en Jordanie, qui proposait de magnifiques paysages désertiques mélangeant dunes et rochers. Le choix de ce désert n’est pas irréfléchi, c’est le seul espace qui permettait d’offrir une couleur rougeâtre et un sable fin se rapprochant le plus des caractéristiques de Mars. Les costumes ont été intégralement inspirés des combinaisons spatiales de la NASA, fabriqués à base de matériaux de fibres de carbone et d’acier, dans un coloris orange pourpre et blanc. Le fait d’avoir teint les costumes dans ses couleurs fait allusion à celle de Mars pour fondre dans le décor. Même si Ridley Scott a produit bon nombre de ses chefs d’œuvres dans l’espace aérien, la décision de concevoir un film des plus réalistes n’a pas été tâche facile. Il a dû faire appelle à la NASA en personne, pour obtenir des renseignements sur le déroulement des voyages spatiaux, et plus particulièrement celui visée pour Mars ainsi qu’apprendre les caractéristiques de l’espace.

Mais ce n’est pas tout, la décision de mettre des effets spéciaux pour certaines scènes, n’a pas été chose simple, et plus particulièrement pour la scène de la tempête de sable. Pour celle-ci, il est allé en contresens de son confrère Clint Eastwood utilisé dans son film American Sniper, en choisissant lui, les phénomènes de nature.

Nous pouvons constater un autre décalage scénique : la présence de deux femmes astronautes (jouée par Kate Mara et Jessica Chastain). En effet, ce n’est pas une chose courante dans notre société, notamment suite au fait que les concours de sélection sont extrêmement difficiles, les chances d’être prises sont minimes, et en plus de cela vient s’ajouter l’empreinte « mâle ». Qui plus est, se rajoute le fait que la conquête de l’espace est à l’origine un fantasme masculin où les plus grands exploits planétaires effectués sont majoritairement voire totalement assujettis à l’homme. En faisant ce choix, le réalisateur prend un parti plutôt féministe, mettant également une profession accessible à tous, homme comme femme, et cherche ainsi à en faire la promotion.

Enfin, le nom du personnage principal, Mark Watney, n’est pas le fruit du hasard. Le choix du prénom n’est pas sans dire qu’il provient de son nom de baptême anglophone ; de ses racines latines, Marcus, qui fait allusion à sa signification étymologique, « consacré à Mars ». En prenant cette décision, Ridley Scott a fait le choix de rentre hommage à son propre film.

Après avoir composé la bande originale de Kingdom of Heaven (2005) de Ridley Scott, le compositeur britannique Harry Gregson-Williams, remet à nouveau le couvercle en composant une playlist spécialement dédiée au film, The Martian : Orginal Motion Picture Score, apparaissant dans les scènes où l’espoir semble ressurgir. De plus, un certain nombre de tubes des années 80 comme ABBA, Gloria Gaynor ou encore David Bowie, écouté par Watney apparaissent dans la mise en scène et plus particulièrement vers la fin du film, offrant ainsi une dose d’optimisme, de joie et de bonne humeur à une histoire quelque peu chaotique.

Ce film est à voir absolument pour son excellente réalisation, bien que celui-ci fasse l’objet de controverse, pour son côté promotionnel. Tout est tellement concret, qu’il arrive à nous plonger dans la réalité de l’univers martien. Il permet de mettre en scène, une mission spatiale, dans son aspect le plus vraisemblable. Nonobstant, certaines scènes un tant soit peu idéalistes, il retrace sans nul doute véritablement les traces d’une mission spatiale et plus particulièrement, celle dont devrait ressembler Mars, en peignant l’envers du décor dans ses aspects les plus justes. Ainsi, ce film aussi angoissant soit-il laisse place à l’humanité et offre une part de détente à une situation quelque peu délicate voire hors de contrôle, marquer par des touches d’humour.

Faustine Bacquet

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