Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

cinebaudelaire.overblog.com

Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Soul Kids

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 7 Décembre 2021, 21:22pm

Soul Kids

Hugo Sobelman n’en est pas à son premier documentaire et ça se voit : à la maîtrise et au choix fort du sujet. Après avoir arpenté les États-Unis, il nous plonge dans l’univers de la Stax Academy, une école de musique extrascolaire située à Memphis qui accueille gratuitement des jeunes de milieux défavorisés pour leur permettre d’obtenir des bourses d’étude universitaires. Dans cette école les ados d’aujourd’hui cultive la musique soul d’en temps.

Commençons par un peu d’histoire. Fondé en 1957 sous le nom de Satellite Records, le label a pris le nom de Stax en 1961. Installé au 926 East McLemore Avenue, en plein milieu du ghetto noir de la ville de Memphis, Stax a rayonné dans le monde de la musique populaire jusqu’en 1975. Pionnier de l’intégration raciale, Stax a eu son premier n°1 dans les hit-parades Rythm and Blues en 1962, avec « Green Onions », interprété par un groupe composé de deux musiciens afro-américains et de deux blancs, une composition totalement inédite à l’époque dans le sud des Etats-Unis. Mais pour diverses raisons, ce label mythique fut contraint à fermer boutique en 1975 et les très réputés studios, après être restés vacants pendant de nombreuses années, furent rasés en 1989. Une dizaine d’années plus tard, un groupe de leaders de la communauté afro-américaine, de philanthropes et d’anciens employés de Stax a décidé de revitaliser le quartier dans lequel se trouvaient les bâtiments Stax et a créé la fondation Soulville, parente du « Stax Museum of American Soul Music », de la « Stax Music Academy » et de la « Soulsville Charter School ».

On est tout de suite plongé et séduit par l’ambiante à la fois studieuse et ludique de cette école, capté par une caméra qui sait se faire oublier et qui rend le documentaire bien plus immersif et naturel. Glissant d’une salle l’autre, jusqu’au terrain de basket le film se laisse emporter par l’improvisation en suivant plusieurs groupes de jeunes dont se dessine un portrait très attachant. Ces jeunes rêveur et talentueux seront toucher le public avec leur cœur mais aussi avec leur voix lors de leur reprise a capella des grands standards de la soul. Ce que nous apprend ce documentaire c’est que au-delàs des cours de musique les élèves apprenant aussi à développer une certaine confiance en eux et un esprit critique sur le monde qui les entoures. Ils apprennent à vivre ensemble et se persuade que la musique à le pouvoir de combattre le racisme et les préjugés qui pèsent encore sur des populations défavorisées de Memphis. L’un des moments les plus poignants et qui illustre le mieux cet apprentissage, est une séquence où les élèves assistent à la venue d’une directrice d’école artistique américaine. Ensemble, ils se mettent d’accord sur cette idée qui peut malheureusement paraître galvaudée : la musique a aussi le pouvoir de faire changer les mentalités. L’immersion touche alors à sa limite lorsque les enjeux narratifs font place à des questions simples mais qui ne trouverons pas de réponse tel que : D’où viennent ces jeunes gens ? ou encore : Que vont-ils faire une fois sorties de l’école ?

En conclusion, on est presque triste que le documentaire se termine avec ses questions en suspens et sans savoir ce qu’il est advenu de ces jeunes talentueux qui avait su nous touchés. Mais cette immersion dans cette académie de Memphis reste réjouissante de par la fraicheur qui s’en dégage et le talent dont font preuve ces jeunes qui perpétuent la légende de la musique soul. On se surprend même à rêver que la musique afro-américaine retrouve toute la splendeur et l’aura qu’elle n’aurait jamais dû perdre.

 

Roux Timéo 1°5

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents