Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

cinebaudelaire.overblog.com

Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Le Scaphandre et le Papillon, la vie à travers un œil

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 15 Mars 2022, 13:30pm

En un mot: magnifique. Le film Le Scaphandre et le Papillon réalisé par Julian Schnabel en 2006 et adapté du roman du même nom écrit par Jean-Dominique Bauby agit sur le spectateur comme un verre magnifiant. Toutes les images sont embellies: les visages semblent plus éclatants et les paysages plus idylliques. Tout gagne en valeur à travers le regard de Jeando, personnage principal interprété par Mathieu Almaric, atteint du “locked-in syndrome” après un grave accident vasculaire cérébral qui le paralyse entièrement et le prive de son œil  droit. 

 

Sa vision monoculaire partagée tout au long du film à l’écran met alors l’emphase sur la beauté du visage humain, lui confère d’avantage d’expression et de tendresse par des plans rapprochés continus sur les personnages, principalement féminins. Chaque imperfection paraît ainsi élégante par sa vraisemblance et renforce la proximité émotionnelle, déjà présente dans l’image sous la forme physique. 

 

Les paysages où est emmené Jeando sont eux aussi éclairés par une lumière nouvelle, plus intense qu’avant l’accident. Ce jeu d’éclairage donne une connotation onirique à la plage la plus simple, souligné par des plans d’ensemble fixes qui permettent de s’imprégner de la beauté du décor. 

 

Parallèlement, le personnage principal est lui aussi magnifié. Son apparence post-AVC est vue par la société et ses proches comme non esthétique, voir repoussante. Pourtant, au fur et à mesure que son esprit s’embellit, que l’homme cynique, égocentrique et perverti du début du film devient de plus en plus sage, sensible et attachant, son faciès atypique est à son tour doté d’une beauté particulière. Son œil grand ouvert qui pouvait paraître effrayant au départ devient alors la porte d’accès au papillon qui réside à l’intérieur du scaphandre. Toutes ses émotions se lisent dans ses mouvements oculaires et lui rendent son humanité d’antan. 

 

La notion de rêve et d’imagination revient régulièrement dans le film sous différentes formes. Certains choix esthétiques, comme des filtres de couleurs pastels qui viennent s’ajouter de façon inopinée à des scènes du passé, ou encore l’apparition soudaine de personnages historiques décédés depuis longtemps dans des scènes du présent, mélangent fiction et réalité afin de nous rappeler que nous sommes prisonniers dans l’inconscient de Jeando. 

 

Les symboles du scaphandre et du papillon sont quand à eux agilement introduits dans le l’histoire. Tantôt éléments discrets dans un décor, tantôt au centre de l’image, ils ne sont ni trop présents ni trop absents et suscitent l’intérêt du début à la fin. Une métaphore filée qui accompagne le personnage joué par Mathieu Almaric afin de rendre hommage au véritable Jean-Dominique Bauby et à son œuvre qui a inspirée le long-métrage. 

 

Néanmoins, ce qui reste le plus marquant dans ce film selon moi, c’est le jeu d’acteur exceptionnel. Chaque personnage à une identité unique portée à l’écran par des acteurs qui figurent parmi les meilleurs du cinéma français. Leurs réactions, leur langage corporel, leurs paroles… tout est travaillé rigoureusement pour un rendu plus vrai que nature. L’authenticité des personnages suscite d’autant plus l’émotion et rend ce film inoubliable. 

 

Enfin, la bande-son ne manque pas non plus à nous plonger dans l’histoire en priorisant les sons d’ambiance, rendant le décor quasi palpable. A cela s’ajoutent des chansons entraînantes dont les paroles traduisent à chaque fois la situation du personnage dans la scène, apportant souvent de la légèreté à des moments tragiques. Parfois anglais, parfois français, les morceaux rappellent la double origine du film franco-américain.

 

En conclusion, ce long-métrage permet une expérience cinématographique sans précédent et perpétue la mémoire d’une personne exceptionnelle.

 

A voir absolument!

 

Lana Ratjen 

Le Scaphandre et le Papillon, la vie à travers un œil
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents