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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Les chèvres de ma mère

Publié le 1 Mai 2014, 16:33pm

Maguy, une femme en âge de la retraite qui passe le flambeau à une jeune novice en école d'agriculture, forme la trame de ce documentaire signé Sophie Audier ( qui n'est autre que la fille de Maguy ).

Installée depuis 40 ans dans les gorges du Verdon, sur le plateau de Saint-Maymes, Marguerite a consacré sa vie à l’élevage de ses chèvres. Mais, tout a une fin et aujourd'hui, elle doit toucher sa retraite. Elle fait alors la rencontre d'Anne- Sophie, à qui elle va transmettre son savoir un an durant, puis lui céder son troupeau.

Pas de musique pour installer une ambiance joyeuse lors des phrases inattendues de Maguy ou des têtes incroyables des chèvres, ni de notes de piano accompagnant les larmes des personnages. Ce film est juste une succession de scènes montrant soit Marguerite ou Anne- Sophie parlant, travaillant, discutant ; soit des plans sublimes des paysages des Gorges du Verdon. Une simplicité incroyable qui nous fait croire que l'on se trouve avec elles, au milieu des chèvres.

Sophie Audier se passe de mise en scène. La caméra est simplement la vision de quelqu'un qui se serait mis à regarder les deux femmes travailler, en posant des questions de temps en temps.

J'étais loin de me douter en allant voir ce documentaire sur un élevage de chèvres que j'allais être aussi intéressée et transportée. Si le film nous fait entrer dans l'intimité de personnes vouant leur vie à un travail acharné, il nous montre aussi le double tranchant de ce labeur : 40 ans d'activité rapporteront à Maguy moins de 500 euros de retraite. Quant à Anne- Sophie, bloquée par les mesures inutiles de propreté et les paperasses superflues des banques, elle peinera à faire aboutir son projet.

Ce documentaire, même s'il reste un documentaire, détient une intrigue et une action puissante, cachée sous le couvert de son format simple et honnête. On rit et on pleure en regardant cette magnifique ode à la nature, et au métier trop souvent oublié d'agriculteur.

Elise PIC

Les chèvres de ma mère
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