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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Horns

Publié le 16 Novembre 2014, 15:33pm

Horns

Horns est un film de Alexandre Aja ( La colline a des yeux et Piranha 3D entre autres ) nous mettant dans la peau du personnage de « Ig » Perrish, jeune homme accusé du meurtre et du viol de sa petite amie, avec qui il tenait une relation de longue durée. Et alors que toute la ville et la société rejettent la faute sans hésitation sur lui, que tout le monde se déchaîne sur lui, des cornes se mettent à lui pousser sur le front.... et il semble que ces cornes libèrent le côté sombre, caché des personnes qui les voient.

C'est sur ce concept tout à fait intéressant que commence ce film fantastique, porté par Daniel Radcliffe qui maîtrise son personnage ( malgré la VF qui nous rappelle Harry Potter tout le temps, inadaptée dans ce film ), ainsi que pas mal de personnages secondaires dans l'ensemble bien développés, et dont les parts de mystère nous tiendront en haleine. Sur sa construction, le film est plaisant sur la première partie, le développement avec l'apparition des cornes est rapide et surprenante.

Le début du film est ancré dans une réalité sombre et triste : les parents de Ig ne le soutenant même pas, on est directement posé sur le fait que, seuls son frère et son meilleur ami, avocat, le soutiennent et croient en son innocence. Et dans cette atmosphère où le monde déchaîne sa haine et révèle son côté agressif, intrusif, relevant du chaos, les « marques du diables » apparaissent sur notre personnage. Ces marques ont le pouvoir de révéler la vraie nature et les vraies pensées des gens : elles révèlent l'intériorité et les stigmates de cette société, qui, d'un point de vue externe et totalement injuste, veut s'en prendre à la personne de Perrish. Et tout le long du film, on aura une construction en opposition avec les éléments de l'extérieur, et ceux de l'intérieur. Grâce à ses cornes, le personnage va tenter de trouver le coupable, en révélant l’intériorité souvent malsaine des gens qui l'entourent. Le mystère autour de sa petite amie est intéressant et intriguant, même si la fin brisera un peu tout. Le film cependant est construit sur beaucoup de flash-backs, souvent maladroits, longs et clichés.

Il possède une photographie soignée, des lieux et lumières bien choisis, un style propre et beau à regarder (mention particulière à la scène du bar ). Dommage pour la musique qui, on va le dire, est tout à fait "cliché" et sans personnalité ( le violon, c'est triste si on résume). Le film porte aussi une touche d'humour noir, assez cynique par moment, visant à montrer à quel point la société accusatrice est pervertie, et lorsqu'elle est dévoilée au grand jour, elle en est ridicule. Cet humour est très bien amené et colle vraiment à l'histoire; cependant, certains moments tristes et tragiques sont bien moins appuyés, rendant l'équilibre émotionnel inégal.

Dans l'ensemble le film se regarde très bien, et certaines scènes sont vraiment intéressantes, notamment celle avec son frère et ses problèmes de drogue qui apporte une touche de folie autant du point de vue de la mise en scène que du cadrage et des effets spéciaux. Et qui va au film à merveille. Hélas, cet élément est un peu délaissé par moment, ou tout simplement pas mis en valeur, ce qui est dommage, puisque le film tourne autour de la folie, et du mal. Cependant, à partir d'une heure trente de film, le réalisateur perd sa maîtrise, l'histoire devient prévisible, les scènes ont l'air bâclées et, pour finir, la conclusion est digne d'un nanar. Le « trip » cohérent jusqu'à là dévie, on sent que c'est en partie ce que voulait faire Alexandre Aja, mais ça ne marche pas, et pour ma part, j'ai rigolé durant la séquence de fin tellement j'ai trouvé ça ridicule et nanardesque ( Bon, c'est pas non plus Alien versus Ninja, mais c'est sympa ).

On se retrouve donc avec un film assez original, qui suit un développement prenant, qui possède des séquences plaisantes et d'autres assez faiblardes, mais qui perd un peu les pédales à la fin, gâchant l'expérience totale, nous laissant un goût un peu amer dans la bouche et c'est dommage. Le réalisateur perd le contrôle de son film, et le résultat en devient moyen, voire mauvais ( Ça reste mieux que l’infâme bouse qu'est Piranha 3D ) malgré de nombreux bons points.

David Ingels

Horns
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