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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Interstellar

Publié par Andréa Loy sur 5 Novembre 2014, 19:25pm

Interstellar

Étant depuis de nombreuses années un admirateur du cinéma de Christopher Nolan , je ne pouvais résister à l’envie de voir son dernier film , Interstellar , en avant première à Lyon (Une interview de Nolan était, en plus, diffusée en direct de Paris avant la séance). En tête d’affiche, Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Michael Caine, John Lithgow et Jessica Chastain.

L’histoire nous place sur une terre en perdition, balayée par les tempêtes de sable, où la nourriture se fait rare. Cooper, un ancien pilote de la NASA s’en va, laissant ses deux enfants sur terre, en quête d’une planète habitable, aux confins de l’univers. De Memento à Inception , en passant par Le Prestige et la trilogie The Dark Knight , Nolan est un des rares à n’avoir fait aucune fausse note au long de sa carrière. Il fait partie des seuls réalisateurs d'Hollywood réalisant, malgré un budget conséquent, des films conservant des éléments du cinéma d’auteur, c’est à dire des films stylisés. Car oui, c’est ce que l’on peut reprocher au cinéma d’aujourd’hui : le réalisateur perd le contrôle sur son film face aux millions de dollars dépensés par la production, les blockbusters deviennent de plus en plus impersonnels. Peut-on encore considérer ceux-ci comme un art? C’est subjectif : certains verront une véritable esthétique novatrice dans un Transformers, d’autres ne supporteront guère d’aussi grosses lacunes de scénario. Mais là n’est pas la question.

Reprenons: Le vent frais que Nolan souffle sur Hollywood, c’est ce qui fait la force de son cinéma : réaliser une oeuvre personnelle malgré un budget conséquent, et c’est en ça que l’on peut le comparer au 2001 de Kubrick, qui gagne le pari de faire du « tout public » en gardant une finesse certaine - la science fiction, était considérée comme un sous-genre dans les années 60-. Alors oui, certaines personnes reconnaîtront l'influence de 2001 l’odyssée de l’espace dans Interstellar, mais ces deux films ne sont pas pour autant similaires.

D’ailleurs, Interstellar se détache du reste de la filmographie de Nolan : il s’écarte de ses précédentes productions aussi bien d’un point de vue scénaristique qu’esthétique: c’est le premier film que Nolan réalise sans son chef opérateur habituel, Wally Pfister. Et c’est une chose qui m’a dérangé dans la mise en scène, qui est ici trop classique. L’étincelle que l’on retrouvait dans le montage de Memento, ou le cadrage d’Inception n’est plus, et laisse place ici à un cadrage plus basique, un montage beaucoup plus linéaire: et donc , un scénario moins surprenant malgré quelques retournements de situation (parfois également quelques problèmes de rythme). On trouve évidemment certains motifs Nolaniens dans le film , mais ils ne sont pas ici mis en avant comme par exemple dans Inception. Si ce dernier garde un goût certain pour le spectaculaire, il se concentre plus dans son dernier film sur l’émotion et donc, sur le genre humain.

Nolan est un adepte du réalisme; par exemple, il tente d’utiliser le moins d’effets spéciaux numériques ou de décors en studio possible, le film est donc majoritairement filmé en décors réels. De plus, on peut considérer Interstellar comme une vulgarisation de concepts scientifiques : le physicien Kip Thorne a été consultant sur le film, s’approchant donc de la réalité, ce qui encore une fois est très appréciable, et trop peu souvent fait. J’ai donc beaucoup aimé ce film. Le cadrage est peut être moins immersif que dans Gravity, mais le scénario (riche et haletant qui plus est) apporte des réponses à des questions qui dépassent la conception d’un être humain.

Une fois le générique arrivé, un silence s’est installé dans la salle. Ce silence annonçant le (probable) futur film culte et signifiant une expérience forte, immersive. Pourquoi? Surement parce que Interstellar est un film profondément humain, un film qui nous touche, chose rare pour un budget de 180 millions de dollars. Les critiques ont par le passé reproché à Nolan son cinéma trop froid et cérébral, mais pour une fois, on peut dire que Interstellar distille des émotions réelles à travers ses images spectaculaires et hors du commun.

Je terminerai donc cette critique en citant ce qu’a dit Christopher Nolan lors de son interview d'avant-séance : « Un bon film pour moi, c’est une histoire qui se DOIT d'être un film, qui ne peut pas être autre chose qu’un film. » Alors oui, on peut le dire, Interstellar se devait d’être film, car il fera, à mon avis, date dans l’histoire du cinéma de Science-Fiction, comme 2001 l’avait fait à son époque, aussi bien pour le grand spectacle qu’il apporte, que pour sa dimension émotionnelle et philosophique, ce que l’on est trop peu habitué à voir aujourd’hui.

Andréa Loy

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B
Gg.<br /> <br /> Je trouve pour ma part que l'idée de de représenter l'intérieur d'un trou noir, ou bien le contenu dautres planetes en fait un film interessant et novateur.<br /> Sinon ta critique est solide, elle resume bien l'avis general du film, et se servir des autres films de Nolan met bien en valeur les changements du realisateur, et ses evolutions.<br /> Bravo!
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B
Thanks ;) <br /> C'est sur , c'est ce que je disais dans le sens ou le côté réaliste était accentué. Merci c'est gentil !

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