Le frère et la sœur Wachowski sont de retour, trois ans après Cloud Atlas, encore une fois pour nous en mettre plein les yeux. Et quoi de mieux pour commencer à parler de ce film que de reprendre la célèbre réplique de Matrix :
« Tu prends la pilule bleue, l’histoire s’arrête là, tu te réveilles dans ton lit, et tu crois ce que tu veux. Tu prends la pilule rouge, tu restes au Pays des Merveilles et je te montre jusqu’où va le terrier. »
Parce que oui, aller voir ce film, selon moi, c’est prendre la pilule rouge.
Si on reprend rapidement l’histoire, les Humains ne sont pas les seuls êtres vivants de l’univers (mais ils ne le savent pas), et la grande Reine de l’univers, de la dynastie Abrasax, est morte. Ses trois enfants entament alors un grand remue-ménage pour être le nouveau Roi, mais malheureusement pour eux, il se trouve qu’une jeune Terrienne du nom de Jupiter a un génome identique à celui de la défunte Reine, et c’est donc à elle que revient l’héritage royal (dont la Terre). Les trois enfants Abrasax vont alors tout faire pour récupérer leurs terres (ou leurs galaxies).
Le film commence avec une scène qui introduit la naissance de Jupiter : son père, fou absolu d’astrologie, veut l’appeler Jupiter, parce que Jupiter c’est la plus grosse planète de l’univers. Ça introduit parfaitement le film : après tout, c’est elle qui va devoir sauver l’univers, c’est elle la clé pour assurer un avenir à la Terre. Elle a une importance aussi grosse que la planète dont elle porte le nom.
Après cette introduction, tout commence assez vite, jusqu’à être assez désorienté et ne pas très bien comprendre ce qu’il se passe pendant les 30 premières minutes du film. On quitte la Terre assez vite, après une première scène d’action riche en détails.
En effet, les scènes d’actions sont assez nombreuses et absolument détaillées ! On retrouve les ralentis qu’on voyait déjà dans Matrix, chaque mouvement est millimétré et orchestré avec le reste du décor, chaque élément visible à l’écran a son rôle à jouer dans l’action qui se déroule. C’est peut-être trop de temps en temps, mais ça donne un aspect de jeu au film.
L’histoire en elle-même pourrait être un jeu vidéo, si on ajoute aux scènes d’action le scénario du film : Jupiter n’a rien demandé, elle doit franchir des étapes pour parvenir à son but final, doit aller par ci par là pour récupérer tel objet pour continuer son aventure, et doit combattre les trois enfants de la Reine qui s’apparentent à des « boss », des champions, de fin de niveau (le premier enfant est presque facile, le dernier est très complexe à battre).
D’autre part, tous les décors (les villes de l’espace, l’espace en lui-même) sont aussi détaillés que peuvent l’être les scènes d’action. Et avec la 3D, c’est encore plus marquant, rien que pour la profondeur qu’elle nous offre.
Le film comporte quand même des points négatifs : la musique par exemple. Elle est là, elle est présente, mais elle ne nous emporte pas assez dans l’action. On aurait apprécié une meilleure musique, à l’image de ce qu’il se passe à l’écran !
Il y a aussi ce côté Disney qui peut décevoir : Jupiter, à l’image d’une princesse Disney, tombe amoureuse de Channing Tatum (qui l’aide dans sa quête), et comme c’est son premier amour, elle est persuadée que c’est le bon etc… on tombe dans le cliché.
On peut saluer la performance des acteurs, Mila Kunis pour Jupiter, Channing Tatum, Sean Bean ou encore Eddie Reydmane - qui joue Stephen Hawking dans une Merveilleuse Histoire du Temps – et qui est de loin celui qui joue le mieux dans ce film.
Pour conclure, ce film est à double tranchant : soit on l’aime, soit on ne l’apprécie pas du tout. Déjà, si vous n’aimez pas la science-fiction, passez votre chemin. Ensuite, il faut le prendre au second degré, sinon on perd tout l’aspect à la fois comique et léger du film, et ça en devient lourd et franchement moyen.
Aglaé Veillet