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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Le Fils de Saul

Publié par Coline Percie du Sert sur 27 Novembre 2015, 07:24am

Le Fils de Saul

Auswitch-Birkenau, Octobre 1944. Alors qu'une révolte couve dans le camp, Saul Ausländer (Géza Rohrig), membre des Sonderkommandos (groupe de prisonniers forcés d'assister les nazis dans leur processus d'extermination), découvre le cadavre d'un garçon qu'il identifie comme son fils; Dès lors, il se battra pour offrir au corps une digne sépulture.

J'ai découvert Le Fils de Saul lors de la création de la bande annonce du festival du film slovaque et j'ai tout de suite eu envie d'aller le voir. Ce film, le premier long métrage de László Nemes, a remporté le Grand Prix du festival de Cannes, ce que je trouve vraiment mérité. Le réalisateur a pris le parti de ne montrer que Saul et, de ce fait, la caméra le suit littéralement : le dos de Saul et son visage sont au centre de quasiment tous les plans, sauf ceux où l'on suit son regard. De ce fait, la dernière scène, qui suit un autre personnage, laisse penser qu'une page de l'histoire vient de se tourner. Ainsi, l'image ne nous met pas en face de l'horreur, puisque Saul s’arrête devant les chambres à gaz. De plus, l'arrière plan est souvent flou, on ne distingue pas bien ce qui se passe. Cependant, le film ne censure pas non plus la monstruosité des actes commis en ces lieux lors de la seconde guerre mondiale. La lumière et les couleurs instaurent une ambiance sombre. Le noir est omniprésent, et le film commence d'ailleurs par un écran noir. Puisque l'image ne montre pas grand chose, le son s'en charge, et le mélange d'ordres en plusieurs langues, de cris, de flammes, de portes qui claquent et de coups permet une reconstitution de ce qui se passe en hors champs assez précise. Le montage aussi est au service du sentiment d'insécurité, en alternant scènes relativement « calmes » et scènes commençant par un gros bruit (j'ai sursauté deux ou trois fois durant la projection). Par ces partis pris, László Nemes a réussi à montrer l'inmontrable, en focalisant son film uniquement sur Saul. Ce n'est pas un documentaire malgré la précision quasi chirurgicale des détails historiques, mais ce n'est pas non plus un film s'embourbant dans le pathétique. Un film très intéressant en tout point.

Coline Percie du Sert

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