Sorti en août 1984, Les Nuits de la pleine Lune est un film réalisé par Eric Rohmer. Ce dernier s'est inspiré d'une phrase, citée au début du film : " Qui a deux femmes perd son âme, qui a deux maisons perd sa raison " pour réaliser l'intrigue de son film, qui tourne autour de Louise (Pascale Ogier), une jeune femme habitant en banlieue parisienne avec son ami Rémi (Tchéky Karyo), avec lequel elle a une relation spéciale, ne partageant pas vraiment les mêmes centres d’intérêt. Entre également un autre personnage fantastique : le personnage d'Octave, interprété par Fabrice Luchini, qui est le meilleur ami, également amoureux de Louise.
Très peu de personnages, dans une ambiance souvent sombre, car tout a été tourné en pleine nuit ou au petit matin, rendent l'atmosphère du film déjà particulière. L'ancien modèle pelliculaire renforce également la sensation d'être un spectateur indésirable dans la vie de Louise. Constamment, nous sommes pris d'un sentiment de compassion envers le personnage principal, et la technique de filmage a une énorme part d'importance dans ce sentiment.
En effet, la plupart des plans sont des plans américains, ce qui, d'après moi, instaure un regard encore plus humain envers les acteurs. Contrairement aux films récents où les plans s’enchainent avec une rapidité parfois répétitive, dans ce film, la plupart des plans sont très longs, néanmoins cela n'enlève en rien le charme du film. Rohmer utilise une autre technique, qui est utilisée plus d'une centaine de fois dans son film : la technique de panoramique, ce qui encore une fois, accentue considérablement la proximité entre les spectateurs et le film. Cela rajoute encore une fois un côté " humain " dans le regard, comme si l'on pouvait juste tourner la tête et observer ce qui se passe dans la pièce. Ce mouvement, imité donc par le panoramique, permet à la réalisation de certains spectateurs : découvrir le hors-champ.
Un autre point qui a de l'importance à mes yeux : les dialogues. Ils sont d'une richesse incomparable, avec un vocabulaire plus que varié. Les mots choisis sont tous des éléments qui apportent un plus remarquable à la qualité déjà bien élevée dans le cinéma.
Ce film peut paraître long, mais il est très condensé tout en étant lent, ce qui crée une contradiction maitrisée à la perfection. Le jeu des acteurs est hautement correct, les décors sont trouvés de manière à affecter le film, de la même façon que l'intrigue.
Donc, même si c'est complètement prétentieux d'attribuer une note, je mettrais un 8/10, car il s'agit d'un très bon film, qui manque très légèrement de rythme et d'ambiance sonore.
Audibert Henri