Nominé au césar du meilleur premier film, Nous trois ou rien a été réalisé par Kheiron qui est aussi le personnage principal. Ce film autobiographique raconte la fuite de ses parents d’Iran pour venir en France. Kheiron incarne le rôle de son père Hibat et Leila Bekhti celui de la mère Fereshteh. Ce film dénonce une réalité brûlante: la situation précaire en Iran. Le couple fuit la dictature et tente de s’intégrer à un nouveau pays. Jonglant entre le tragique de la situation et une touche d’humour, Kheiron tente de détendre la tension du film et fait rire pour le rendre plus accessible. Emprisonné pour sa rébellion face au Shah d’Iran puis déménageant avec sa femme et son fils pour se cacher des autorités, la situation précaire met en péril la petite famille qui décide de partir en France. Ils sont obligés de frauder aux douanes, de marcher longuement dans le froid et de se séparer pour finalement arriver à Paris. Là-bas, une vie en HLM les attend. La famille s’adapte à sa nouvelle vie, à sa nouvelle langue et va tirer le quartier vers le haut en instaurant une fraternité entre les habitants, des rencontres…
Un film sur l’immigration où Kheiron ouvre les yeux aux pays riches, demandant par ce film qu’on ouvre les portes aux immigrés et qu’on cesse de les rejeter. Et surtout, un film plein de vérité car cette histoire est vécue par des gens tous les jours. Enfin, Nous trois ou rien pour dénoncer les chefs de pouvoir en Iran qui règnent en appliquant un régime strict. Ce film aux multiples facettes inculque aussi les notions de partage, d’amour d’une famille qui ne se séparerait pour rien au monde.
La scène que j’ai trouvée la plus émouvante mais aussi choquante est lorsque Hibat est prisonnier. Les gardes rassemblent les prisonniers et les appellent un par un pour leur donner une part de gâteau à l’occasion de l’anniversaire du Shah. Hibat refuse la part de gâteau et il est enfermé dans une petite pièce à part pendant plusieurs mois. Chaque jour, des gardes viennent pour le frapper pour qu’il mange le gâteau, ce qu’il ne fera jamais. Cette scène montre l’acharnement des dictateurs et la violence de leur règne.
J’ai adoré ce film pour cette dénonciation d’une réalité dure et pour l’humour qu’utilise le réalisateur. Je le recommande vivement car, malgré son sujet sérieux, ce film sait rester léger et agréable tout en donnant une morale.
Margot Edmond

