Ce film aurait pu être un documentaire mais Andreo d’Ambrosio a décidé d’en faire un film à partir de cette histoire vraie et émouvante: celle d’une jeune femme abandonnée par sa mère et délaissée par son père et son petit ami, qui va trouver un travail illégal pour gagner de l’argent et quitter l’Italie. Elle va peu à peu se lier d’amitié avec une collègue plus âgée et elle aussi en détresse, Gladys.
Il n’y a aucune longueur, même si l’intrigue met un peu de temps à démarrer: les relations entre les personnages sont claires rapidement mais on se demande si Rosa va faire autre chose que travailler illégalement. Mais non! Sa vie est monotone et le réalisateur le montre par la répétition d'images identiques (dans l'atelier de couture où l'on voit les femmes, à leur besogne éprouvante). Les relations qu’entretiennent Rosa (Chiara Baffi) et Gladys (Antonella Morea) pour essayer d’être heureuses malgré leurs difficultés sont vraiment touchantes ; une fois qu’elles se sont rencontrées, on comprend très vite qu’elles vont se «serrer les coudes».
Les plans rapprochés sur les visages des acteurs montrent qu’ils sont renfermés sur eux-mêmes, et qu'ils ont des difficulté à sortir de leurs problèmes, à les gérer, on voit bien qu’ils ont peu d’espoir au début. C’est la misère dans ce village, le spectateur a l'impression qu'il n'y a aucune issue pour les personnages.
On remarque cependant que l’effet spécial de la fin manque de réalisme (car A. Ambrosio manquait de moyen), et alors que cette scène aurait pu encore plus nous bouleverser, on est déconcentré par cela. La chute de l’histoire rattrape bien ce petit raté, c’est une chute ouverte qui nous permet d'imaginer notre propre suite.
Au final, c'est un film plutôt bien, qui dénonce les conditions de travail de certains ouvriers qui existent aujourd'hui encore en Europe dans des ateliers illégaux. A regarder si vous n'avez rien d'autre sous la main, ou si vous voulez apprendre italien!
Alice LECUIT
