Ma vie de courgette, c’est le premier long métrage de Claude Barras. Ma vie de courgette, c’est un film d’animation réalisé en stop motion. Ma vie de courgette, c’est une adaptation libre de Autobiographie d’une courgette, roman de Gilles Paris.
Courgette, c’est comme ça que Maman l’appelle, Maman qui vacille entre deux canettes de bière lancées au sol. Courgette, c’est celui qui s’empresse de les ramasser afin d’en faire des constructions, mais que peut-on construire dans une détresse pareille à la sienne ? Mais où donc Papa est parti ? Courgette, c’est celui qui va découvrir le bonheur, l’amour, les supers copains, la douceur de vivre. Mais avant cela, il y a un douloureux parcours qui l’attend…Courgette, c’est celui qui doit intégrer un foyer, c’est celui qui se cache derrière un mutisme persistant. C’est celui qui doit également faire face aux traditionnelles moqueries pendant son intégration, après quoi il découvre les différentes manières qu’ont les autres de se protéger du désespoir. Et c’est ensemble que ces enfants indésirables, témoins de la cruauté du monde, vont tenter de réaliser l’impossible : se reformer, apprendre à ouvrir leur petit cœur (qui est tout compte fait si large, si vibrant).
A la manière de ce que j’ai pu ressentir dans le film de Charles Laughton La nuit du chasseur, tout est vu et observé à hauteur d’enfant, et nous devenons nous aussi quelque part ces petits en quête d’une renaissance, d’un besoin d’aimer et d’être aimé… c’est d’ailleurs sûrement pour cela que chaque nouveau décor provoque l’émerveillement et l’emballement des sens. Les personnages sont d’une grande justesse et extrêmement touchants dans leur comportement, dans leur manière de survivre, de continuer à y croire. Les décors sont merveilleux, la musique et surtout les couleurs jubilatoires. L’humour est omniprésent, le langage cru, poétique et décomplexé des dialogues nous fait du bien, on aimerait décortiquer chacune des interventions des personnages mais la magie opère et nous ne contrôlons plus rien. On parle de deuil, d’abandon, de misère sociale, des rapports entre enfants et adultes, d’empathie, de la maltraitance, de la cruauté enfantine, sans lourdeur, sans faux-semblants et le monde nous a rarement paru aussi juste. Alors que le roman s’adressait plutôt aux jeunes adultes et aux parents, Claude Barras a souhaité que l’adaptation en film d’animation permette d’ouvrir Ma vie de courgette au public enfantin.
La technique de réalisation est considérable : confection des décors, des marionnettes, des costumes, tournage image par image au rythme de moins de 3 secondes de film par animateur et par jour, assemblage des prises sur fond vert sur les différents décors. Le parti-pris du réalisateur me parait intéressant mais attention à ne pas vouloir y emmener des enfants vraiment trop petits : pourquoi vouloir les asphyxier en les plongeant dans cette réalité lorsqu’ils n’ont eux-mêmes peut-être pas totalement conscience de ce qui constitue la leur ?
Ma vie de courgette, c’était le 19 octobre mais ne vous inquiétez pas, il n’est jamais trop tard…surtout lorsqu’on est un enfant...
Apolline Gille 
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Extrait du film "Ma vie de Courgette" La Boom
Extrait du film "Ma vie de Courgette" La Boom
https://www.youtube.com/watch?v=bOZ3q16tLlQ&feature=youtu.be