Tim Burton renoue enfin avec le succès avec ce long métrage de 2 heures nommé Miss Peregrine et les enfants particuliers en France et Miss Peregrin's home for particular children de son vrai nom. Alors, succès mérité ou pas ?
Ce film raconte l'histoire d'un jeune homme, Jacob, 16 ans, qui, pendant toute son enfance, a écouté les récits que lui racontait son grand-père, Abraham Portman. Peu après, ce dernier meurt devant les yeux de son petit-fils dans des circonstances étranges. Jacob va donc partir en compagnie de son père sur l'île de Cairnholm au large du Pays de Galles sur laquelle son grand-père avait passé son enfance dans un orphelinat, avec pour seule consigne une vieille lettre, dont l'émetteur était Miss Peregrine. Jacob veut comprendre ce qu'il s'est passé là-bas, et peut-être retrouver les enfants particuliers qui représentaient l'entourage de son grand-père. Une fois sur l'île, le jeune homme trouve de nouvelles photographies, ainsi que l'orphelinat, et peu à peu, va démêler les fils du passé.
Le film est tout d’abord servi avec un casting aux petits oignons avec une Eva Green, dans le rôle de Miss Peregrine, excellente. En effet le côté oiseau de son personnage est très bien travaillé sans être non plus caricatural. Seul bémol au niveau des acteurs, on a un Samuel L Jackson dans le rôle du grand méchant qui en fait un peu trop, ce qui est, soit dit en passant, peu étonnant. Néanmoins, ce côté quelque peu caricatural du méchant se marie bien avec l’univers de Burton et qui n’est pas sans rappeler Beetlejuice.
Le scénario est quant à lui quelque peu plus léger et bancal. En effet, toute l’histoire tient sur une pseudo vengeance et une quête de vérité qui ne sont pas révolutionnaires. Néanmoins, le plus dérangeant est le développement des personnages qui est, disons-le, réducteur et parfois insignifiant. Je pense notamment à Barron qui est, certes comique et plutôt charismatique, mais qui n'a qu’un seul trait de personnalité, celui d’être un savant fou. On ne peut cependant pas blâmer l’équipe de tournage puisque ce film est l’adaptation d’un livre du même nom. Cependant, le point le plus dérangeant du film est son héros. En effet, c’est un héros tout ce qu’il y a de plus banal, qui n’a pas véritablement d’évolution. Il commence comme adolescent banal et finit en adolescent banal, pouvant voir des monstres et ayant une petite amie. De plus, ce héros fait tellement déjà vu. En effet, on nous expose un adolescent manquant de confiance en lui, n’ayant jamais connu l’amour et qui découvre qu’il est en fait unique. Aussi, l’histoire d’Amour entre Jacob et Emma a déjà été vue des milliers de fois. Effectivement, il s’agit d’un idylle impossible que la fille refuse d’admettre jusqu’à la fin du long métrage. De plus, le dénouement de ce problème était vraiment téléphoné et cliché à souhait.
Si le fond du film laisse quelque peu à désirer, c’est sa forme qui le sauve. En effet, le jeu sur la lumière et les contrejours est magnifique. Les effets spéciaux sont très fluides et suffisamment dosés pour ne pas être indigestes, ce qui aurait pu être le cas compte tenu du nombre de possibilités offertes par un tel scénario. On sent vraiment la patte de Tim Burton dans ce film et il y avait longtemps que le réalisateur n’avait pas fait de film où il laissait un tel libre cours à son imagination. De ce fait, l’univers fantaisiste est plutôt rafraichissant et amusant. Un autre bon point du film est son humour subtil et utilisé avec parcimonie, ce qui permet de conserver tous les enjeux du film sans qu’il ne soit trop sérieux. Enfin, le long métrage présente plusieurs niveau de lecture : un plutôt simpliste qui présente un film niais sur l’imagination et l’invitation au voyage; un autre, plus subtil, sur l’acceptation des différences, le racisme et l’intégration.
De ce fait, Miss Peregrine et les enfants particuliers est un film plutôt rafraîchissant ou l’on ne s’ennuie pas une seconde, à condition de ne pas trop prendre au sérieux le film. Le long métrage est donc, selon moi, une mauvaise histoire très bien racontée, un petit peu à la manière d’une histoire que l’on écoutait pour s’endormir petit.
Gabriel Gramatikoff
