
Ce film éblouissant retrace le parcours de Chiron, un jeune homme qui vit dans un quartier difficile de Miami et qui a du mal à s'affirmer, se posant beaucoup de questions sur son identité et notamment sur son orientation sexuelle.
Le film est divisé en trois parties : on voit d'abord Chiron enfant (incarné par Alex R. Hibbert) puis vers l'âge de seize ou dix-sept ans (Ashton Sanders) avant de le retrouver jeune adulte (Trevante Rhodes). Vivant avec sa mère toxicomane, il est extrêmement introverti et a du mal à se trouver. Ceci ressort parfaitement dans le jeu de ces trois acteurs qui livrent une performance remarquable ; la sensibilité qu'ils apportent au personnage m'a beaucoup touchée. On s'y attache très vite et on prend plaisir à le voir évoluer. Les nombreux plan-séquences nous permettent d'apprécier les magnifiques images qui nous sont offertes ; cette lenteur ainsi que le travail de la lumière contribuent à mettre en valeur le jeu des acteurs à travers le visage de Chiron. Le son est très épuré, l'absence de musique permet de se concentrer sur les sons d'ambiance ajoutant de la vraisemblance au film et marquant un peu plus la brutalité voire la violence de certaines scènes. C'est cette simplicité qui réussit à toucher le spectateur.
Moonlight est un film qui présente avec beaucoup de pertinence la question de l'amour comme étant plus importante que celle de l'orientation sexuelle. Chiron arrive grâce à Kevin, son ami d'enfance, à répondre à cette question du fait de leur relation singulière. J'ai aimé la simplicité et la subtilité dont a fait preuve le réalisateur Barry Jenkins, ces éléments ajoutent une dimension poétique au monde rude dans lequel vit Chiron.
Un film à voir absolument !
Agata Kazmierska