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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Et les mistrals gagnants

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 11 Avril 2017, 21:08pm

Catégories : #Documentaire

Et les mistrals gagnants

La réalisatrice Anne-Dauphine Julliand, journaliste de presse, nous fait vivre, à travers ce premier long-métrage, 1h19 de bohneur.

Tout est parti d’un projet de crowfunding et d’une – malheureuse – expérience personnelle. Anne-Dauphine Julliand, la réalisatrice, avait une fille, Thaïs. Atteinte d’une maladie inguérissable, Thaïs a quitté notre monde il y a quelques temps déjà. Et c’est grâce à sa fille que Et les mistrals gagnants a vu le jour, par la volonté de cette mère de nous faire apprécier chaque instant, chaque moment de bonheur. Cette volonté de nous partager ce que peuvent vivre ces enfants, malgré leurs maladies.

Nous suivons donc Ambre, Camille, Charles, Imad et Tugdual. Ces enfants, qui ont entre six et neuf ans, issus de différents milieux (géographiques et sociaux), ont chacun une personnalité bien à eux.

La réalisatrice nous emmène dans leur monde, pas toujours facile. Mais c’est sans compter la place de la caméra, s’abaissant à hauteur d’enfant, qui reste discrète et sait se faire oublier par les enfants. Les rires surpassent les quelques instants de tristesse et ces « petits bouts de vie » vivent dans l’instant, et nous partagent des moments de bonheur intense.

Le film traite d’un sujet parfois tabou, la mort. Elle est ici abordée par les enfants, avec la maladie infantile, sans aucun complexe de leur part. De ce fait, il suffit de quelques commentaires innocents tel que « Il n’y a que quand je serai mort que je ne serai plus malade» pour nous faire couler quelques larmes.

J’ai vraiment bien aimé certaines séquences du quotidien, drôles, de par leur simplicité et leur humour d’enfant, telle que la séquence de la partie de Dobble !

Le montage reste quant à lui agréable et laisse vraiment le temps à la caméra de faire des plans « aérés ».

Le documentaire est accompagné tout du long par la célèbre chanson de Renaud, dont le film porte également si bien le nom. Quant aux paroles, elles prennent tout leur sens à la toute fin du film…

« Le temps est assassin et emporte avec lui
Les rires des enfants et les mistral gagnants
Et les mistral gagnants… »

Ces quelques paroles résument donc parfaitement Et les mistrals gagnants : malgré leurs rires, ces enfants finiront inévitablement par quitter notre monde, sans que l’on puisse rien faire. Comme le dit si bien Camille, « quand je serai mort, je ne serai plus malade ». Ce même Camille dont on apprendra plus tard qu’il a définitivement quitté notre Terre.

Ces enfants font preuve d’une joie de vivre qui nous incrimine de nous plaindre pour si peu de chose.

Arrêtons donc de nous apitoyer : ces enfants sont atteints de maladies incurables, et pourtant, ne se plaignent (presque) jamais… Marche-t-on sur la tête? Je vous le demande. Ce documentaire est une ode à la vie, au bonheur. Allez-voir cette formidable leçon de vie, Et les mistrals gagnants.

Et comme le dit Tugdual, « Quand on est malade, ça n’empêche pas d’être heureux. »


Armand Paris

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