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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


DJANGO

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 7 Mai 2017, 19:43pm

DJANGO

Django est un film biographie coécrit, coproduit et réalisé par Etienne Comar. 

En 1943, alors que la France est occupé, le guitariste de jazz Django Reinhardt tente de fuir la répression nazie. Il tente de quitter la France en passant par la Suisse. Il séjourne un temps en Savoie et en Haute-Savoie, notamment à Thonon-les-Bains. On se concentre ici seulement sur un petit bout de sa vie ( environ 5 ans, avec quelques flashbacks ).

Ce film est le parfait exemple pour illustrer un avis mitigé. En effet, il n'est pas mauvais, ni bon, et cela, à tous les niveaux. 

La sobriété est l'adjectif phare de ce long-métrage. Effectivement, qu'il s'agisse de la mise en scène, du scénario ou encore de l'image, nous ressortons de ce film sans avoir été marqué par quoique ce soit. Les couleurs sont neutres, elles sont agréables et tirent vers les couleurs chaudes, souvent un peu estompées par la fumée de cigarette, le brouillard ou encore les lumières tamisées.  

L'atmosphère est très pesante, il s'agit peut-être d'un parti pris cinématographique qui retranscrirait avec brio les longs mois passé en Suisse pour se cacher du nazisme. Cependant, en tant que spectateur, c'est la même sensation que l'ennui profond que nous ressentons. Effectivement, il est facile parfois de sortir du film, de s'égarer spirituellement afin de penser à sa propre vie... Mais finalement, retranscrire le réel/ une "réalité" même si il s'agit de fiction, semble faire partie de la nouvelle vague cinématographique du moment. Faut-il donc faire souffrir les spectateurs pour rendre compte d'un fait ? 

De plus, le jazz manouche, synonyme de rythmiques affolantes et de danses enivrantes est ici dénigré par les nazis. Pas le droit de s'amuser. De ce fait, nous nous retrouvons dans un entre deux, nous tapotons du pieds, et nous nous rongeons les ongles, ce qui nous soumet à une tension et à une grande frustration, telle que dans le film. La musique est donc ici à écouter sous un autre angle, comme si l'apprécier et reconnaitre le génie de Django était un crime...

 

Quelques clichés sont cependant détournés. Effectivement, ici, les nazis ne sont pas les seuls méchants, mais d'autres personnages le sont aussi, ce qui renforce la crédibilité de cette biographie. Or, les dialogues sont parfois un peu surjoués, ou bien seulement trop grossiers...

La vision du nazisme et de la France selon Comar ressemble stylistiquement à celle de Tarantino dans Inglorious Bastard,  cette période de guerre est très esthétisée, tout semble parfait, les belles maisons, les beaux brushings, la belle blonde ( Cecile de France en plus, pour faire cliché...) . De ce fait, on se croirait dans un blockbuster américain qui tire vers l'indépendant... étrange...

 

Quelques images fortes, tout ce côté bouillonnant de cette France occupée et la montée du nazisme fait pondre quelques belles images avec comme élément prépondérant le feu, mais aussi l'eau agitée, la neige meurtrière, tout paraît un peu angoissant. Néanmoins, des images inutiles sont aussi remarquables : des rideaux qui s'ouvrent, des plans du lac Léman; trop de longs plans qui n'apportent rien à l'avancée du film, ou du moins, qui appuient l'idée de longueur...

 

En bref, entre nouvelle vision du cinéma et film pesant, il est difficile de se situer, mais une chose est sûre, c'est qu'on en sort un peu plus cultivé, mais surtout avec le moral à zéro. 

 

Manon Bical

 

 

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