Black Panther, la dernière adaptation cinématographique des studios Marvel des comics du même nom, est enfin sortie le 14 février 2018 en France et fait un certain effet durant 134 minutes.
Ce film est réalisé par Ryan Coogler avec Chadwick Boseman dans le rôle de T'Challa et donc de la panthère noire; Micheal B. Jordan, dans le rôle de "Killmonger", accompagnés d'autres grands d'Hollywood tels Danaï Gurira, Martin Freeman ou encore Andy Serkis jouant un méchant attachant, explosif et déjanté, un rôle lui allant à la perfection. Il relate l'histoire de T'challa, fils du roi du Wakanda. T'Challa se retrouve plus ou moins de son plein gré roi du Wakanda suite à l'assassinat de son père lors d'un congrès de l'ONU (évènement visible dans Captain America:Civil War). Il doit alors assumer les conséquences des erreurs de son père et de tous les rois précédents. Ryan Coogler nous donne à voir un Wakanda technologiquement très avancé et riche, ne dépendant de personne et dont la situation est inconnue du monde; autrement dit, il nous offre à travers l'exemple fictif du Wakanda, sa vision de l'Afrique si les pillages et autres colonisations n'avaient point eu lieu. L'Afrique est célébrée, à l'inverse de ce que l'on a l'habitude de voir à Hollywood, elle apparaît puissante autonome et alliant modernité et traditions. De plus, le traitement des personnages est complexe, plus crédible et plus varié que la majorité des rôles noirs que l'on voit à l'écran de nos jours. L'écrasante majorité du casting étant noire, on peut noter une évolution très positive dans une industrie d'Hollywood où les discriminations raciales et clichés sont très, voire trop, récurrents et exploités. C'est donc un point de vue très engagé pour le réalisateur qui n'hésite pas à aller au bout de ses idées et nous dévoile un parti pris pouvant rebuter mais tout à fait logique et compréhensible.
Une des réussites de ce Marvel est de ne point tomber dans le manichéisme total grâce à des personnages tels W'kabi, responsable des frontières n'appréciant pas l'immigration venant du reste de l'Afrique que connaît le Wakanda. Coogler choisit de parler plus ou moins explicitement de nombreux sujets, le panafricanisme, le colonialisme, la diaspora noire, ceux qui dérangent donc autant pour les noirs que pour les blancs. On pourrait dire que Black Panther est une allégorie de la question noire. Il balaye aussi des sujets plus classiques: l'héritage ou la filiation... La bande son de Black Panther est remarquable et se partage entre des sonorités africaines, du hip hop américain, de quelques instrumentations occidentales et un savant mélange de tout cela nous permet de profiter pleinement, un grand bravo aux compositeurs que sont Ludwig Göransson et Kendrick Lamar (entre autres). Black Panther possédant des visuels moins spectaculaires (exceptés quelques plans du Wakanda tout simplement magnifiques, bien que sûrement retouchés), il se rattrape sur les questions qu'il soulève, sur la réflexion qu'il nous apporte durant mais également après son visionnage avec de nombreux débats possibles. Un autre élément manquant ou moins présent, volontairement cette fois, est la dose d'humour bien plus restreinte que ses petits camarades du Marvel Cinematic Universe. Cela donne un caractère plus sérieux et sombre à un film assurant une transition avec Avengers: Infinity War, le film sensé renverser tout le MCU et le plonger dans un désespoir profond.
Au final, Black panther est un Marvel assez rafraichissant grâce en partie à de nouveaux personnages et un nouveau cadre, il n'est pas toujours du grand cinéma mais reste divertissant et plaisant à regarder, soit tout ce qu'on demande pour un Marvel.
Luca Podsiadlo TES2
