Girl est le premier film de Lukas Dont, jeune réalisateur flamand, relatant la transformation d’un adolescent de 15 ans en fille. Un sujet délicat qu’il aborde d’ailleurs avec sensibilité. Ce long métrage d’environ 1 heure 40 a été vu pour la première fois au Festival de Cannes 2018.
Lara, né garçon, souhaite changer de sexe et devenir danseuse étoile.
Son père à ses côtés, ce personnages va commencer la longue quête de son « soi-même ».
Quand le film commence; Lara passe des auditions afin de rentrer dans une école de renommée en Belgique. Entre adrénaline et moqueries cette future jeune femme s’y perd un peu et le spectateur aussi. Cette histoire engagée dont le sujet est très touchant aurait méritée plus de finesse et plus, peut-être, d’explications à certains moments. On sent qu’après une heure, le film s’essouffle dans son exploration du sujet et les fragilités que l’on y ressent, comme l’on pourrait en ressentir dans les premiers films de Xavier Dolan, sont un peu dérangeantes. Durant 1 heure 40 les caméras restent « braquées » sur Lara et sur son envie urgente de devenir quelqu’un d’autre, sans une pointe de fantaisie; comme si nous étions dans la tête du personnage ce qui, à certains, pourrait plaire ou à d’autres, déplaire fortement. Durant 1 heure 40 nous sommes aux rendez-vous médicaux de Lara, chez elle, dans sa voiture, à la danse…bloqués dans son esprit où milles et unes questions se posent, où milles et unes envies vont et viennent, où milles et unes choses non dites persistent et le film devient vite oppressant. En revanche, au niveau des plans, la technique est remarquable propre et agréable.
Ce rôle (Lara) magnifiquement bien porté par Victor Polster nous laisse malgré tout sur notre faim. Plusieurs choses sont laissées en suspens et d’autres racontées avec trop de simplicité tout comme la fin assez violente et très simple à la fois.
Le sujet de ce film attire beaucoup mais le fond est trop « superficiel » compte tenu de tout ce que l’on peut dire ou ressentir lorsque l’on évoque ce sujet qu’est le changement de sexe et l’acceptation de sa famille face à ce changement, la quête d’identité ou encore le sentiment de non-appartenance à son corps.
Chiara Gardoni


