Première note personnelle : je ne suis pas fan de la saga Harry Potter.
Deuxième note personnelle : je suis un grand fan des Crimes de Grindelwald.
Suite du commencement : la saga des animaux fantastiques continue, toujours dirigée par David Yates, toujours écrite par JK Rowling, toujours mise en musique par James Newton Howard, et je passe les acteurs où wikipedia vous renseignera mieux que moi.
Ce deuxième épisode, (beaucoup) plus sombre, est bien simple : bon nombre de défauts que j’avais remarqué dans le premier opus ont disparus dans ce second : les acteurs que je trouvais dérangeant, l’humour anglais niais beaucoup trop présent, la noirceur et la mise en scène de Yates trop remisée au second plan, le développement historique et politique trop bâclé.
Ce second film prend de la hauteur, de la réflexion, s’autorise l’incrustation du monde de la magie dans l’Histoire de l’Humanité. Plusieurs personnages sont introduits (certaines mauvaises langues diront trop), ce qui rend un film complet, bluffant dans le développement de toute ces lignes scénaristiques. Le film ne nous perd pas pour autant : le scénario rappelle subtilement les différents personnages, avec un peu d’intention, on comprend globalement tout.
Le film nous emporte, avec une caméra que l’on peut reprocher trop brusque et épileptique, dans la virtuosité de Yates, dans ses grandes envolés lyriques (oui, la beauté de ses visuels devient quasiment musicale), où il profite des avancés visuels pour balader sa caméra dans les différents décores…
Et quels décores ! Le film nous transporte d’endroit en endroit, de pays en pays, de lieux en lieux, où chaque décore impressionne de sa grandeur, de sa beauté, de son immensité.
Je n’aurais que deux points sombres à reprocher au film : le premier est que le film est visuellement trop sombre : même sur un écran de cinéma, il nous faut par moment quasiment plisser les yeux pour admirer les décors : gênant tout de même.
Le deuxième point, et qui pour le coup me déçoit vraiment, ce sont les musiques. Il faut savoir que j’adore le travail de Newton Howard sur des sagas comme Hunger Games, The Dark Knight, ou encore le film I’m Legend. Mais là, c’est décevant : en sortant de la salle, les seuls thèmes marquants sont les deux leitmotivs principaux des Animaux Fantastiques : celui qui apparait lors du titre (sans doute un 7/4) et le thème plus doux (repris au piano à la fin de la BO). La bande originale issu du film nous apprend qu’il y a un thème pour Dumbledore et un pour Leta (je dois être sourd car ils ne m’ont absolument pas marqué quand j’ai vu le film). Je n’ai pas non plus entendu de leitmotiv pour Grindelwald… Dommage. J’ai l’impression que le travail est juste de premier plan : les musiques suivent l’action. Mais d’un grand compositeur comme Newton Howard, je m’attendais à plus de profondeur, plus de subtilité, et l’écoute de l’album est donc très complexe, aucun développement de thématique, les musiques ne s’enchainent pas, on passe d’un univers à un autre sans logique autre que le suivit chronologique du film (alors qu’une BO peu, pour éviter une écoute trop hasardeuse, ne pas tenir compte de l’ordre des musiques dans le film…). Le seul thème vraiment marquant (qui aurait mérité un plus grand développement) dans le précédent film (« The Obscurus ») n’est pas repris. Un point positif tout de même : l’utilisation de chœurs, dans les musiques d’actions comme dans une autre un peu plus sombre qui apparait au début du film, et je n’arrive toujours pas à savoir à quoi cela correspond… Mais vue que ce fameux thème n’est que très peu développé, on reste sur une déception plutôt qu’un grand thème marquant… Pourquoi dans ce film les personnages sont développés mais pas les thèmes musicaux ?
Sinon une très belle surprise, une claque tant visuelle que scénaristique (mais pas musical…) J’ai l’impression que c’est la mode à Hollywood d’étendre les sagas au-delà de ce qu’elles étaient, de les remettre en question, en les ancrant dans une dimension politico-sociale… (au risque de se prendre une attaque de la part des fans coincés dans leur confort… Rian Johnson (star Wars 8) s’en rappelle…) Qui a dit que le cinéma Hollywoodien n’était pas engagé ?
Quentin Marlier
