"La Chute de l'empire américain" est un film québécois écrit et réalisé par Denys Arcand. On y retrouve Alexandre Landry qui incarne un livreur nommé Pierre-Paul, ayant récupéré deux sacs remplis de billets à la suite d'un hold-up dans lequel il n'avait rien à voir. Pour mettre cet argent en sécurité, il fait équipe avec un ex-motard récemment sorti de prison et spécialiste dans le blanchiment d'argent, mais aussi avec une prostituée de luxe, Camille, qu'il à rencontré suite au hold-up.
J'ai trouvé le film très beau dans son image. Les moments avec Camille sont souvent accompagnés d'une courte profondeur de champ ainsi que de couleurs chaudes qui contribuent à rendre l'instant intime. Dans des moments plus importants du film, comme lorsqu'ils cachent l'argent ou encore lorsqu'ils le distribuent pour le blanchir, les couleurs sont plus ternes et une dominante de gris s'installe.
Le scénario n'est pas très complexe mais ça n'empêche pas le film d'être intéressant. Je me suis bien attaché aux personnages, ils ont chacun un caractère fort et atypique. Pierre-Paul est diplômé d'un doctorat de philosophie mais il parait tout de même un peu perdu par moments. Sous ses airs presque naïfs, il s'en sort finalement bien dans son périple. La proximité est facilitée par l'humour du film, les répliques sont cyniques et drôles, le réalisateur a su allier sérieux et légèreté au sein d'une même séquence. De plus les personnages de ce trio assez inattendu sont plutôt complices, l'atmosphère qui y règne provoque l'empathie.
L'argent est évidement au centre du film mais dans un but précis : révéler les enjeux économiques et politiques de notre temps (critique du capitalisme et de la fraude fiscale). Les transferts d'argent tout au long du film entre les différentes personnes accentuent ces enjeux : l'argent régit tout. Tout les niveaux sociaux sont présentés : du travailleur lambda au puissant avocat en passant par le chef de gang mais surtout les sans-abris en même temps présents et effacés dans le déroulement du film. L'argent est montré avec leurs différents points de vus.
Pour revenir aux sans- abris, ils sont présents car Denys Arcand leur consacre des plans à des moments clés du film mais on peut quand même penser que le réalisateur à souhaité les laisser au second plan. La fin du film leur est pleinement consacrée avec des gros plans sur leur visages, nous mettant face à un contraste évident entre ces deux mondes.
La réussite est d'avoir traité le sujet sans lourdeur et avec humour. Je suis sorti de ce film avec un bon sentiment.
Robin Meunier-Jacquin
