L'on ne voit presque que son visage avec des plans aussi oppressants qu'un couloir sombre; et pourtant, nous n'arrivons pas à définir qui peut être cet homme : Arthur. Je ne vous dirais rien, c'est vous qui découvrirez chaque masques qu'il porte. En réalité, il n'est ni un homme, ni un enfant, encore moins un vieillard accomplit. C'est un objet de la société.
Comme on l'est tous.
Le réalisateur, Todd Phillips, n'a fait que reprendre ce mythique sourire rouge et cette chevelure verte, pour ensuite écrire un autre visage d'un personnage tout aussi emblématique. Et qui est l'allégorie parfaite de ce qu'on pourrait communément appeler : la Folie. Todd l'a laisser être à nouveau créé, à travers le corps et l'esprit transformés (par le personnage) de Joaquin Phoenix. L'acteur ne l'a pas joué, il l'a incarné, il l'a vécu, tout comme Heath Ledger dans "The Dark Knight", cependant d'une toute autre façon : Joaquin est la naissance même du JOKER, il est le commencement de tous ceux qui l'on précédé.
Reprenons la Folie : Arthur est fou ? Le JOKER est fou ? Rien de tout cela, ils sont réalistes. Si l'humain était capable de comprendre sa propre race, il est évident qu'il en rigolerait toute son existence. Le monde, la société qu'a érigé l'Homme, est, je reprends le terme, une comédie. Pourquoi serait-il interdit de rire de nos propres désordres et malheurs ? "L'Humour est subjectif." Affirme Arthur. Rire de sa propre mort ou celle des autres et tuer serait un spectacle, puisque, un Homme est capable, au premier degré, de frapper, de se moquer, de dénoncer, ou de laisser crever (oui, crever) un second Homme parmi tous les autres. Alors qu'en réalité : "Nous sommes (tous) des clowns."
Images à la colorimétrie fulgurante, comprenant un nuage de "fumée" (dans la première partie du film) étouffant, atmosphère lourde et hilarante de larmes / changeantes avec l'évolution ou la dégradation du personnage, lumières incroyablement maîtrisées, scènes poignantes accompagnées de cadres et de musiques à affaiblir et à faire vibrer votre corps et votre esprit, un jeu d'acteur dépassant la fiction...
Une fin en un seul mot, résument l'ensemble de ce chef-d'oeuvre : UNE COMEDIE.
Le sourire nous pend à chaque fois aux lèvres mais c'est les larmes et l'absence de mot qui nous vient sur notre unique visage. Notre maquillage ne coule pas, néanmoins, il serait fort probable, que nous sombrons avec le JOKER et dans cette état de réelle Folie, qui est inée par notre naissance même.
Pour communiquer avec Arthur, il faut rire aussi fort et péniblement que lui.
Romane ALAIZE (TL1)
