Un documentaire spectaculaire, réalisé à partir d’images inédites des plus impressionnantes, Apollo 11 nous fait redécouvrir en beauté cet évènement historique des premiers pas de l’Homme sur la lune, en juillet 1969. Ce film est une véritable immersion aux côtés des astronautes et du centre de contrôle de la mission, mais aussi des spectateurs qui, comme nous, suivaient cet exploit avec attention. Il a été réalisé par Todd Douglas Miller, à partir d’images d’archives 70mm recolorées, qui n’avaient jusqu’à présent jamais été dévoilées au public.
D’une durée d’une heure trente-trois, ce film a un rythme relativement lent, tout en restant assez vivant pour qu’on ne s’ennuie pas. Cela permet de restituer le calme et la lenteur qui sont propres à l’espace, en contraste avec l’excitation et le stress de la mission. Les images et le son sont montés de sorte que l’on voie et que l’on comprenne l’importance de certains moments, avec notamment des comptes à rebours lors des décollages et des informations concernant le vaisseau affichés en petit dans les coins.
La musique est d’ailleurs un élément clé de ce documentaire. Signée Matt Morton, elle réussit l’exploit de faire douter le spectateur de la réussite de la mission dans les moments décisifs du film, comme l’alunissage par exemple. Elle accentue le côté épique et important de l’évènement, sans toutefois prendre trop de place sur les autres sons.
Bien qu’il soit un documentaire, il est monté à la manière d’une fiction. Le nombre conséquent d’images prises au moment des faits facilite ce « déguisement » en fiction du documentaire. Il n’y a pas de voix off qui raconte l’histoire, absolument tous les sons et les images proviennent d’images d’archives (bien entendu, le film est en version originale sous-titré). On peut donc suivre ce voyage spatial comme si l’on en faisait partie, en comprenant toute la complexité et l’importance du projet entrepris. Au-delà de l’aspect technique et scientifique, cette mission avait surtout un enjeu politique important. Malheureusement, cette face de la mission est finalement peu abordée, bien qu’on en saisisse globalement les contours : le film étant produit par des entreprises Américaines, le partit prit est celui des Etats-Unis, donc le contexte de la guerre froide n’est pas restitué, comme si tout était parfaitement sous contrôle. En effet, dans le film, les astronautes ne rencontrent que très peu voire pas de problèmes, et semblent maîtriser parfaitement ce qu’ils font. En réalité, la mission fut plus périlleuse et la chance a joué un rôle dans sa réussite.
Certains plans sont des images de journaux télévisés de l’époque (particulièrement les images des civils rassemblés pour assister à l’évènement), cela permet de rendre compte de tout l’aspect social et de l’ampleur de cette réussite à échelle mondiale.
Grâce à des petits schémas animés, la complexité de la construction finale du vaisseau, et la manière dont se sont déroulées les étapes de l’alunissage notamment, permettent de suivre au mieux l’avancée de la mission, et d’en saisir toutes les subtilités. De ce fait, tout le monde peut comprendre et suivre le film sans problèmes.
Que vous soyez passionné d’histoire, de fusées, de cinéma, où bien d’aucun des trois, ce documentaire est une expérience cinématographique fort intéressante, et permet d’en apprendre davantage sur ce véritable exploit qui fêtait cette année, son cinquantième anniversaire.
Taína Jondeau
