Le réalisateur, Cédic Klapisch nous offre une vision assez critique de la société actuelle. Dans "Deux moi" nous suivons Rémy ( Francois Civil), qui se terre dans une solitude et Mélanie (Ana Girardot), enchainant les echec amoureux. Tous deux agés d'une trentaine d'années, voisins, ils vivent à Paris et subissent les prémisses de la dépression lié à la solitude.
Cette dépression sera mise en avant de manière légère avec une bande son douce. Les motifs de cette mélancolie seront élucidés au fur et à mesure du film. En effet, le film commence par une présentation des deux personnages principaux afin de les situer socialement aux spectateurs. La différence sociale entre les deux protagonistes ne sera pas expliquée de manière directe mais avec diverses éléments, tel que leur travail, leur lieux de vie ou leur psychologue respectif à personnalités bien distinctes, créant ainsi un parallèle entre leurs histoires différentes et en même temps se répondant l'une à l'autre dans un ping pong continuel de plans chacun faisant écho au précédent. On retrouve des scènes ou Rémy et Mélanie se croisent sans même se voir, faisant ainsi appel au désintérêt que notre société actuelle place dans la vie au profit du virtuel. On ressent une recherche d'identité, les deux essayant de trouver leur place dans cette ville qui les engouffre. Dans une scène du film, Mélanie prend un bain, on la voit dans un plan large montrant son impuissance face à sa situation affective, on la découvre écoutant une chanson d'amour, de l'autre coté du mur, Rémy, son voisin, entend la mélodie qui l'interpelle comme si elle lui était destinée et l'écoute à son tour. Cela créera sans même qu'il s'en rendent compte, un premier lien entre eux.
Le réalisateur a choisi des couleurs ternes, plutôt froides renforçant cette idée de vie qui balade les deux anti héros sans qu'il puissent la contrôler. Le ciel est gris, les appartements sont sombres avec quelques exceptions comme le bureau de la psychologue de Mélanie qui a un aspect vraiment réconfortant et rassurant, seule la présence de fumée de cigarettes symbolise le flou de ses problemes au sein du cabinet. De même pour le divan sur lequelle elle s'allonge, et qui lui fait tourner le dos à la fenêtre baignée de lumière, pouvant métaphoriser l'espoir qu'elle recherche tant.
Ce film développe cette idée de dématérialisation au travers des réseaux sociaux qui nous sépare d'avantage. On suit et découvre l'impact social sur Rémy et Mélanie qui sont victimes de cet isolement. Cette notion est accentuée par la Capitale, Paris, qui paradoxalement est très peuplée, rendant les personnages principaux impuissants au milieu de cette foule qui les entourent quotidiennement.
Patchen Lou
