Send in the Clowns !
Réalisateur : Todd Phillips
Acteurs principaux : Joaquin Phoenix, Robert Dr Niro, Zazie Beats, France Conroy
Genre : Thriller psychologique
Durée : 122 minutes
On suit dans ce chef d’œuvre l'histoire d'Arthur Fleck, un homme entre d'une trentaine d'année atteint d'une maladie mentale créant des crises de rires incontrôlable et malsaine quand il est stressé, et qui va être petit à petit rejeté par la société pour finalement devenir le clown du cirque dément qu'est Gotham, son Joker.
Le premier bon point du film et pas des moindres, le jeu d'acteur est fabuleux. Mettons fin directement au débat, Joaquin Phoenix et Heath Ledger ne sont pas comparable, le personnage est traité différemment et Joker tourne autour du Joker, il est donc plus développé. Il est évident que la performance de Phoenix est tout simplement magistral. Le personnage est aussi ancien que Batman, et existe depuis les années 40. Des centaines de scénaristes ont apportés leur vision du Joker, et il a une psychologie et une histoire différente pour chacune de ses milliers d'incarnations. Même à l'écran, il a été incarné pas moins de 5 fois. Du clown pour enfants de Caesar Romero dans la série de 1966 à Phoenix, en passant par le bouffon macabre de Nicholson, l'anarchiste psychopathe de Ledger et le chef de gang de Jared Leto. Le Joker le méchant de comics le plus populaire du monde. Pourtant, malgré toute cette pression, l'acteur a réussi à être salué par la plus grande partie des critiques et des fans.
La force du film réside aussi dans son ambiance très particulière, Todd Philipps, qui était avant ce film surtout connu_ pour sa trilogie des Very Bad Trip. Il a surpris tout le monde avec son Joker, qui inquiète carrément le gouvernement américain car il risque d'inspirer plusieurs groupes d'anarchistes et de révolutionnaires, c'est dire sa portée. Le film arrive à nous faire réfléchir et avoir de l'empathie pour un personnage qui pourtant commet plusieurs meurtres. Mais parlons de la mise en scène et d'un élément que je trouve très subtil et intelligent, car autant important pour le personnage que pour le spectateur : la danse. En effet, Arthur à plusieurs endroits et moments durant le film, et à chaque fois qu'on le voit danser, on sait qu'un cap à été franchi. Un cap psychologique d'abord car Arthur perd petit à petit son humanité pour devenir le Joker, et aussi un cap rythmique, le film s’accélérant en même temps que la santé mentale du personnage. Les escaliers que l'ont voit à deux moments du film sont aussi des indicateurs de cette folie grandissante. On voit tout d'abord un Arthur fatigué et sombre les monter avec difficulté, symbolisant sa lutte contre la folie, puis plus tard le Joker qui descend ces même escaliers, sombrant complétement en restant joyeux et coloré.
Ensuite, la musique et le son en général est, comme le reste, calqué sur la santé mentale du personnage. Moins Arthur lutte contre la folie, plus le son est clair et joyeux, la musique plus présente etc... D'ailleurs, le choix de "That's life" et "Send in the clowns" de Frank Sinatra n'est pas anodin. Pour la première la raison est évidente, mais pour la première c'est plus subtil : Quand Arthur finit par comprendre qu'il ne changera pas les gens et se laisse aller à ses pulsions, il se dit juste que "c'est la vie". La lumière suis globalement le même chemin que le son, s'éclaircissant au fur et à mesure que le personnage devient fou. Le film s'achève d'ailleurs sur du blancs, presque aveuglant.
On notera également que le lien avec l'univers du chevalier noir est introduit subtilement et de manière logique, justifiant le nom du Joker. Ce film est, à mon humble avis de fan de comics, le meilleur film de "super-héros" de 2019, le meilleur film de 2019 ET la meilleure adaptation du personnage, inspirée par le grand Alan Moore. Alors pourquoi priver ce film du succès qu'il mérite
