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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Mauvaises herbes, pas tant que ça !

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 1 Décembre 2019, 14:44pm

 

 

Le film « Mauvaises herbes » sorti en 2018, est le second long-métrage de Kheiron après « Nous trois ou rien ».

 

Ce film raconte l’histoire d’un homme, Waël, qui vient d’un pays du Moyen-Orient. Adopté par Monique, une relation unique les unis. Pour vivre, ils arnaquent des personnes âgées. Un jour ils essaient d’escroquer le mauvais homme, Victor, qui se trouvent être un vieil ami de Monique. Alors en échange de ne pas porter plainte, Victor demande à Waël de s’occuper bénévolement pendant une journée d’élèves en difficultés.

Toutefois, cela ne se passe pas exactement comme prévu, Victor n’arrive pas à recruter un éducateur pour les jeunes et Waël trouve un moyen de les faire revenir. Ce qui conduit, Waël à renouveler cette expérience jour après jour. Au fil du temps Waël réussit à gagner leur confiance et tente de leur apprendre des choses concrètes pour la vie.

 

Cette comédie dramatique s’appuie sur une base d’autobiographie.En effet, Kheironfuit l’Iran avec ses parents lorsqu’il est enfant. De plus, alors même qu’il est humoriste et vit de son métier, on lui propose un projet avec des jeunes en difficultés. La journée, il est agent de développement et d’éducation. Le soir, il monte sur scène. Certaines scènes sont donc inspirées de ses expériences.

 

Kheiron,avec sa mise en scène (texte, jeu des acteurs, son, choix des plans, etc.), arrive à trouver le juste milieu entre le sérieux des problématiques abordées et l’humour qui rend ce film légeret émouvant.

 

 

Scène d’ouverture :

Pour accompagner votre lecture et donner encore plus d’impact à cette première scène, je vous invite à écouter la musique d’ouverture de ce film

https://youtu.be/UBfH1ReKRk0?list=PLMSnc7tZrFjzhix3vFMYqGW0TYNOAMT75 ( clique droit, ouvrir

un nouvel onglet ) 

 

Une citation est projetée sur fond noir : « Il n’y a ni de mauvaises herbes ni de mauvais hommes. Il n’y a que de mauvais cultivateurs » Cette citation est de Victor Hugo et elle suggère que toute graine peut devenir une belle plante si l’on trouve le moyen de la faire pousser. Ce propos met déjà le spectateur en réflexion sur un des sujets principaux à venir dans ce film, à savoir celui des enfants en décrochage scolaire.

 

Il n’y a pas d’image, juste du son. Le son illustre un village en train de se réveiller. Puis, nous sommes bercés par cette très belle musique (que vous pouvez écouter avec le lien suggérée ci-dessus). C’est une comptine d’enfant chantée en arabe dont le titre est : « Nami, nami », qui signifie « Nous, nous ». Progressivement, elle commence à prendre le pas sur les sons, jusqu’à ce qu’on se retrouve plongé au cœur d’une guerre. A ce moment-là, la musique recouvre complétement les sons.

Cette scène est tournée au ras du sol, nous ne voyons presque aucun visage, comme-ci on voulait la rendre impersonnelle. Il n’y a pas de son, pas de bruits de tirs, d’explosions ou des cris, etc.

On ne voit pas de sang mise à part une trace sur un drap blanc, qui malgré sa petite taille, laisse imaginer le massacre. Ces choix rendent cette scène très touchante. Le réalisateur explique avoir voulu surprendre en créant du doute : en effet, le spectateur peut se demander s’il regarde le bon film. Cette scène est comme l’incipit d’un roman, elle se veut accrochante et impactante.

 

Tout au long du film

Des Flash-back sont proposés entre l’histoire de Waël et le présent. Toujours subtile, le changement se fait généralement grâce à une réplique.  Par exemple, Monique dit de Waël : « il a de la ressource » et la scène bascule dans le passé où nous le retrouvons enfant, fuyant la guerre et se retrouvant seul, cherchant un moyen de survivre. Ces deux temporalités sont bien distinctes : acteurs, tenues et langues changent pour différencier le présent du passé.

 

Le son est très important dans ce film, autant dans sa présence que dans son absence. Il réveille dès le début nos émotions pour les décupler tout au long du film.

 

Scène de dénouement:

Je vous invite de nouveau à écouter la musique de la scène de dénouement à partir de 1min 06s  https://youtu.be/Phjjf0-Vslc?list=PLJbZUMTF8IHYNCdcSmnnmU0cG0UCaK_j5 ( clique droit, ouvrir

un nouvel onglet ) 

 

Exécutée suivant les mêmes caractéristiques que la scène d’ouverture, la scène de dénouement se joue sur l’air d’une musique entraînante, couvrant les sons et les dialogues. Il y a une alternance entre le présent où Waël est en relation avec un policier, et les flashbacks où on le voit enfant fuyant des hommes qui veulent le tuer. La musique associée à l’image fait monter en crescendo l’intrigue pour finalement nous livrer un dénouement plus que surprenant.

 

Réalisateur aux messages forts, Kheiron nous invite à nous poser des questions et nous pousse à la réflexion.

 

Kheiron nous laisse beaucoup de liberté en ce qui concerne l’interprétation de ce film. Même si, certaines opinions sont visibles comme le fait que la réussite dans la vie ne se résume pas qu’aux résultats scolaires mais beaucoup plus aux expériences.

Ce film laisse suggérer que si la société trouve comment mettre à profit les qualités diverses de chacun, il n’y aurait plus de décrochage scolaire car chacun aura trouvé un domaine qui l’intéresse. En mettant ainsi à profit ses expériences de vie et ses compétences

 

Pour conclure, je dirai que c’est un très beau film porteur d’un message plein d’espoir pour l’avenir. Terminer un film les larmes aux yeux, le sourire aux lèvres est pour moiune des meilleures fins.  Je conseille ce film à toutes les personnes voulant voir les expériences d’une vie forgée un homme touchant et émouvant.

 

 

Lou-Anne STIKER

 

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