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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Lady Bird

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 9 Février 2021, 14:19pm

Lady Bird

Lady Bird est un film réalisé par Greta Gerwig. Ce teen- movie est une Comédie dramatique sortie en 2017. Nous suivons le jeune Christine Mcpherson alias « Lady Bird » (Saoirse Ronan) dans sa quête d’identité face au monde qui l’entoure et plus précisément les attentes de sa mère, Marion McPherson (Laurie Metcalf) avec qui elle partage quelques différents. À l'approche de ses 18 ans, la jeune Lady Bird, cherche à s'émanciper d’un nom, d'une existence, de son école catholique et des valeurs familiales qui lui semblent trop étroites, ainsi que d'une ville qui lui déplait. Vivant avec sa famille à Sacramento en Californie, Lady Bird aspire à un avenir plus ouvert culturellement. Elle espère être admise dans une université de prestige sur la côte Est mais sa famille a des difficultés financières et sa mère ne la comprend pas, lui reprochant régulièrement un comportement d’ingrate. Elle va alors se confronter au monde, à la désillusion et aux échecs et ne pourra compter que sur le soutient partiel de son père et sur elle-même pour réaliser son rêve.

La première image du film est une citation sur fond noir d’une écrivaine Américaine, Joan Didion : « Quiconque parle d’hédonisme californien n’a jamais passé Noel à Sacramento » cette citation fixe directement le mode de pensée de Lady Bird et son avis sur la ville où elle habite. À la suite de cela, nous sommes directement présentés à la protagoniste par un plan poitrine où celle-ci est allongée sur un lit face à sa maman. La mise en scène nous permet de voir et de comprendre la relation quelque peu conflictuelle qui oppose les deux femmes.

La scène de la voiture, quelques plans plus tard, nous plonge dans le cœur de la discorde et face à la ténacité d’opinion de sa mère qui ne semble pas l’écouter, ni même la comprendre ; elle se retrouve impuissante et décide, impulsivement, de sauter de la voiture en marche. Elle désire échapper par tous les moyens à sa mère et souhaite plus que tout, malgré les réprimandes, vivre sa vie selon ses propres choix. Le générique apparait enfin sur une succession de plans de messe, de cours, …de l’école catholique où étudie Lady Bird.

Ce film porte en lui l’idée de « chez soi » car en effet, son entrée dans l’âge adulte va pousser la jeune fille à trouver où est sa place. On la voit de nombreuses fois en train de marcher sur des plans larges, en travelling, dans les quartiers plus aisés de sa ville. Elle se retrouve alors comme écrasée par la grandeur des bâtisses qui occupent la majorité du plan. Lady Bird rêve de pouvoir vivre dans ses quartiers et de prendre son indépendance en quittant la demeure familiale. Demeure qui la rattache du mauvais côté des rails comme elle a coutume de le dire. L’omniprésence de « plans maisons » retranscrit parfaitement le désir d’émancipation de la jeune Christine.

Ce film tire son inspiration d’autres films mettant eux aussi en scène la relation parent(s) / enfant. On retrouve en effet, The documentary grey gardens de Maysles en 1975, Jeanne Dielman de Chantal Akerman en 1975 ou bien encore Pretty in pink de Howard Deutch en 1986. La réalisatrice souhaite détruire les codes balisés du genre et présente l’image d’une fille non pas enfermée dans une relation amoureuse mais bien deux, qui en plus de ça, ne lui seront pas spécialement bénéfiques. Le tempérament fort de celle-ci, la pousse constamment à avancer malgré les obstacles. Le tout est mené avec charme et délicatesse. La réalisatrice casse aussi l’image que l’on peut avoir de la Californie et décide de ne pas présenter le coté glamour mais bien le centre de l’Etat avec cette grande étendue canopée, plate et agricole.

La colorimétrie du film tend vers les couleurs pastel avec du jaune, de l’ocre, du brun, du bleue, …. Elle s’est en effet inspiré de tableaux et peintres du Nord de la California tel que Gregory Kondos ou bien encore Wayne Thiebaud. Le long métrage repose sur des bases fortes ce qui se traduit par le caractère prononcé de l’héroïne. La bande sonore qui accompagne cette comédie douce-amère a été réalisé par Jon Brion. On retrouve une majorité de chansons. Ce sont des ballades à la guitare acoustique et électrique, au piano, avec des cuivres comme un trombone, une trompette par exemple, … Quant au montage fait par Nick Houy on constate une majorité de cuts avec un jeu subtil de dynamisme. Les effets d’accélération, de ralentissement, ces petites variations et expérimentation rythmique apporte une certaine singularité au film.

Ce long métrage plus ou moins autobiographique présente l’équilibre fragile et délicat d’une jeune lycéenne tiraillée entre le monde de l’enfance et l’entrée dans celui de l’âge adulte. Le tout est porté avec tendresse et sensibilité. La réalisatrice nous propose, ici, pour son premier film, une jeune femme qui ne semble pas très attachante dans un premier temps mais dont on apprend à voir la sympathie au fur et à mesure. La démarche est immersive que ce soit dans la durée, le rythme ou bien encore la prise de position dans les standards du genre. Nous rencontrons une ambiance et une atmosphère bien particulière, propre à cette réalisatrice que nous redécouvrons avec un casting plus ou moins similaire (Timothée Chalamet et Saoirse Ronan) quelques années plus tard avec la sortie des « Filles du docteur March ».

Lou Cavalli Patchen

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