En fouillant dans les affaires de son grand-père tout juste décédé Jacob (Asa Butterfiel), 18ans, trouve un livre d’aventure qui lui ai dédicacé avec une carte postale d’une île : Carnolf. Jacob décide de s’y rendre avec son père et là…tout commence. Jacob retourne dans l’orphelina de son grand-père qui as fui la guerre dans son enfance mais ce n’est pas un orphelina comme les autres, c’est un refuge pour enfants particuliers dont la directrice n’est autre que Miss Peregrine, une ombrune. Chaque enfant présent dans l’orphelina sont particuliers, c’est-à-dire qu’ils ont une particularité magique. Par exemple Milard est invisible, Fiona peut faire pousser des végétaux à une vitesse incroyable et leurs faire prendre toutes les proportions, Emma vole, Olive s’enflamme… Jacob se retrouve au milieu de ce groupe d’enfants, d’adolescents qui sont les anciens camarades de son grand-père. Oui, oui, les camarades de son grand-père qui ont toujours 6, 10,15, 18 ans…depuis le 3 septembre 1943. Ils sont dans ce que l’on appelle une boucle temporelle créer par Miss Peregrine, la directrice et tutrice chargée de protéger les enfants des dangers extérieurs. Car dans tout cet univers fantastique, il y a de nombreux dangers prêts à saisir la première occasion de faire du mal aux enfants particuliers…voir même à Jacob !
Ce film ayant été réalisé par Tim Burton, je me demande s’il est nécessaire de préciser que c’est un chef d’œuvre de fantastique ? C’est une adaptation du tome un de Miss Peregrine et les enfants particuliers de Ransom Ridge ou plutôt une inspiration de cet univers, cette histoire. Car en effet Tim Burton a fait de nombreux choix, sur tous les niveaux, qui l’éloigne du roman pour en faire sa propre interprétation de l’univers. Nous allons nous pencher un peu plus sur ses choix d’interprétation et comment il les a mis en œuvre.
Tout d’abord plongeons nous dans le scénario qui ne suit absolument pas, ou si peu, l’histoire originale de Ransom Ridge (qui soit dit en passant vaux vraiment le détours). Cela reste un hommage à l’œuvre original et il faut plus le prendre comme une extension, une autre version possible de l’univers que comme une adaptation. Par ailleurs il y a deux scénaristes à ce film : Jane Goldman et Ransom Ridge lui-même. Pour commencer, le film et le livre prennent le même point de départ : la mort de Ab (Terence Stamp), ce grand-père qui raconte des histoires de monstres et d’enfants particulier à Jacob (ou Jake). Tout le début suit l’histoire du roman avec quelques détails qui feront tiquer ceux qui ont lu le livre car bien évidement les scénaristes ont préparer leur chute finale et insèrent des twists de part et d’autre. Vous voyez ce procéder d’installer une histoire de la façon la plus innocente, en faisant tout découvrir au spectateur avant de remonter le temps pour bien nous montrer que l’on a louper des indices qui font que l’histoire à déjà commencer depuis bien plus longtemps qu’on ne le pense ?! Eh bien c’est exactement ce que les scénaristes ont mis en place dans ce film ! Si les deux histoires démarrent de la même manière elles n’ont pas du tout la même fin et l’on remarque très précisément le moment ou l’histoire du film prends le dessus sur l’histoire du livre. Ce qui change principalement ce sont les méchants, leur histoire et leur objectif. Cela finit donc par changer totalement les enjeux de l’histoire et des héros. J’ai remarqué également que le moment précis ou le film prends le dessus sur le livre est présent dans la bande-annonce. Cela attire la curiosité des lecteurs en plus de mettre en avant la nouvelle interprétation de l’histoire. Et avouons-le, c’était bien jouer.
Ensuite, on peut voir que pour accompagner ses histoires Ab utilise des photos truquées ou l’on voit par exemple un costume flottant dans le vide (Milard qui est invisible), un garçon qui port une enfant à un bras qui porte elle-même un énorme rocher à un bras également… Ses photos, vous l’aurez compris, sont utilisés dans l’histoire pour désigner les enfants particuliers. Mais ces photos sont bien plus importantes qu’elles n’y paraissent. En réalité se sont de veilles photos qui ont été reproduites pour le film. Les photos originales viennent de collectionneur, de brocante et de la recherche profonde de Ransom Ridge. Pour écrire son roman il s’inspire de ses veilles photos, pour la plupart non truqué (c’est dur à croire et pourtant c’est la le génie de l’image, les photos jouent sur les ombres, sur tout un tas de petits éléments qui font que l’on croit voir quelque chose qui n’est pas vrai). Les photos font donc partis du roman et l’on peut voir ainsi comment Ransom Ridge fait avancer son histoire en intégrant ses photos au processus d’imagination. C’est une façon très originale de fonctionner et qui instaure un réel univers de fantastique à partir de l’image. Je trouve cela très intéressant à voir et très instructif sur le message que peuvent porter les images. Dans le film, donc, ses photos ont été reproduite avec les comédiens et sont présentes dans le générique et lorsque Ab raconte des histoires. C’est l’élément principale qui fait que à mes yeux même si l’histoire n’est pas la même que dans le livre on reste dans le même univers et la meilleure adaptation de livre que j’ai vu à ce jour.
Ensuite, pour parler plus cinéma, nous pouvons regarder comment l’univers fantastique est amené. Premièrement Tim Burton joue énormément sur les couleurs, les costumes, les décors. La maison des enfants particulier, et surtout le jardin, rappelle un autre de ses films : Alice au pays des merveilles. On reconnait bien sa marque de fabrique. Il joue également sur les différences d’époque, les couleurs ne sont pas les mêmes en 1943 (plus dans les tons marrons et orangé, ce qui donne un effet vintage) que en 2016 (plus gris, bleu, ce qui donne un côté triste on a plus envie d’être dans le fantastique). Le film commence d’ailleurs par un plan de plage vide, la plage de Carnolf avant de basculer dans un grand magasin dans lequel travail Jacob. On passe d’un plan sans personne à un plan avec du monde et qui est typique de notre époque actuelle. Un plan de sable brun à un plan de grand magasin entre le bleu, le gris et le blanc. Cela montre la différence entre les deux univers, cela montre aussi que l’univers de Miss Peregrine est reculé du notre. Afin de montrer encore cette différence, Jacob loge dans un petit hôtel (le seul de l’île) et quant il rentre dans la boucle temporelle en 1943 pour la première fois il prend peur et retourne dans cet hôtel. On a affaire à un avant/ après, ou plutôt à un après/ avant, qui pointe du doigt la différence entre les époques. Or pouvoir voyager d’une époque à une autre c’est fantastique. Enfin bien évidement, il y a de la « magie » car les enfants sont particuliers et il y a donc des effets spéciaux. La présentation des décors est très lumineuse, la première fois que Jacob accède à l’orphelina il passe d’un décor en ruine, avec un ciel couvert de nuages gris, il est presque dans le brouillard à un décors très lumineux. La maison est majestueuse, en parfait état, il fait soleil et la musique (Michael Higham et Matthew Margeson) accompagne la découverte. C’est une scène d’émerveillement qui met en avant le fantastique.
Pour continuer nous pouvons analyser la place de la peur et des antagonistes. Il y a deux types de méchants dans le film : les monstres (appelées sépulcreux) et Baron (Samuel L. Jackson) et ses acolyte (appelés estre). Commençons par les sépulcreux, ce qui fait qu’ils font peur à mon avis c’est qu’on ne les voit pas et qu’ils sont toujours présent, ou presque, dans la nuit. Ils sont invisibles et, mise à part un personnage dont c’est la particularité, on ne voit que leurs ombres. En tant que spectateur on les voit par moments et ils sont très impressionnant. On a donc peur car on sait à quoi il ressemble et pas les personnages, on sait donc contre quoi il se battent et quand on ne les voit pas notre imagination prends le dessus. Or l’imagination est toujours pire que tout ce que l’on pourra montrer… Toutes les scènes d’actions ou l’on a peur ou presque se jouent dans la nuit ce qui fait qu’il n’y a pas énormément de lumière et la musique appuie bien sur la peur. Continuons avec les estres. Ils ont forme humaine mise à part leurs yeux blanc et vides. Ils se camouflent en changeant d’apparence. A la différence des sepulcreux ils sont doué d’intelligence (la ou un sepulcreux est donc totalement incontrôlable) et ce sont eux les chefs. Ils mènent la danse. Ils font peur car ce sont eux qui sont à l’origine du danger mais aussi parce que Tim Burton à choisit de les présenter en racontant d’abord leurs passés maléfiques à donner des frissons avant de nous montrer qu’ils sont là depuis le début du film sans qu’on ne les ait remarqués…youhou trop bien ! On essaye de devancer leurs plans, de réfléchir à ce qu’ils vont faire et on ne s’attends pas à ce qu’il se passe. La peur rythme le film et donne une autre couleur qui fait que l’on reste concentré.
Le casting est également très intéressant car on voit bien que le groupe d’enfant à réellement été choisi au service du film. Ce n’est d’ailleurs pas le même groupe que dans le livre. Les personnages n’ont pas le même âge et certaines particularités ont été échangées. Par exemple Bronwyn (Pixie Davies) est une enfant à la force surdimensionnée dans le film et dans le livre elle est plus âgée. Le fait qu’elle soit plus jeune met en avant sa force. Les costumes rappellent leurs époques et aussi leurs particularités. Par exemple Olive (Lauren McCrostie) porte une robe dans les tons rouge et sa particularité est le feu. Emma (Ella Purnel) porte une robe légère, bleue, qui représente sa particularité de l’air. Miss Peregrine (Eva Green) à des habits noirs, une coiffure qui rappelle son côté oiseau…
Enfin j’ai beaucoup apprécié ce film. Le livre d’abord puis le film. J’ai trouvé qu’il était très bien fait, l’univers correspondait plus ou moins à ce que je m’étais imaginé en lisant le livre. Je trouve l’histoire et comment elle a été faite très originale. Le fait que Jacob ne soit pas le cliché de l’adolescent musclé que l’on voit souvent chez le protagoniste m’a beaucoup plus. Je ne vous dirais pas bêtement d’aller voir ce film mais… COMMENT ÇA VOUS NE L’AVEZ TOUJOURS PAS VU ? FONCEZ !!!
Jade Massini T°2
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