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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


"Just Try To Make It Sound Like You Wrote It That Way On Purpose."

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 23 Novembre 2021, 17:33pm

The French Dispatch

 

 

« The French Dispatch », revue hebdomadaire traitant du monde de la politique, des arts, de la mode, de la cuisine et d'histoires attirant l'intérêt général. Son éditeur décède, signant la fin de son œuvre journalistique. Suite à l’évènement, l'équipe éditoriale décide de publier une dernière édition offrant les trois meilleures histoires de la dernière décennie. Trois récit racontés par trois journalistes aux portraits très différents ; trois rubriques, mises en scène sous forme de trois chapitres indépendants du nouveau long métrage de Wes Anderson. Trois histoires, chantant le récit d’un artiste condamné à la prison à vie en raison d'un double homicide, des grèves étudiantes et d'un enlèvement résolu par un chef cuisinier.

Un scénario décalé, prenant appuie sur une situation plausible, pour s’envoler vers le ciel de l’absurde, de l’irréel. Et pourtant, le rythme surprenant, presque épuisant tant il est rapide, nous laisse croire à cet univers. Des décors théâtrales, mouvants ; des bâtisses improbables, quasi burtonesques qui nous plongent dans les exagérations d’un esprit rêveur, jusqu’à une partie finale en animation qui ne choque pas le spectateur, tant le dessin n’est pas plus réaliste que l’image filmée. C’est une évasion dans l’imaginaire, portée par un cadrage époustouflant, une photographie travaillée et géométrique, qui fait de chaque arrêt sur image un tableau de maître. Les couleurs également sont typiques du cinéma d’Anderson, avec une cohérence de teintes à chaque scène, bien que beaucoup basculent dans le noir et blanc.

L’écriture offre des dialogues sortant de la bouche d'acteurs talentueux, qui nous embarquent dans ces contes modernes, sucrés d'une bonne dose d'observation de la part du réalisateur sur les français dans leurs rapports avec la culture, la contestation, la gastronomie, la presse et la littérature. Il est important de voir ce film dans la version originale sous-titré, qui mélange les langues et les jeux d’acteurs.

Ce film est une pause de une heure quarante-huit minute dans notre quotidien cloué au sol, qui emmène le spectateur au sein d’un magnifique rêve éveillé ; une poésie déclamant l’amour pour le réalisateur envers le journalisme et la culture française.

 

                                                                                                                                                                           Paul Bastard

 

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