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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Critique sans spoiler de THE BATMAN

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 2 Mars 2022, 19:27pm

Critique sans spoiler de THE BATMAN

    Après pas loin de 3 ans d’attente Batman est de retour sur grand écran mais cette plongée sombre dans les rues de Gotham est-elle à la hauteur de nos espérances ? Il faut dire que la concurrence n’était pas des moindres mais The Batman, depuis son premier teaser sorti le 23 août 2020, a su titiller la curiosité des fans. De la présence de Matt Reeves à la réalisation (Cloverfield, La Planète des singes : Suprématie), jusqu’à ses ambitions scénaristiques et visuels en passant par son casting composé notamment de Robert Pattinson, Zoë Kravitz, Paul Dano, Colin Farrell et Jeffrey Wright le film avait tout pour s’imposer chez les grands. Valait-il le coup d’attendre ? Critique sans spoiler.

 

    The Batman nous plonges dans la première année du justicier, le schéma classique de l’origine story du héros ayant cette fois ci été esquivé pour le plus grand bonheurs des fans. Sa croisade contre les criminels de Gotham étant assez nouvelle, il est déjà reconnu par une partie par la ville, mais reste une légende urbaine aux yeux de certains. A l’approche des élections municipales, les puissants de Gotham vont tomber un à un de la main du Riddler. Ce dernier, qui se présente comme un antagoniste sanglant et sadique se joue, à travers une série d’énigme, de Batman qui semble être impliqué dans cette affaire mystérieuse.

 

 

Sombre, très sombre…

 

    A contrario de ce que le titre pourrait indiquer, The Batman n’est pas un film de super Héros. En effet il penche plutôt dans le thriller et le film noir à la Seven, Saw ou encore Zodiac. The Batman est un retour à la peur primaire, au noir et aux monstres qui pourraient s’y terrer. A la manière de ces prédécesseurs (The dark knight, The dark knight rises) les premières scènes savent captiver l’attention du spectateur et les 15 premières minutes nous plonges immédiatement dans l’ambiance d’une Gotham sombre et d’un Batman qui rode dans les rues à la manière d’un boogeyman ou d’une créature horrifique. Il est violent et terrifiant et chaque scène de combat lui semble personnel, scène de combat qui étant un peu brouillon, laisse entrevoir un Batman qui n’en est qu’à ses débuts.

 

    Au niveau visuel le film nous offres une Gotham qui se place entre le réalisme de Nolan et le rétro- futuriste de Tim Burton. Elle est l’image de l’enfer de Batman, une ville qui lui a tout pris mais dont il est attaché pour toujours et qui, de par son ambiance de nuit présent tout au long du film, renforce cette peur du noir en nous attirants dans ces ténèbres. Ténèbres dans lesquelles Batman semble se fondre, il se confond avec la ville jusqu’à même devenir Gotham. La présence du directeur de la photographie Greig Fraser (Bright Star, Rogue One, Dune), qui au fil de ses succès est devenu un maître dans la gestion de la noirceur et du claire obscure, va transformer Batman en une forme abstrait, obscure et la ville de Gotham en un abîme profond qui semble parfaitement illustrer l’aphorisme de Nietzsche : "Si tu regardes longtemps un abîme, labîme regarde aussi en toi". Il va nous offrir des plans qui s’inspire de grand tableau et qui seront émerveiller les fans grâce à leur composition et leur couleur.

 

Batman qui, tout au long du film, est partagé entre vengeance et justice offre une problématique intéressante qui pose la question : que doit être Batman ? Doit-il être vengeance ou quelque chose de plus profond, l’espoir ?  

 

 

Et si Kurt Cobain portait une cape et un masque…

 

    La présence de la chanson something in the way de Nirvana lors de la première bande annonce, nous donnais déjà le ton quant au caractère de Bruce Wayne. Nous avons le droit ici a une nouvelle version du personnage, à la fois rebelle et sale gosse qui justifie parfaitement la présence de Robert Pattinson, qui n’a pas fait l’unanimité, et qui nous offres une fois de plus le caractère d’un personnage névrosé et torturé qui se défoule en cognant des criminels. Un jeux d’acteur qui passe beaucoup par le regard sur lequel Matt Reeves insiste à de nombreuses reprises et qui nous offre un Batman plus humaniser.

 

    Le parallèle entre ce personnage et le célèbre Kurt Cobain est vite fait, enfant milliardaire et traumatisé, qui vie tel une Rockstar reclus de la société dans un manoir lugubre et qui, comme le justifie le peu de scène dans lesquelles Bruce est présent, évite au maximum la vie en société.

 

Qu'en est-il des autres personnages ?

 

    Avec son personnage du sphinx, souvent délaissé dans les comics, Paul Dano nous offres ici une version du personnage entre le terroriste des temps moderne et le tueur en série (fortement inspiré de Zodiac ou encore Saw pour ses pièges tordues) qui prend plaisir à « Démasquer la vérité ». Sa folie et sa soif de vengeance n’empiète pas sur son génie et sa créativité. Passionné d’énigme il se sert de celle-ci comme d’une arme et d’un moyen exposer à la lumière la corruption de Gotham. Corruption qui semblerait-il est empoisonner les Wayne. Ces révélations sur sa famille vont pousser Bruce à s'impliquer plus personnellement dans ce combat. En parlant de prendre part au combat, Batman va être aider par le commissaire Gordon (Jeffrey Wright), toujours aussi intègre et qui évolue dans une police corrompue qui ne lui laisse d’autre choix que de se fier à Batman. Ces deux personnages vont une nouvelle fois nous offrir une belle relation entre Gordon et le justicier masqué. En parlant de relation l’alchimie entre Catwoman et Batman est poignante et Zoë Kravitz nous offres ici la meilleure version du personnage. Et quel plaisir de pouvoir retrouver Colin Farrell, dans une nouvelle interprétation brillante sous les traits du Pingouin et Andy Serkis qui présente un Alfred toujours aussi charismatique et attachant.

 

Le Batman le plus fidèle à sa version comics…

 

    Comme Nolan qui c’était inspiré de Batman un long Halloween pour faire son second opus, The dark knight, Matt Reeves s’inspire ici d’un panel de comics qui ont su charmer les fans.  Avec tout d’abord l’incontournable Année un de Frank Miller, qui revient sur les débuts du justicier mais aussi de Jim Gordon qui débute dans une police corrompue. La plus grande inspiration a surement été Batman Ego de Darwyn Cooke qui Marque la dualité entre Bruce Wayne et son alter égo sur lequel il n’a pas tout contrôle et qui prend le dessus sur lui. Un altère égo qui est aussi un moyen de perpétuer son héritage et de faire le spleen de ces parents. On pourrait aussi évoquer Batman imposteur de Mattson Tomlin qui scénarise là un Batman très sombre et solitaire, qui n’a aucune aide de la police et qui est prêt, tout comme ce nouveau Batman de Pattinson, a tout donné pour sa ville et à être le héros qu’elle mérite. Et comme on s’en doutait les Batman New 52 de Scott Snyder ont aussi joué un rôle dans l’élaboration du film.

 

    Ce nouveaux Batman nous présente une version du caractère comme on les aime, en s’inspirant de son format originel, il est à la fois sombre, violent et tirallier. Il n’est pas encore tout à fait maitre de son personnage et cette indécision quant au statut que doit adopter Batman va lui jouer des tours. Il est aussi très réaliste comme nous le montre par exemple sa Bat-mobile qui est ici, à l’inverse des films de Nolan, un véhicule très modeste ou encore l’utilisation d’un Wing-suit afin de survoler la ville telle une chauvesouris.

 

 

Pour Conclure…

 

    The Batman est un blockbuster qui se démarque des autres en allant chercher plus loin dans la réalisation et en cherchant à subjuguer les fans par la beauté de sa mise en scène et de ses plans. Il rend donc un bel hommage à Bob Kane et Bill Finger et ne déçoit pas malgré des voix et des dialogues français qui laissent à désirer il reste tout de même excellent (et l’alternative vo est toujours possible). Il a finalement sa place parmi les grands sans pour autant égaler la grandeur de The dark knight, il plaira tout de même aux fans les plus sombres du personnage et aux amateurs de film noir.

 

                                                                                                   Roux Timéo 1°5

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