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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Pour la France : bien plus qu'un simple pamphlet.

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 6 Mars 2023, 15:10pm

Pour la France : Bien plus qu’un simple pamphlet.

Je joins ci dessous l’excellent dossier de presse de ce film que je préconise d’aller lire avant la lecture de cette critique :

https://cloud.memento.eu/index.php/s/gzhvNOqFtKqcS7K#pdfviewer

Pour la France est un film réalisé par Rachid Hami et sorti en salle en 2023, ce dernier y raconte son histoire familiale, la mort injuste de son frère, Jallal (dans le film Aïssa), tué lors d’un bizutage à St-Cyr. On suit donc le personnage d’Ismaël (l’équivalent de Rachid Hami dans le film), faisant de son mieux pour honorer la mort de son frère, décédé par et pour la France, et à qui les hommages militaires seront refusés. Ce même décès fera ressurgir de nombreux souvenirs dans l’esprit d’Ismaël, de son enfance difficile à Alger, jusqu’aux derniers instants avec son frère à Taipei.

Pour la France est un drame, un drame personnel et familial, qui plutôt que de dénoncer raconte une histoire, volonté du réalisateur qui prône le romanesque de son film. C’est ainsi par une véritable prouesse d’écriture que Rachid Hami nous parle, à travers les images comme le son, qu’il nous conte la solitude d’Ismaël, le rejet de sa famille et son combat contre une armée qui n’assume pas ses propres erreurs, ou plutôt, ses propres fautes. Le personnage d’Ismaël, interprété par Karim Leklou, est une cristallisation des thèmes abordés par le film, il permet de passer toutes les émotions nécessaires à la construction de ce drame, et joue son rôle à la perfection. Rachid Hami affirmera en interview que ce film lui avait donné l’occasion de tourner avec son casting idéal, et quel casting ! Chaque personnage est réaliste, brillamment interprété, de Laurent Lafitte à Shaïn Boumedine; chacun est un vecteur d’émotions puissant et convaincant.

Il est indéniable que de nombreuses séquences de ce film mettent de véritables claques visuelles comme scénaristiques, du retour du père au nouvel an à Taïwan, toutes communiquent par ce langage si spécifique au cinéma, l’image, dont l’encre est la lumière.

J’ai dit plus tôt par choix de facilité langagière que le personnage d’Ismaël se battait contre “l’armée”, contre un système, mais la réalité est plus subtile que ça. Ismaël comme Rachid se bat contre des hommes, les responsables de la mort de son frère: “Dire que le système est coupable, c’est comme dire que personne n’est coupable”, une réalité que refuse Ismaël, il veut la tête des responsables. C’est là l’une des plus grandes qualités de ce film, comme dit plus tôt, il ne dénonce pas, il raconte, car ce ne serait pas rendre justice que d’accuser des innocents, ça ne serait pas rendre justice, que de faire de ce film, un simple pamphlet.

Raoul Sitbon option CAV.

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