L’amour ouf de Gilles Lellouche est un magnifique film en matière de visuel via de magnifiques images aux couleurs vives et aux choix de mises en scènes de l’auteur pour créer un parallélisme symbolique des 2 personnages que tout oppose.
C’est un film qui nous fait vivre une vraie histoire d’amour adolescente dans les années 80/90’s avec d’immenses clins d’œil culturels tel les cassettes audio qui peuvent faire ressentir un sentiment de nostalgie chez le spectateur avec ses décors, musiques et costumes de ces années. Dans la première partie du film qui retrace la rencontre entre Jackie (Mallory Wanecque) et Clotaire (Malik Frikah) dans leur lycée, ces 2 protagonistes complètement différents tombent éperdument amoureux malgré leurs origines sociales opposées : elle est issue d'une famille bourgeoise alors qu'il vient d'une famille ouvrière. C'est un voyou en devenir, faute à des parents dépassés par le quotidien d'une grande famille à élever. Elle est une jeune femme avec beaucoup de caractère, mais ne rentre pas bien dans les critères de la jeune femme de milieu aisé, influencée par Clotaire. Or, le réalisateur dose parfaitement les deux aspects de ses personnages: violence et douceur.
En 2eme partie, une inspiration du film dramatique « La Haine » de Mathieu Kassovitz, sorti en 1995, évoque la suite de leur relation lorsque Clotaire sort de prison après 10 ans. On y retrouve François Civil après 1h30 de film et son passage rapide au début qui est déterminé à reconquérir son amour ouf d’adolescence, Jackie, joué par Adèle Exarchopoulos. Dans cette deuxième partie, on est pris par l’émotion jusqu’à la fin du film part cette véritable guerre de gang et cette vengeance qui nourrit Clotaire.
Ce film, adapté du livre de Neville Thompson, nous fait ressentir un tas d’émotions différentes avec ce fil rouge qui relie Jackie et Clotaire et une belle découverte de jeunes acteurs qui se sont surpassés. C'est un film très bien filmé qui se démarque par ses plans futuristes, avec une histoire et des acteurs qui donnent un tourbillon d'authenticité sur ce fond thriller et violent.
Néanmoins, je trouve qu’il aborde trop de clichés comme le gang et est promoteur d’une relation trop toxique où les personnages n’arrivent point à passer la page ce qui romantise cette dépendance affective, ou encore la morale de l'histoire qui peut démontrer que l'amour triomphe toujours au point d'en oublier les meurtres et les coups du passé : Les jeunes spectateurs peuvent seulement en tirer que la violence est "tolérée" et pardonnée.
Zoé Vincensini