Zwischen uns die Mauer, "le mur qui nous sépare" est un long métrage de 2019 d'environ deux heures de Norbert Lechner qui mêle romance, drame et contexte historique.
Effectivement, nous nous retrouvons plongés au cœur de Berlin en 1986, dans le contexte tendu de la guerre froide, ou l'Allemagne est séparée en deux, avec d'un côté la RDA, alignée sir l'Union soviétique (et donc assez rude) et la RFA, du côté du bloc occidentale (USA, Royaume-Uni, France...), ou les conditions de vie sont plus agréables et les citoyens plus libres. Anna, jeune fille de 17 ans, vit en RFA, et décide de rejoindre un voyage de groupe organisé par une paroisse du côté opposé, qui organise une rencontre à Berlin-Est, entre des jeunes des deux côtés de la ville. Anna y rencontre Philipp, fils de pasteur, hautain et cynique mais qui semble parvenir malgré cela a charmer la jeune fille. Elle tombe amoureuse, lui aussi. Mais Anna doit rentrer chez elle. Leur relation se poursuit par correspondance, entre les visites ponctuelles d'Anna à Philipp selon une procédure imposée par la RDA. Les deux jeunes tourtereaux sont surveillés : les paroissiens et leur famille ne sont pas très bien vus par les soviétiques... Plus les jeunes gens se voient, plus il leur vient l'obsession de fuir Berlin Est et vivre leur amour sans ces contraintes. Cela est impossible, Philipp se fait prendre et enfermé. Anna, sans nouvelles, se sent abandonnée et continue sa vie. Il faut attendre la chute du mur de Berlin pour qu'enfin nos deux tourtereaux se renvoient.
Malgré le contexte historique reconnaissable et bien mis en scène, l'histoire est d'un romantisme niais, presque ennuyeux. Leur amour paraît peu naturel, peut-être à cause du jeu pas exceptionnel des acteurs ou alors du caractère des personnages. Anna, jouée par Léa Freund, se caractérise (seulement) par son adolescence, sa découverte du monde et son côté naïf. Quant à Philipp, interprété par Tim Bülow, il représente a la perfection l'adolescent qui est en désaccord avec sa société, qui se rebelle envers et contre tous (même si dans le contexte politique de son Allemagne, on ne peut guère lui en vouloir). Et comme dans toute les romances, leur réunion est semble impossible, un peu comme dans un Roméo et Juliette historique. Mais leur amour est plus fort que tout (ou pas, vu qu'ils doivent attendre la chute du mur et qu'Anna s'est trouvé un autre homme.)
Passons aux points positifs. L' architecte-scénographe, Hucky Hornberger, produit des décors très intéressants. Ils semblent d'époque, et représentent parfaitement la distinction entre l'Allemagne de l'est "pauvre" et l'Allemagne de l'ouest "libre". Son travail est mis en avant par un étalonnage superbe, qui renforce la cassure entre les deux Allemagnes en rendant le côté soviétique sombre, déprimant et terne. On se sent enfermé lorsque l'on est de ce côté.
Les costumes sont sympas, et se fondent parfaitement au cadre spatio-temporel du film. On peut aussi le travail exceptionnel sur le son, qui retransmets mieux les émotions que les acteurs. L'utilisation du bruit du vent pour présager la mort ou le danger est parfaite.
Pour conclure, je ne recommande pas particulièrement ce film. Je ne suis pas très réceptive aux romances, mais le côté historique du film m'a plu (sans doute parce que c'est une période importante et pas souvent représentée (de ce que je vois)). Sans les acteurs le film aurait été parfait !
Anais Le Nivet
/image%2F0198838%2F20241128%2Fob_448f0c_mur.png)