La Traversée est un long-métrage d'animation qui oscille agréablement entre la réalité désolante de la guerre et le monde magique des contes de fée. Réalisé par Florence Miailhe (qui avait déjà de l’expérience avec Au premier dimanche en 2000 ou encore Conte de quartier en 2006) et paru en 2021, ce drame nous fait vivre l’exil de Kyona (doublée par Emilie Lan Dürr), 13 ans, à travers ses yeux restrospectifs. La réalisatrice prête elle-même sa voix à cette Kyona plus âgée, comme un clin d’oeil à l’inspiration autobiographique de son récit.
Cette narratrice se base sur son carnet à dessins pour nous raconter son aventure, cet objet prend alors une grande importance dans l’intrigue, car il suit Kyona absolument partout. La jeune fille et son frère Adriel (Maxime Gémin), âgé de 12 ans, sont contraints de quitter leur village avec leurs parents pour échapper à leurs assaillants qui détruisent tout sur leur passage. Malheureusement, les deux enfants seront livrés à eux-mêmes après un contrôle militaire dans le train qui devait les amener en lieu sûr. Seuls dans un monde peuplé de dangers, ce jeune duo rencontrera des personnages mauvais qui feront obstacle à leur voyage, tout comme des personnages amicaux qui chercheront à les aider. Iels feront aussi la connaissance de personnes en nuances qui veulent avant tout survivre et s’en sortir, le tout sur des accords entêtants de la musique composée par Philipp Kümpel et Andreas Moisa.
Le scénario écrit d’une belle plume nous mène habilement d’un périple à un autre, à la frontière du songe, et jonché de symboles… Il nous offre également des dialogues touchants et initiatiques, qui invitent à réfléchir sur notre propre conception de diverses notions, telles que la famille, la société ou encore la vie en général. Tout du long, l’intrigue est haletante, imprévisible, et nous en fait voir de toutes les couleurs ! Tantôt tragique, tantôt romantique, tantôt magique... Le spectateur ne connaît pas de répit. Mais quel plaisir ! Chaque scène laisse la place à une autre d’une manière réfléchie, comme des très gros plans (nombreux dans le film) permettant une transition intéressante et parfois symbolique. La caméra effectue également de nombreuses plongées verticales qui donnent à voir un décor superbement peint et détaillé, tout en nous faisant suivre des personnages accrocheurs et variés.
En conclusion, La Traversée de Florence Miailhe réussit magnifiquement à émouvoir son public, tout en racontant une aventure romanesque et trépidante. À voir absolument !
Myriam Sommier
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