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Blog des élèves de cinéma du lycée Baudelaire de Cran-Gevrier


Nosferatu

Publié par les élèves du lycée Baudelaire sur 17 Mars 2025, 10:10am

 

Près d’un siècle après la première apparition de Nosferatu en 1922 dans le cinéma, par F.W. Murnau. Robert Eggers, scénariste et réalisateur américain qui a notamment réaliser The Witch et The Lighthouse, crée une nouvelle version du mythe vampirique qui apparaît au grand écran en décembre 2024. Il était très attendu par le public connaisseur des œuvre  de Robert Eggers, mais aussi des questionnement sur la manière dont il allait s’approprier un tel chef-d’œuvre. Le Nosferatu de F.W. Murnau étant l’un des premier long métrage vampirique qui à marqué le genre à jamais de cette époque. Robert Eggers c’est donc attardé sur la réalisation d’une des œuvre majeure du cinéma gothique. La création d’un nouveau remake de Nosferatu lui même inspiré de du comte de Dracula, a été un défis sur tout les points. Comment aurait il pu faire revivre ce compte horrifique, capturer l’essence gothique et cauchemardesque de son prédécesseur tout en le faisant renaître avec une nouvelle âme.
 

L’histoire suit Thomas Hutter (Nicholas Hoult), un agent immobilier envoyé en Transylvanie pour conclure une affaire avec le mystérieux comte Orlok (Bill Skarsgård). Rapidement, il réalise que son hôte est loin d’être un simple aristocrate solitaire. Pendant ce temps, son épouse Ellen (Lily-Rose Depp), qui est restée en Allemagne, est hantée par des visions inquiétantes. Mais alors que le comte se dirige vers sa ville natale, l’ombre du vampire s’étend, emportant avec elle un vent de mort et de folie sur son passage. 

 

Robert Eggers est un maître dans la création d’atmosphère pour ses œuvre, et Nosferatu ne fait pas exception. La photographie, par Jarin Blaschke, baigne le film dans une esthétique gothique qui donne le comme un sentiment de nostalgie, de remonter dans le temps : des décors imposants aux jeux d’ombres et de lumières, ce qui donne une aesthetic delicate et pesante à la fois. L’attention portée aux détails est remarquable, les lieu comme le château d’Orlok qui fait penser à un labyrinthe oppressant, inspiré par les ruines médiévales rend celui ci difficile à oublier et la ville allemande quand à elle, qui évoque un monde en déclin, marqué par la peste et la superstition ramène le côté historique et juste de l’époque.

 

 

 

Le montage d’Eggers quand à lui est lent et contemplatif, ce qui peut déconcerter les amateurs d’horreur plus classique. Il privilégie une montée progressive de l’angoisse plutôt que des jump scares. Certains plans sont prolongés pour accentuer le malaise, notamment lors des apparitions du comte Orlok. Les couleur utiliser lord de l’étalonnage des plans sont soit très bleuté ou alors jaunies selon les personnages présents, et le déroulé de la séquence. Cela donne un aspect plus glacial notamment chez le comte Orlok, ou lors de sa présence, la teinte plus bleutée, froid, grisâtre et terne donne l’impression de mort imminente, ce qui accroît aussi la sensation de malaise tout au long du film. Le côté réaliste du film est bien cherché, rien que dans la réalisation de Nosferatu lui même, en mettant de côté les effet spéciaux grandiose et en laissant surtout place à des effets pratiques et des maquillages impressionnants rendant Bill Skarsgård méconnaissable.

L’influence de Dracula est évidemment omniprésente, mais Nosferatu se distingue par sa vision du vampire : ici, Orlok n’a rien du fameux séducteur déjà interprété par Bela Lugosi ou Gary Oldman. Nosferatu ici est avant tout une créature monstrueuse, une ombre maladive qui incarne la peste et la décomposition. La lenteur dans le mouvement et la manière de prononcer le texte du personnage ajoute un effet angoissant et fidèle au Nosferatu original de 1922. Bill Skarsgård offre une performance glaçante dans le rôle du comte Orlok. Son jeu subtil, en fait une incarnation terrifiante du mythe vampirique. Son apparence décharnée et son regard hypnotique marquent durablement l’esprit du spectateur. Quand à elle, Lily-Rose Depp en Ellen, brille par son intensité dramatique. Son personnage, que je trouve plus  largement développé, gagne en profondeur et en ambiguïté. Ce qui permet au spectateur de s’attacher à elle malgré sa complexité émotionnelle.

Eggers joue beaucoup sur le silence et les bruits organiques comme les souffles, les craquements, ce qui ajoute une tension constante et les bruits d’ambiance pour renforcer l’angoisse. La musique, composée par Robin Carolan qui à déjà travaillé auparavant avec Robert Eggers (The northman), alterne entre des nappes inquiétantes et des envolées orchestrales tragiques, certains moment pourraient même faire penser à de la musique d’opéra, donnant au film une dimension fantomatique et dramatique.

J’ai beaucoup ressentie la volonté de faire une ambiance gothique, rendant la projection immersive grâce au travail fait sur l’atmosphère, les costumes et les décors, et tout rendait très fidèle à l’esprit du film original. Le rythme parfois contemplatif pouvais par moment dérouter, j’ai trouver que le rythme était par moment un peu ralenti mais cela rentre dans la peau du personnage de Nosferatu avec sa lenteur et son personnage maladif, contaminant doucement tout petit à petit avec l’avancement du film, immisçant l’ambiance horrifique et angoissante à chaque à minutes passé. Robert Eggers livre une relecture saisissante  de Nosferatu, qui s’inscrit parfaitement dans son style cinématographique. Esthétiquement captivant et porté par une ambiance angoissante, le film parvient à moderniser le mythe tout en préservant son essence cauchemardesque.

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