Soixante sept millisecondes est un court métrage réalisé par Antoine Fontaine et Galdric Fleury qui traite des violences et abus des forces de l’ordre, mais aussi du rôle des images dans une enquête.
Soixante sept milisecondes
Ce court métrage s’inspire de l’histoire d’Ismaël Halissat, victime d’un tir injustifié de la part d’un membre d’une brigade anticriminalité ce qui lui a fait perdre un œil. Cette scène a été enregistrer par une caméra de surveillance et c’est en utilisant cette vidéo que les réalisateur vont aborder des sujets comme la protection de la justice par rapport au policiers et l’importance des preuves matérielles.
Le film met en évidence son idée de différentes manières en mêlant la vidéo enregistrer par la caméra de surveillance, et une recréation de cette même scène en image de synthèse. Les images de synthèse servent à allonger le récit dans le temps, chaque mouvement de la personne arrêté dans le temps et superposé comme de la chronophotographie. Cela permet de faire monter la tension et de mettre beaucoup d’importance sur chaque mouvement ce qui rend la violence d’autant plus brutale. De plus le fait de figer le mouvement illustre l’idée que le jeune homme est prisonnier de ce qu’il lui arrive. Le passage entre les images de synthèse et la vidéo enregistré par la caméra de surveillance permet un contraste qui rend la véritable vidéo d’autant plus glaçante.
Le son et la musique jouent également un rôle central dans l’atmosphère. Les sons sourds installent une tension permanente et rendent l’atmosphère lourde et pesante. La musique n’est pas utilisé pour émouvoir directement le spectateur mais pour renforcer cette atmosphère et le laisser face à une réalité étouffante.
Le son est aussi important dans la mesure ou l’histoire est raconté avec des voix-off. On entend la victime, interprété par Khalil Garbia, recontextualiser la soirée qui semblait parfaitement banale pour lui. On entend aussi deux policiers, joué par Hugo Brunswick et Alexandre Blazy, de la brigade anti criminel essayer de justifier et de protéger leur collègue qui a tiré. On les entends être de mauvaise fois, ne pas penser à la victime et penser à comment il faudra faire les prochaines fois pour ne pas se faire incriminer. Malgré que les images de la vidéo surveillance leur donne tort sur toutes leurs excuses.
Soixante sept milliseconde est un film révoltant qui questionne la protection des policiers par la justice. C’est un court-métrage glaçant qu’il faut visionner car il peut changer notre manière de voir la violence et l’absence de punition contre la police, en seulement un quart d’heure.
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